Roy DeMeo

Roy DeMeo
Roy Albert DeMeo est né en 1941 à Brooklyn, New York, dans une famille ouvrière d'immigrants Napolitains. DeMeo a grandi dans le même immeuble que les neveux du boss Joseph Profaci et observait avec admiration les mafiosi de la famille Profaci quand ils passaient dans le quartier, avec leurs beaux costumes et leurs voitures flambantes neuves. Alors qu'il était adolescent, il commença une affaire d'usure qui s'est transformé en travail à plein temps à l'âge de 17 ans. DeMeo fut diplôme du lycée en 1959 et commença à travailler sérieusement en tant que criminel, il continua l'usure. Il s'est marié et eu trois enfants. Bien que DeMeo avait quelques connections avec des membres et des associés de la famille Lucchese, ce fut la rencontre d'Anthony "Nino" Gaggi en 1966 qui déterminera sa carrière criminelle qui mènerait éventuellement à ce qu'il deviennent un membre officiel de la Cosa Nostra.
À l'époque, Nino était un préteur à taux usurier et un soldat très respecté de la famille Gambino. DeMeo voyait son futur avec les Lucchese ne pas mener à grand-chose et a vite consacré son énergie à développer les relations de travail avec Gaggi.
La première collaboration entre Roy et Nino fut un prêt usurier à un concessionnaire automobile qui était déjà un "client" de Nino et qui cherchait de l'expansion pour son affaire. DeMeo a mis tous ses efforts pour paraître comme étant un associé sûr et valable, qui collectait l'argent quand il le fallait et qui l'apportait personnellement chez Gaggi, ce qui lui donna également l'occasion de devenir ami avec Gaggi.
À la fin des années 60, les affaires de DeMeo prospérèrent sur deux fronts. Il continua l'usure avec Anthony Gaggi, et aussi commença à développer un crew de jeunes gangsters dont les activités étaient le vol de voiture de luxe, le meurtre, le trafic de drogue, l'usure et la pornographie. Ce fut ce collectif de criminels qui deviendra célèbre dans la pègre sous le nom du "DeMeo crew". Le premier membre de ce crew fut Harvey Rosenberg, qui rencontra DeMeo en 1966 à l'âge de 16 ans. Rosenberg dealait de la drogue devant une station service de Canarsie, Brooklyn, et Roy l'aida en lui prêtant de l'argent pour investir dans ses affaires.
DeMeo commit son premier meurtre en Juillet 1973 à l'âge de 32 ans. La victime était Paul Rothenberg, le propriétaire d'un labo où était tourné des films pornographique, associé à Gaggi. La police mettait la pression sur Rotenberg et Gaggi craignait qu'il devienne informateur. Gaggi avait vu juste, car à peine arrêté, Rotenberg avait déjà commencé à coopérer avec la justice. DeMeo invita Paul Rothenberg à dîner le 29 Juillet 1973. Puis alors qu'ils étaient en route pour le restaurant, Roy entra dans une petite allée, ordonna à Rotenberg de descendre, et lui tira deux fois dans la tête avec un pistolet équipé d'un silencieux.
Le crime ne fut jamais résolu, faute de preuves, même si les autorités sont pratiquement sûres que c'est DeMeo qui appuya sur la gâchette. La justice pense aussi que ce meurtre solidifia la confiance de Gaggi envers DeMeo, ce qui était bon pour sa carrière.
Avec le capo des Gambino Nino Gaggi comme boss et protecteur, la notoriété de Roy et de son gang allait continuer à s'étendre dans le monde de la pègre.
Le gang de Roy fut un des plus efficace de New York en matière de meurtres. Ils aimaient tuer. Lors d'un deal, Ils assassinèrent même des membres d'un gang de dealers cubains juste pour leur voler la drogue. Souvent, Roy et ses hommes tuait leurs victimes dans un appartement vide de Brooklyn que DeMeo utilisait comme chambre de torture. Dans l'appartement, Roy et ses hommes enroulaient un ruban de tissu autour de la tête de la victime, tiraient dans sa tête avec un silencieux, puis lui enfonçaient un poignard dans le c½ur. Ensuite ils emmenaient le corps dans la baignoire. Puis, avec un couperet, ils coupaient les bras, les jambes, et la tête. Après, à l'aide de la douchette, ils drainaient le corps afin que le sang ne coule plus*. Les parties des corps des victimes étaient alors enveloppées dans des sacs plastiques puis éparpillées dans plusieurs endroits de New York où elles ne pourraient jamais être retrouvés (déchetteries, etc.).
