Joe Profaci

Joe Profaci
Giuseppe "Joe" Profaci est né le 2 octobre 1897 à Palerme, Sicile. – Il immigra à New York en 1922. Il deviendra un mafioso new-yorkais qui resta à la tête de la Famille Profaci pendant plus de 30 ans.
Giuseppe, ou Joseph Profaci, était à la tête de la Famille Profaci, qui deviendras plus tard la Famille Colombo. Il n'était pas vraiment aimé par ses hommes, notamment parce qu'il empochait une grande partie des profits de ses soldats. Ceux qui refusaient de payer étaient assassinés, et d'ailleurs, dès qu'un soldat n'était pas d'accord avec Profaci sur quoi que ce soit, il était mort peu après. Joe Profaci vivait luxueusement et était un des boss les plus riches de la Cosa Nostra; sa demeure s'élevait sur une colline couvrant des milliers d'hectares. Il possédait son propre golf privé et même un aéroport privé.
Profaci investissait ses profits illégaux dans de nombreuses affaires légitimes, comme l'importation d'huile d'olive, ce qui lui vaudra le surnom du « Roi de l'Huile d'olive ». Cependant, la plus grande partie de sa richesse provenait de ses affaires typiquement mafieuses, tels que divers racket, l'usure ou encore les jeux clandestins.
Profaci était un pieux et fervent catholique, et donnait d'immenses donations à des ½uvres de charité catholiques. Il fit également construire un autel en marbre de Carrare pour l'église Sainte-Bernadette de Brooklyn. Profaci failli même recevoir la reconnaissance papale. Ce rêve de Profaci était sur le point de se réaliser lorsqu'un juge du district de Brooklyn, Miles McDonald, adressa une lettre au Vatican déclarant que Joseph Profaci était un gangster, un assassin, un escroc et un parrain de la Mafia. Profaci n'avait pas le moindre esprit chrétien, et il le démontra à la suite d'un événement survenu un jour de janvier.
Une nuit, un voleur entra dans l'église Sainte-Bernadette et vola les bijoux d'une statue de la Vierge Marie, se trouvant au centre de l'église. Profaci considéra cela comme une insulte à dieu, et également comme une insulte à lui-même. Profaci donna l'ordre à ses hommes de capturer au plus vite le malfaiteur vivant, afin qu'il puisse rendre les bijoux qu'il avait volés. Le voleur, qui apprit que Profaci le cherchait, décida de revenir à l'église et de rendre une partie des bijoux volés. La couronne fut remise sur la tête de la Madone, mais pas le médaillon central. Par ce manque de respect, il venait de déclencher sa mise à mort. Le voleur réapparut quelques jours plus tard, étranglé avec un chapelet, dans une ruelle proche de l'église.
La Famille Profaci fut frappée par une guerre interne de 1960 à 1962. Les trois frères Gallo ; Joe, Larry et Albert, essayèrent de s'emparer du pouvoir avec l'aide d'autres membres de la Famille Profaci, lassés de l'autoritarisme de Profaci. Parmi eux, il y avait Carmine "The Snake" Persico et Joe "Jelly" Gioelli. Profaci fut mis au courant de cette prise de pouvoir et ordonna l'assassinat de Joe Gioelli. Ce samedi-là, Gioelli était parti à la pêche, une de ses passions. Il ne revint jamais de son excursion. La seule preuve, trouvée à des centaines de kilomètres de l'endroit où il avait disparu, fut son manteau, dans lequel était enveloppé un poisson. Le vêtement fut retrouvé dans le coffre arrière de sa voiture, stationnée à proximité du bar des frères Gallo, à Brooklyn. Profaci envoya son garde du corps John Scimone afin de prendre contact avec Larry Gallo et le convaincre que cette guerre était perdue d'avance. Ils se réunirent le soir même dans un restaurant nommé le Sahara Lounge. Le plus jeune des frères Gallo était déjà à une table au fond du restaurant vide lorsque arriva John Scimone. Au cours des négociations, une véritable fortune fut offerte à Larry Gallo de la part de Profaci, en échange de la paix. Mais Larry n'accepta aucun dollar de la part de Profaci. Après le refus de Larry, Scimone se leva pour allez au toilettes. Lorsque que le garde du corps disparu par une porte du fond, Larry Gallo sentit un câble d'acier lui serrer le coup. Dans son dos, une voix connu lui déclara « Tu vas mourir. » L'assassin était Carmine Persico, qui avait décidé de changer de bande. Curieusement, c'est Larry Gallo qui lui avait apprit cette méthode d'assassinat, connue sous le nom de « cravate sicilienne ».