Roy DeMeo ne tolérait aucun obstacle sur son chemin. Des témoins potentiels, des concurrents, des membres de sa propre bande ou simplement des gens qui passaient dans la rue étaient froidement exécutés. Un livreur de 20 ans qui avait été prit pour un tueur colombien fut renversé par DeMeo puis exécuté d'une balle dans la tête, dans la rue même. Une jeune fille de 19 ans reçut une balle dans le front pour la seule raison qu'elle était la fiancée d'un concurrent de Roy DeMeo.
Les Familles de New York confiaient leurs contrats à DeMeo et son crew. DeMeo exigeait 5 000 dollars par tête. D'autres meurtres étaient commis gratuitement, par “faveurs professionnelles”. Les membres du crew de DeMeo incluaient Joseph Testa, Anthony Senter, Henry Borelli, Chris Rosenberg, Joseph "Dracula" Guglielmo (le cousin de Roy), Patrick Testa, Edward Grillo, Carmelo Profeta, Ronald Ustica, Peter LaFroscia, Frederick DiNome, Richard DiNome et Vito Arena.
À la fin des années 70, DeMeo s'associa avec Jimmy Coonan, le chef du crime organisé irlandais à New York. A cette époque, Coonan voulait étendre son pouvoir et tua plusieurs hommes appartenant à la Cosa Nostra. Paul Castellano convoqua Coonan et conclu un marché avec lui : il lui laissait la vie sauve, mais Coonan devait aider la Famille Gambino à effectuer des contrats, et leurs verser 10 % de leurs profits.
Roy DeMeo et son crew réussissaient, il gagnaient de plus en plus d'argent. DeMeo vivait maintenant dans une luxueuse villa à Massapequa Park, Long Island. Mais ce qui l'énervait, c'était le fait qu'il n'était toujours pas membre officiel de la Cosa Nostra malgré les milliers de dollars qu'il rapportait à Gaggi chaque semaine. Nino Gaggi essaya de nombreuses fois de convaincre son boss Paul Castellano de faire entrer DeMeo dans la Famille. Mais Castellano, qui ne se considérait pas comme un criminel mais plutôt comme un homme d'affaire, regardait avec mépris les gangsters de rue tels que Roy. De plus, DeMeo trafiquait de la drogue, et Castellano interdisaient les membres de sa Famille de vendre des narcotiques, il jugeait cela trop risqué au niveau judiciaire.
En 1982, le FBI enquêtait sur le crew de DeMeo. Paul Castellano voulut alors s'en débarrasser, pour éviter l'attention des fédéraux. Le FBI enregistra une conversation téléphonique entre le soldat des Gambino Angelo Ruggiero et Gene Gotti, un des frères de John Gotti. Ils discutent de Paul Castellano et du contrat qu'il a mis sur DeMeo. Ils disaient qu'il avait des difficultés pour trouver quelqu'un qui acceptait de liquider un tueur tel que Roy DeMeo. Gene Gotti mentionne que son frère John a refusé de prendre le contrat, DeMeo ayant une “armée de tueurs” derrière lui. Il a dit aussi que, à l'époque, John avait tué moins de 10 personnes, alors que DeMeo en avait sûrement tué plus de 38. Selon le mafioso devenu informateur, Salvatore “Sammy le taureau” Gravano, le contrat a été donné au capo Frank DeCicco, mais Frank et son crew n'arrivaient pas à supprimer DeMeo.
À la fin de ses jours, DeMeo portait toujours une veste de cuir, avec toujours en dessous un fusil. Il devenait de plus en plus paranoïaque. Le 18 janvier 1982, le corps criblé de balles de Roy DeMeo a été trouvé dans le coffre de sa voiture, caché par sa veste en cuir. Il a reçu plusieurs balles dans la tête, puis une dans la main. Il avait probablement caché son visage par réflexe. Les autorités pensent que DeMeo a été exucuté par des membres de son propre crew, sous les ordres d'Anthony Gaggi, qui lui-même reçu l'aval de Castellano. Cependant, Gaggi ne fut pas arrêté pour ce meurtre faute de preuve. En 1988, Gaggi mourut en prison d'une crise cardiaque, à l'âge de 62 ans. Il était alors poursuivi par la justice pour plusieurs assassinats.
Peu après, de nombreux membres du crew de DeMeo furent emprisonnés, suite à une série de procès contre eux. Il furent jugés coupables d'extorsion, de vol de voiture, de trafic de drogue, et d'un total de 25 meurtres.
Le FBI et la police de New York déclarent que DeMeo et son crew ont tués à peu près 70 personnes sur une période allant de 1973 à 1983, mais le vrai nombre de meurtre s'élève probablement à 200 personnes. La grande majorité des corps de leurs victimes ne furent jamais retrouvés.


*A noter: Ceux qui suivent la série télé “Les Soprano” auront peut-être remarquer les similitudes entre cette méthode d'assassinat et le meurtre de Ralph Cifaretto dans l'épisode 9 de la saison 4, "On achève bien les hommes" (titre original "Whoever Did This").

# Posté le mercredi 07 juin 2006 08:55

Modifié le mercredi 07 novembre 2007 05:58

Les portables du FBI

Les portables du FBI
A la fin des années 90, l'associé de la Famille DeCavalcante (New Jersey) Ralph Guarino, qui était informateur pour le FBI, donna à Vincent "Vinny Ocean" Palermo*, à l'époque "acting boss" de la Famille, ainsi qu'à d'autres membres, des téléphones portables gratuitement (sans aucunes factures à payer). Guarino disait qu'il avait des contacts qui travaillaient dans une agence téléphonique et qui pouvaient lui fournir des portables gratuits. Ce que les mafiosi ne savaient pas, c'est que ces portables étaient sur écoute et que le FBI enregistraient leurs conversations.

Ce jour-là, Vinny Palermo était enragé. Il était fou de rage. Il était tellement furieux envers l'associé Joseph Massella, que dans un accès de colère, il attrapa son téléphone portable flambant neuf, et appela le beau-frère de Massella, Joseph Abruzzo. "Putain je lui ai dit de plus jamais m'appeler," a dit Palermo, avant de décrire Massella de tout les noms possibles, du joueur dégénéré jusqu'au "putain de trou du cul". C'était le 1 Juillet 1998, après que Massella dise à qui veut l'entendre que Palermo l'avait menacé de le tuer.
Massella et Palermo étaient partenaires dans quelques affaires d'extorsions. Massella lui devait beaucoup d'argent, mais il le perdait aussi vite qu'il le gagnait dans les jeux d'argents, et dépensait le reste en couvrant une jeune femme de bijoux, alors qu'il privait sa femme et ses enfants.
"C'est la même putain d'histoire à chaque fois" Palermo. "Il est avec une jeune gonzesse, il lui donne plein de fric, de bijoux, lui offre du champagne à boire, et tout ça, c'est la raison pour laquelle elle est avec lui."
Palermo ajouta que quand Massella se sépara de sa cumare**, Palermo prit le sac de bijoux que Massella avait dans les mains, bijoux qu'il avait offert à sa maîtresse: "Je lui ai dit 'espèce de connard. Pourquoi t'a pas acheté tout ces trucs pour ta fille et ta femme?' "

Palermo utilisa le téléphone de juin 1998 jusqu'à novembre 1998. Pendant ce temps-là, le FBI eut le temps d'enregistrer pleins de conversations.
"Il y a plusieurs conversations où on peut entendre Mr. Palermo sur son téléphone cellulaire, en train d'organiser des rencontres avec d'autres gangsters" déclara Maria Barton, l'assistante du procureur qui s'occupa de l'affaire concernant "Vinny Ocean" Palermo.
C'est pendant une audience au tribunal que Palermo apprit qu'il parlait affaires sur des téléphones fournis par le gouvernement.
"Des fois les mafieux peuvent être aussi économes que n'importe qui, donc si ils ont des téléphones portables gratuits, ils vont s'en servir," déclara Barton.

"C'est probablement la dernière fois que cette technique marchera," a affirmé le juge fédéral qui jugea Palermo, Frank Maas.
Peut-être. Cependant, en 1994, le FBI mis en place le même genre de technique, ce qui leurs permit d'arrêter le mafioso Salvatore "Sal The Geep" Candela et 37 de ses associés, accusés de trafic d'armes et de drogue.

*Pour plus de détails sur Vincent Palermo, voir l'article "Le vrai Tony Soprano" plus loin dans le blog.