« Maintenant, appelles tes frères », dit Persico tout en continuant à serrer le câble autour du cou de Larry, qui entre-temps avait uriné et déféqué dans son pantalon. Persico traîna Larry Gallo derrière le comptoir pour lui donner le coup de grâce lorsqu'un agent de police qui faisait sa ronde décida d'entrer dans le bar pour parler avec le barman. Voyant l'uniforme bleu et la plaque dorée briller à l'entrée, Persico et Scimone s'enfuirent par la porte de derrière, poursuivis par l'argent qui leurs criait halte. Avant d'atteindre la porte, Persico se retourna et tira dans le visage du policier, qui s'écroula peu après dans une mare de sang. Le sergent qui attendait dans la voiture de patrouille se précipita à l'intérieur du bar et découvrit Gallo derrière le comptoir. « Qui êtes-vous ? Qui sont ces gens ? » lui demanda l'agent
-Je ne vous le dirait jamais » répondit en hoquetant Larry Gallo, agonisant. Exactement une heure après cet événement, un ami de Joe Gallo fut assassiné dans les environs de l'aéroport d'Idlewild, dans le Queens. Joe Gallo décida alors de rassembler toutes ses forces, trente hommes au total, dans les entrepôts 49 et 51 du quai de Brooklyn. Matelas, cuisinière de camping, boîtes de viande et de tomates, sacs de farines et paquets de pâtes étaient entassés dans un coin pour tenir le coup pendant la guerre contre les soldats de Profaci. Mais un événement eu lieu peu avant que n'ait lieu la grande bataille entre Joe Gallo et Joseph Profaci. Joe Gallo fut Quelques mois plus tard, Joseph Profaci fut atteint d'un cancer et sa santé se détériora très rapidement ; il mourut le 7 juin 1962, dans son lit. Joseph Magliocco, sous-chef et beau-frère de Joe Profaci, allait assumer le pouvoir de la Famille Profaci pendant un temps assez bref. Les frères Gallo ne l'accepteraient jamais comme boss, et encore moins les anciens soldats de Profaci, à présent dirigés par Carmine Persico. Les batailles continuèrent dans les rues de Brooklyn, faisant des victimes tant du côté de Magliocco que du côté des Gallo. Face à ces perspectives, la Commission des Familles de la Cosa Nostra décida de ne pas appuyer la nomination de Magliocco en tant que chef de la Famille Profaci. Finalement, Magliocco décida de demander son aide à Joe Bonanno, chef de la puissante Famille Bonanno, afin qu'il essaye de convaincre la Commission de faire de Magliocco un chef de la Cosa Nostra. En échange, Bonanno exigea une partie des intérêts qu'avaient les Profaci sur les quais de Brooklyn (racket, extorsions de fonds, pillage de marchandises, etc.) Magliocco accepta le marché.
Ce que la Commission ne savait pas, c'est que l'ambitieux Joe Bonanno préparait un grand complot au niveau national, en vue de prendre le pouvoir suprême de la Cosa Nostra. Son rêve était d'être élu Capo di tutti capi, même si pour cela il devait supprimer tous les chefs de la Mafia italo-américaine. Bonanno, une fois Capo de tutti capi, avait pensé offrir à Magliocco une bonne partie des affaires des Familles Lucchese et Gambino. La Commission apprit le plan complètement fou de Bonanno par Joe Colombo, un membre des Profaci. Les principaux chefs de la Cosa Nostra appelèrent Magliocco et Bonanno afin qu'il répondent aux questions de la Commission. Seul Magliocco se rendit à la réunion. Malade du c½ur et prit de panique, Magliocco avoua que Joe Bonanno l'avait convaincu de l'aider à obtenir le poste de chef de la Commission. Lors de la délibération finale, il fut décidé d'imposer à Magliocco une amende de 50 000 dollars et l'obligation d'abandonner pour toujours le titre de chef de la Famille Profaci. A la fin du mois de décembre 1963, Joseph Magliocco tomba mystérieusement malade et mourut. Sam DeCavalcante, à l'époque chef de la Famille du New Jersey, fut enregistré lors d'une conversation par le FBI à l'aide d'un micro caché dans son bureau. Il déclarait que Joe Bonanno, indigné par les aveux de Magliocco devant les membres de la Commission, avait personnellement décidé de mettre une pilule de poison dans la bouche de Magliocco, ce qui aurait provoqué une foudroyante crise cardiaque mettant fin à ses jours. En 1964, Bonanno et son avocat furent enlevés par un tueur de sa propre Famille, Mike Zaffarino. Bonanno a été retenu pendant 19 jours, après quoi il a accepté de se retirer. La Commission accorda le poste de chef des Profaci à Joe Colombo, en remerciement de les avoir avertit du plan de Joe Bonanno. C'est ainsi que la Famille Profaci devint la Famille Colombo.