**Cumare ou "goomar" : Mot italien signifiant maîtresse, petite copine. Dans la série "les Soprano", on peut souvent entendre Tony Soprano et ses acolytes parler de leurs cumare.

# Posté le dimanche 11 juin 2006 13:03

Modifié le lundi 23 juillet 2007 16:02

Nino Gaggi

Nino Gaggi
Anthony Frank Gaggi (1925-17Avril 1988) était un capo de la Famille Gambino. Il est connu pour avoir été le mentor de Roy DeMeo, un des plus redoutable tueur dans l'histoire de la Cosa Nostra.
Né en été 1925, Anthony Gaggi a grandi dans Lower-East Side*, à Manhattan. Il était le cadet de 3 enfants. Son père était coiffeur et avait sa propre boutique, et sa mère était couturière. Ayant grandi durant les années de la Dépression**, Anthony (surnommé Nino, surnom qui vient de son nom sicilien, Antonino) travailla avant l'âge de 10 ans, balayant les cheveux dans la boutique de son père, cirant des chaussures ou livrant des fleurs pour un fleuriste du quartier.
C'est à peu près à cette époque que Nino rejoignit le gang du quartier, le "Tenth Street Mob". Les membres du "Tenth Street Mob" étaient des petits voleurs qui se battaient souvent avec les gangs rivaux. Jake La Motta, le célèbre boxeur italo-américain, faisait parti de ce gang.
Le cousin du père de Nino était Frank Scalise, un membre respecté de ce qui allait devenir quelques années plus tard la Famille Gambino. Scalise était l'idole de Nino, et Gaggi rêvait de devenir comme Frank Scalise.
A l'âge de 14 ans, Nino Gaggi arrêta l'école, et continua à faire ses boulots chez son père et chez le fleuriste. Avec son argent, Nino s'achetait des beaux vêtements. Un jour, il s'acheta une paire de lunettes tintées, et à partir de ce moment là il portera ce genre de lunettes toute sa vie.
Pendant son adolescence, sa famille partit s'installer dans une ferme dans le sud du New Jersey. Nino s'ennuyait dans cette ferme et essaya de s'engager dans l'armée en 1942. Il fut refusé à l'armée et resta encore un an à la ferme. En 1943, la famille Gaggi, déçue par la vie fermière, décida de retourner à New York. Les Gaggi s'installèrent à Bath Beach, un quartier situé dans le sud de Brooklyn. De retour à New York, Nino contacta Frank Scalise et lui proposa de travailler pour lui.
Frank Scalise donna d'abord à Anthony Gaggi un travail sur les quais. Gaggi devait s'occuper des marchandises qui descendaient des bateaux. Il quitta ce travail en 1945, alors qu'il avait 20 ans. Cependant, Gaggi recevait toujours la paye de ce travail grâce à l'influence de son mentor Frank Scalise. Cette pratique, appelée “ghost job” (travail fantôme), est une tactique communément utilisé par le crime organisé pour réduire la vigilance des autorités pendant que le mafioso concerné exerce en réalité des activités illégales, ce qui était dans le cas de Gaggi l'usure et le racket de patrons de bars.
C'est aussi à cette période que la soeur de Nino rencontra un livreur qui travaillait dans une boucherie, Anthony Santamaria. Le couple se maria à la fin de l'année 1945 et eurent leur premier et unique enfant, Dominick Santamaria, né en 1947. Nino, qui travaillait souvent le soir, surveillait Dominick la journée. Plus tard, Dominick deviendra un gangster qui travaillera pour son oncle, Nino Gaggi.
En 1950, Nino Gaggi essaya de convaincre Anthony Santamaria de mimer un accident de voiture pour que Nino puisse toucher de l'argent d'une assurance. Santamaria refusa de participer à cette combine et un conflit commença entre les deux hommes. En 1951, Nino mis Santamaria hors de la maison familiale et le mis en garde de ne plus jamais intervenir dans l'éducation de Dominick et de ne plus avoir de contacts avec sa famille.
En 1954, Nino fut arrêté pour la première fois par les autorités. Il était accusé d'être le chef d'un réseau de trafic de voitures de luxe. Les membres du crew de Gaggi volaient des Cadillac, changeait les plaques d'immatriculation et les numéros d'identification des véhicules. Les voitures étaient alors vendues à des clients en Floride, en Géorgie, et au Texas.
Cependant, Gaggi ne purgea pas de peine de prison. Les témoins qui étaient près à témoigner contre Gaggi déclarèrent qu'ils avaient « soudainement perdu la mémoire ». À la fin de son jugement en 1956, Nino fut jugé non coupable des faits.
Alors qu'il était en procès, Nino se maria en 1955 et devint père de son premier enfant en 1956.
En 1957, Frank Scalise fut assassiné dans le Bronx alors qu'il était en train de choisir des fruits. Puis son frère Joseph Scalise jura de venger son frère, avant d'être tué lui aussi. Cependant, Gaggi ne déclencha pas de guerre. À cette époque la tension commençait à monter au sein de la Famille, et le boss de l'époque, Albert Anastasia, fut assassiné en octobre 1957 pendant qu'il se rasait. Carlo Gambino, un proche de Gaggi, devint le nouveau chef.
En octobre 1960, Nino Gaggi commit son premier meurtre connu. Il fit parti de l'équipe des Gambino qui liquida Vincent Squillante, l'homme qui a probablement tué Frank Scalise et son frère Joseph. Selon l'informateur Dominick Montiglio, Gaggi et les autres tuèrent Squillante dans le Bronx, mirent le corps dans le coffre de leur voiture et le transportèrent jusqu'à une cave d'un appartement à Tenth Street, la rue où habitait Gaggi étant jeune. Puis le corps de Vincent Squillante fut brûlé dans un incinérateur se trouvant dans cette cave.
Pendant les années 60 et 70, Gaggi était proche du capo Paul Castellano, et quand le boss Carlo Gambino mourut de cause naturelle en 1975, Castellano devint chef de la Famille, ce qui enchanta Gaggi.
Au milieu des années 80, des membres du crew de Roy DeMeo, le protégé de Nino Gaggi, devinrent informateurs pour le FBI. Castellano, qui avait peur que DeMeo parle, ordonna son meurtre. Nino Gaggi s'occupa de l'assassinat avec des membres du crew de DeMeo.
. Pendant deux ans, Gaggi employa son neveu Dominick Montiglio pour collecter son argent. Montiglio fut arrêté et devint informateur pour le gouvernement.
Montiglio informa le FBI sur les activités illégales d'Anthony Gaggi et, dans une certaine mesure, de Paul Castellano. Castellano fut assassiné le 16 décembre 1985 par le capo John Gotti. Quelques mois plus tard, Montiglio témoigna contre son oncle et en 1986, Gaggi fut condamné à 5 ans de prison pour avoir diriger un trafic de voitures. Alors qu'il purgeait sa peine à la prison fédérale de Lewisburg, en Pennsylvanie, Anthony Gaggi mourut d'une crise cardiaque le 17 avril 1988.