# Posté le lundi 25 septembre 2006 01:39

Modifié le mercredi 07 novembre 2007 05:48

Le Parrain

Le Parrain
Le film Le Parrain de Francis Ford Coppola est un des plus grand classique du cinéma, racontant l'histoire de la dynastie des Corleone, une famille d'immigrés siciliens, qui sont à la tête d'un puissant empire mafieux dirigé par Don Vito dit "Le Parrain". Le film fut probablement un des événement les plus heureux dans l'histoire de la Mafia, parce qu'il a donné au grand public une image romantique du crime organisé. Auparavant, les gangsters au cinéma n'étaient que des voyous rudes et cruels. Mais Don Vito Corleone, lui, est un patriarche distribuant une justice naturelle au sein de sa communauté et est également un respectable père de famille, un brave immigré sicilien qui, en réponse à la dureté de la société américaine, a du employer certains moyens extrêmes pour protéger les siens.
Cette image romantique que donne le film n'est pas un hasard ; en effet, la Mafia surveillait le tournage de près, et a jouer plusieurs rôles dans la réalisation du projet filmographique du Parrain :
-En 1971, Kerkor "Kirk" Kerkorian, milliardaire dans le domaine de l'immobilier, notamment à Las Vegas (où il possède le plus grand hôtel-casino du monde), est également propriétaire des studios de cinéma Metro-Goldwyn-Meyer (MGM), qui tiennent alors l'acteur Al Pacino sous contrat. Or la Paramount (dont le patron est alors Barry Diller) prépare Le Parrain et le producteur Robert Evans veut Pacino dans le rôle de Michael Corleone. Refus violent de Kerkorian. Peu Après, celui-ci reçoit un appel téléphonique de Sidney Korshak, un avocat lié à la Famille mafieuse de Chicago, l'Outfit. Le problème est résolu : Pacino jouera dans Le Parrain.
Pour le reste du casting, la Mafia n'a pas du forcer son talent pour qu'Al Ruddy (le producteur du Parrain) comprenne qu'on le surveillait de près. La peur qu'inspire la Cosa Nostra suffit amplement. Ruddy choisi volontiers pour les rôles principaux des acteurs membres de la "Ligue italo-américaine des droits civils", pure création de Joe Colombo, chef de la Famille Colombo. Joe Colombo veut officiellement combattre les préjugés pesant sur les Américains d'origine italienne, faire cesser le harcèlement policier, mettre fin à l'utilisation du mot « Mafia » par les médias pour parler du crime organisé et ne plus assimiler tout Italo-américain à un gangster. Joe Colombo profite également de la Ligue pour protester contre l'arrestation "injuste" de son fils Joe Jr. Pour trafic de drogue. L'équipe du Parrain s'engagea aussi à ne pas employer dans le film les mots « Mafia » et « Cosa Nostra » (c'est du moins ce qui se passa pour le premier film de la trilogie).
Le Parrain reçu l'Oscar du meilleur film en 1972 et connu un succès monumental. Il était temps pour la Paramount de donner la récompense des services rendus. En 1975, Al Ruddy réalise alors un grand dessin animé intitulé Coonskin, un film d'animation blaxploitation, apparemment assez provocateur, mettant en scène la pègre new-yorkaise à travers "Brother Rabbit" un lapin noir d'Harlem et ses deux amis, "Brother Fox" et "Brother Bear". Le chanteur Barry White et l'acteur/chanteur Scatman Crothers prêtent leur voix. Accusé de racisme, le film se heurtera aux protestations du mouvement révolutionnaire afro-américain des Black Panthers au point d'être retiré du circuit, bien qu'aujourd'hui, le dessin animé soit considéré comme étant un classique. Quoi qu'il en soit, il sera financé par la Paramount « de façon étrange – et qui sentait fort le remboursement d'une dette envers la Mafia contractée lors du tournage du Parrain. La société de Barry Diller confia la distribution de Coonskin à la société Bryanston ». (Extrait du Los Angeles Times, 15/06/1982 – grande enquête sur les Peraino).
Dans le même article du Los Angeles Times, et le plus sincèrement du monde, Al Ruddy déclare d'ailleurs ceci : « je savais que Lou [Louis Peraino, fils d'Anthony Peraino] avait produit [le film pornographique] Deep Throat et je savais que le porno est en général contrôlé par certaines personnes, mais ça m'est égal.»
La société Bryanston, qui se chargea de la distribution de Coonskin, est une authentique société mafieuse. Elle appartient à Anthony "Big Tony" Peraino, soldat de la Famille Colombo (décédé de mort naturelle en 1996, à 80 ans) et à son frère Joseph "Joey the Whale" Peraino, associé de la Famille Colombo (surnommé "Joey the Whale" (Joey La Baleine) à cause de son poids, 180 kilos). Les frères Peraino ont de qui tenir, puisqu'ils sont deux fils de Giuseppe Peraino, soldat de la Famille Profaci (devenue Colombo), tué lors de la grande guerre mafieuse de 1930-1931, « la Guerre des Castellammarese ». Anthony et Joseph viennent d'une lignée mafieuse en Italie, et sont mafieux eux-mêmes, petit-fils, fils, frères et neveux de mafieux. La première inculpation pour meurtre d'Anthony Peraino (suivi d'un non-lieu, faute de témoins) remonte à sa seizième année. Ses deux fils Louis Peraino (dit "Lou" ou "Butchie", décédé en 1999 de mort naturelle) et Joseph C. Peraino sont deux associés de la Famille Colombo. "Joey the Whale" lui, est assassiné en janvier 1982 (une rivalité mafieuse). Son neveu Joseph est grièvement blessé à ses côtés. Le coactionnaire des Peraino dans Bryanston est Michael "Mickey Z" Zaffarano, capo de la Famille Bonanno. Enfin, le chef des ventes de l'entreprise est Cosmo Cangliano, soldat de la Famille Colombo.
Bryanston produit en 1974 trois films non porno de grande audience : le Frankenstein d'Andy Warhol, Return of the Dragon de Bruce Lee(film de kung-fu) et Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper (film d'épouvante). En 1976, un rapport confidentiel du ministère de la Justice de Californie stipule d'ailleurs ceci : « il semble que la société Bryanston coordonne la distribution de long-métrages à l'échelle nationale pour le compte du crime organisé ».