*Le Lower East Side est un quartier situé à Manhattan (N.Y), le long de l'East River. Longtemps occupé par une population ouvrière et défavorisée, le quartier avait autrefois mauvaise réputation. Plusieurs chefs mafieux encore adolescents y firent leurs armes au sein du "Five Points Gang", notamment Frankie Yale, Johnny Torrio et Al Capone. Le film Il était une fois en Amérique avec Robert De Niro se déroule dans le Lower East Side. Le quartier a été et reste encore à certains endroits un centre de la culture judaïque issue de l'Europe de l'Est. Plus récemment, il a été occupé par d'autres immigrants, notamment d'origine latine et asiatique.

**La Dépression ou La Crise de 1929, est la période de l'histoire américaine qui suivit le Jeudi noir du 24 octobre 1929, jour où les marchés boursiers new-yorkais s'effondrèrent. Les évènements de cette journée déclenchèrent une crise économique mondiale qui mena à une baisse des prix et à une augmentation significative du chômage.

# Posté le dimanche 11 juin 2006 13:11

Modifié le mercredi 07 novembre 2007 05:58

Carmine "Lilo" Galante

Carmine "Lilo" Galante
Carmine “Lilo” Galante est né le 21 février 1910 dans un appartement d'East Harlem. On le surnommait "the Cigar", car il n'était pas rare de le voir fumer un cigare.
Ses parents étaient des immigrés italiens originaires de Castellamare del Golfo*. Galante est très vite devenu un voyou et à onze ans, il faisait déjà parti d'un gang. Sa première arrestation date de 1924. Il avait volé des bibelots dans un magasin et fut envoyé dans une maison de redressement pour adolescents, où il était considéré "incorrigible". En 1926, il purgea une courte peine de prison pour attaque et vol. Au début de l'année 1930, il a été arrêté pour implication dans le meurtre d'un policier, mais il fut innocenté faute de preuve. Le 25 décembre 1930, Galante et 3 de ses amis étaient assis dans une voiture lorsque un policier s'approcha vers eux et dégaina son arme. Les 3 hommes tirèrent vers le policier et s'enfuirent à pied. Galante glissa lorsqu'il courait et tomba par terre. Le policier l'attrapa et l'assomma. Au quartier général de la police, il fut identifié comme étant un des quatre hommes qui avaient braquer la brasserie Liebman à Brooklyn. Malgré les coups des policiers, il ne révéla jamais les noms de ses complices. Il fut jugé coupable et envoyé à la prison de Sing-Sing, d'où il sorti en mai 1939.
À sa sortie, il était considéré comme étant un mec réglo, et sa carrière commença vraiment. Il commença par être le chauffeur du parrain Joseph Bonanno, puis son garde du corps. Pendant les années 50, il fut nommé capo. C'est à ce moment là que son pouvoir se consolida. En plus d'importer des armes du Canada à travers ses connection à Montréal, il se rendit en Sicile avec Joe Bonanno, et assista à la réunion à Palerme entre les Familles de la Cosa Nostra sicilienne et celles de la Cosa Nostra italo-américaine. Il était également associé à Joseph Di Palermo, un trafiquant de drogue opérant dans l'état du New Jersey. Galante se rendit à Miami et à Cuba en 1958 pour s'entretenir avec des trafiquants de drogues français, américains et canadiens. Lorsqu'il se rendait à l'étranger, il n'avait aucune difficulté de langage, il parlait français et espagnol, ainsi que plusieurs dialectes italiens.
Le 9 juillet 1958, le gouvernement accusa Vito Genovese and quatorze autres gangsters (incluant Galante) de trafic international d'héroïne et de cocaïne. Les narcotiques étaient vendus aux États-Unis, à Cuba, à Porto Rico et au Mexique. Galante parti alors en cavale jusqu'en 1959. En Mai 1960, il fut de nouveau accusé de trafic de narcotiques avec 29 autres gangsters. Les policiers le trouvèrent à Seaside Heights (New Jersey), et l'envoyèrent en prison. Son premier procès finissa par un vice de procédure. Un membre du jury était mystérieusement tombé d'un escalier et s'était brisé le dos. Le procès fut renouvelé en 1962. L'ambiance était houleuse, un des accusés, Anthony Mirra, lança même une lourde chaise en bois sur un procureurs. Les autres accusés criaient des insultes au jury. Les 29 accusés furent déclarés coupables. Galante fut condamné à 20 ans de prison.
Il purgea sa peine au pénitencier de Lewisburg, dans le quartier de haute sécurité, où étaient enfermé les figures du crime organisé. Sa vie là-bas était ennuyeuse, mais pas déplaisante. Il avait une belle cellule, et il payait 250 $ par mois le boucher de la prison afin que celui-ci fournissent les meilleurs morceaux de viande aux membres de la Famille Bonanno. "Lilo" faisait la loi en prison. Galante était un homme qui ne tolérait aucun manque de respect à son égard de la part de qui que ce soit. Il se baladait souvent dans le quartier de la prison réservé au détenus noirs parmi les plus durs et les humiliaient en leurs disant "tirer-vous de ma vue, bandes de nègres", aucuns d'entre eux n'osait dire un mot. Il intimidait même les gardiens de prison.
Le 23 janvier 1974, Galante fut libéré sur parole. De retour à New York, il dirigeais son bizness à travers une boutique de teinturerie, "L & T Cleaners" à Mulberry Street, dans Little Italy. Carmine adorait sa fille Nina, et elle lui servait de chauffeur. Son rêve était de faire d'elle le premier membre féminin de la Cosa Nostra.
Galante était très craint et respecté, et lorsqu'il marchait dans les rues de Little Italy, les gens le saluait avec respect. Il continuait à trafiquer de la drogue en grande quantité. C'était un des dealers de drogues les plus puissants des Etats-Unis. On dit qu'il a inventé le "test de l'homme noir", un moyen infaillible pour vérifier la pureté de l'héroïne: les truands kidnappaient un toxicomane afro-américain, et lui injectait une dose d'héroïne. Si le toxicomane devenait comateux à un délai spécifié, l'héroïne était de bonne qualité.
Le 28 août 1973, Natale Evola, le boss de la Famille Bonanno de l'époque, mourut de causes naturelles. Il fut remplacé par Philip "Rusty" Rastelli. Galante voulait prendre la place de "Rusty", et il pensait que celui-ci ne serait que peu de temps boss de la Famille. Mais Rastelli aimait être boss, et il résistait aux menaces de Galante, jusqu'à ce que son gendre, James Fernandes, fut trouvé mort dans une rue de Brooklyn. Rastelli reçu alors le message, et lui céda sa place.
En 1977, Galante retourna en prison pour n'avoir pas respecté les conditions de sa liberté sur parole. Il a été surveillé et vu en train de s'entretenir avec d'autres criminels. Le 23 mars 1979 il était libre en ayant payé 50 000 $ de caution. Galante faisait venir des "zips", c'est à dire des Siciliens pour remplacer la "French Connection", un réseaux de trafiquants de drogue basé en France, qui avait été démantelée par les autorités. Il avait son armée de "Zips" des durs, jeunes et coriaces truands importés de Sicile, principalement de Castellamare del Golfo. Il installa ces siciliens autour du quartier de Knickerbocker Avenue à Brooklyn. Les zips s'occupaient des opérations nécessitant la force physique. Selon Vincent Teresa**, ces siciliens étaient recruté pour une seule chose: pour apporter le respect et l'honneur qui caractérise la Mafia sicilienne, ici, aux Etats-Unis. Teresa déclara "Ces Mafiosi sicilien fonceraient dans un mur, se mettraient la tête dans un seau d'acide si tu leur dis de le faire, pas parce qu'il sont voraces mais parce qu'ils sont disciplinés. Ils ont été élevés depuis la naissance dans le respect et l'honneur, et les petits voyous nés en Amérique, eux, ils n'ont pas ça. Une fois qu'on a dit aux zips de s'occuper de quelqu'un, cette personne n'a plus aucune chance de s'en sortir."
Les zips permettaient à Galante d'asseoir encore plus son pouvoir, et il se voyait déjà devenir le capo di tutti capi à New York. Mais dans la Mafia, les choses ne se passent pas toujours comme on le prévoit.
Le jeudi 12 juillet 1979, Carmine Galante décida de déjeuner chez "Joe and Mary Italian-American Restaurant" et y rencontrer là-bas quelques uns de ses amis. Galante n'était pas seul, il avait 2 "zips" avec lui pour assurer sa protection, Cesare Bonventre et Baldassare Amato. Vers 15 heures, une voiture bleue à quatre portes s'arrêta devant le restaurant. Le conducteur avait une cagoule qui couvrait son visage. Celui-ci sorti de la voiture. Il portait une carabine. Trois hommes armés, eux aussi vêtus de cagoules, sortirent du véhicule et coururent vers le restaurant. En quelques secondes la terrasse du beau restaurant devint un champ de bataille. Le corps de Galante fut trouvé par terre, le cigare dans sa bouche fumant encore. Ses 2 gardes du corps étaient partis, et on déclaré qu'il n'avaient rien pu faire. En réalité, ils savaient ce qui se préparait et faisaient partie du coup.
Depuis 1977, il y avait des rumeurs comme quoi il y avait un contrat sur la tête de Galante. Il avait beaucoup d'ennemis. Quand quelqu'un lui parlait du risque de son assassinat, il se vantait “Jamais personne ne me tuera, ils n'oseront pas me défier.” Il avait tort. Une cérémonie eu lieu au funérarium Provenzano-Lanza dans le Lower East Side, et Galante fut enterré le 17 juillet au cimetière Saint John's dans le Queens.
La raison pour laquelle Galante fut assassiné reste un mystère. Cependant, beaucoup de gens déclarent que Galante était devenu gênant pour les autres Familles de New York. On dit qu'il voulait prendre le contrôle total du trafic de drogue, utilisant ses zips pour décourager les concurrents. Ce contrat sur la tête de Galante fut probablement une décision de la Commission des Familles. Philip Rastelli, alors en prison, a été interrogé par les autorités, et certaines personnes disent que Joe Bonanno, retiré en Arizona, avait donné son accord. Moins d'une heure avant le meurtre, la police de New York (NYPD) avaient enregistré une vidéo à Mulberry Street, Little Italy, où l'on pouvait voir trois membres de la Famille Bonanno rencontrant Aniello Dellacroce, un puissant capo de la Famille Gambino. Ils furent rejoints par Bruno Indelicato, un soldat de la Famille Bonanno, qui manifestement était heureux à propos de quelque chose. Le groupe se salua avec des embrassades et entra au Ravenite, le club social de Dellacroce. Ce que la police enregistra ce jour là était probablement un complot afin de tuer Galante. Les empreintes de la main d'Indelicato furent trouvées sur la voiture utilisée lors du meurtre. D'autres empreintes furent relevées sur la voiture, celles de Santo Giordano, un mafioso reconnu. Celui-ci mourut dans un accident d'avion en 1983 avant d'être poursuivi en justice. Indelicato fut arrêté, et jugé coupable d'avoir participé au meurtre de Galante. Le 19 novembre 1986, il fut condamné à 40 ans de prison. Les deux autres hommes qui tirèrent sur "Lilo" ce jour-là ne furent jamais identifiés.


*Castellammare del Golfo (14 577 habitants) est une commune italienne de la province de Trapani en Sicile. Des membres importants de la Mafia y sont nés comme Salvatore Maranzano où Joe Bonanno.

**Vincent Teresa était autrefois un mafioso de la Famille Patriarca, basée en Nouvelle-Angleterre (Boston). Il est devenu informateur, et a écrit un livre, "My Life In The Mafia", qui, comme son nom l'indique, raconte la vie sa vie dans la Mafia, et la guerre des gang dans les années 60 entre la Mafia italo-américaine et le crime organisé irlandais. Sa tête fut mise à prix pour 500 000 dollars.
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# Posté le mardi 20 juin 2006 20:51

Modifié le mercredi 07 novembre 2007 05:58

Carmine Galante, le neveu

Carmine  Galante, le neveu
Carmine Galante est né en 1977. Ses parents l'appelèrent Carmine en hommage à son oncle, le célèbre parrain de la Famille Bonanno.
Galante a grandi à Bensonhurst, Brooklyn. Il quitta l'école très jeune. Il commença à faire de la musculation dans des salles de sport, et devint impressionnant physiquement. Il fit comme de nombreux voyous, effectuant des délits sans importances, puis se mit à vendre de la drogue, de la marijuana en passant par des drogues dures. Il devint un associé de la Famille Lucchese. En 1996, Galante plaida coupable de possession de drogue et fut condamné à 5 ans de prison avec sursis. Il fut arrêté deux fois après, mais ce n'était que des petits larcins, et les accusations furent abandonnées. En 1999, durant un soir d'hiver, Rocco Castellano, un ami de Carmine, aperçoit l'ex-petite amie de Galante en train de parler avec un étudiant de 18 ans, Bill Manolis, dans un bar de Brooklyn plein à craquer. Castellano échangea quelques mots avec Manolis, lui disant de partir et de laisser la fille tranquille. Manolis refusa. Les deux jeunes commencèrent à s'insulter. Castellano parti alors, et revint quelques instants plus tard avec Carmine Galante. Celui-ci, fou de rage, se rua sur Manolis, un couteau à la main, et poignarda plusieurs fois Manolis à la poitrine, avant de prendre la fuite. L'étudiant mourut peu après.
Deux jours plus tard, la police arrêta Rocco Castellano, et l'accusèrent de complicité concernant l'assassinat de Manolis.
Trois mois passèrent, et la police n'avait toujours pas arrêté Galante. Ils offraient une récompense de 1000 $ pour une information qui pourrai leurs permettrent d'arrêter Galante. En juin 2000, la police de New York se rendit en Italie afin de rechercher Galante. Les policiers, italiens et américains, recherchaient Galante dans les environs de Palerme, en Sicile. "Galante a de la famille en Italie et on nous a indiqué qu'il pouvait être ici" déclara un officier américain lors d'une conférence internationale sur le crime à Bologne (Émilie-Romagne). Ce voyage était inutile puisque en réalité, Galante n'avait pas quitté New York. Il se cachait dans un appartement où il passait son temps à regarder la télévision. Lorsque les policiers l'arrêtèrent, il avait pris beaucoup de poids en raison de son inactivité. Il sera condamné à 18 ans de prison en 2000 pour le meurtre de Manolis.

# Posté le mardi 20 juin 2006 21:00

Modifié le mercredi 07 novembre 2007 05:58