Revenons au Parrain. Il est évident que ce film changea à tout jamais l'image de la Mafia dans le monde, et ce au sein au sein de la Cosa Nostra elle-même. Les mafieux nords-américains ont fait du film de Francis Ford Coppola leur référence, au point parfois de s'identifier aux personnages. A ce sujet, le témoignage de Linda Milito dans son livre, est surprenant. Mariée à Louie Milito, soldat de la Famille Gambino (assassiné en 1988), Linda Milito constate que, dès la sortie du film, son mari et ses collègues mafieux font du Parrain leurs référence : le film est visionné à n'en plus finir, les comédiens sont imités et certains initiés se mettent à apprendre l'italien (A noter : le dialecte sicilien entendu dans le film est l'authentique dialecte parlé dans le village de Corleone, en Sicile).

# Posté le lundi 25 septembre 2006 01:53

Modifié le mercredi 07 novembre 2007 05:46

Carmine Lombardozzi

Carmine Lombardozzi
Carmine Lombardozzi était un membre de la Famille Profaci (qui deviendras la Famille Colombo), puis un membre de la Famille Gambino. Il est né le 8 février 1913, a grandi à Brooklyn et commença sa carrière criminelle à la fin des années 20. Son casier judiciaire comporte toutes sortes d'infractions, tels que cambriolage, homicide, port d'arme illégal, viol, mais aussi des crimes plus sophistiqués, comme le racket de syndicats, l'usure, et aussi le détournement de valeurs boursières. En effet, Lombardozzi gagna des centaines de millions de dollars en escroquant des sociétés financières légales à Wall Street (bourse de New York). Pour cela, il utilisait diverses méthodes pour arriver à ses fins ; par exemple, il manipulait des employés de Wall Street au comportement impulsif (drogués, joueurs compulsif), avant de les faire chanter puis les manipuler pour des escroqueries. Sinon, il utilisait la menace, allant jusqu'à la violence physique si l'employé refusait d'entrer dans la combine. Lombardozzi était d'ailleurs surnommé “the king of Wall Street” (Le Roi de Wall Street), et “the Italian Meyer Lansky” (Le Meyer Lansky* Italien). On l'appelait également “the Doctor”, surnom qui lui venait du fait qu'il fournissait en drogues les nombreux toxicomanes employés à Wall Street.
Malgré le comportement vicieux et violent dont il pouvait faire preuve, Lombardozzi était souvent calme et charmant lorsqu'il faisait des affaires avec les courtiers. Ses cheveux gris et frisés étaient toujours bien coupés, et il recevait une manucure quotidiennement. Il portait des beaux costumes, des cravates en soies, et avait tout une collections de boutons de manchettes en diamants. Il portait au petit doigt une chevalière en or, avec au milieu un saphir entouré de diamants.
The Doctor” possédait beaucoup d'immobilier et était également propriétaire d'une entreprise d'optique qui lui rapportait beaucoup d'argent, et possédait des entreprises qui fabriquait diverses machines électroniques (machines à sous, juke-box et flippers). En plus de ses affaires à Wall Street, Carmine était impliqué dans l'usure, dans le racket de syndicats, activités qui lui rapportait également des profits considérables.
Lombardozzi était un génie financier qui s'enrichira lui et ses supérieurs tout au long de sa carrière. Cependant, il fut souvent critiqué au sein de la Cosa Nostra :
-Lors de la réunion d'Appalachin, Carmine fut forcé d'attendre dans le garage alors que les parrains des Familles mafieuses discutaient de son cas. Des rumeurs couraient comme quoi il escroquait les Profaci en faisant main basse sur une part de ses profits qu'il devait normalement verser à la Famille.
- Carmine fut forcé de divorcer d'avec sa femme de 27 ans lorsqu'un soldat de la Famille Profaci déclara que sa fille était enceinte après avoir eu une aventure avec Lombardozzi. En effet, selon une règle de la Cosa Nostra, il est formellement interdit de coucher avec les femmes ou les filles d'autres mafieux. Finalement “the Doctor” épousa la jeune fille. À la mort de Joe Profaci en juin 1962, Carmine quitta la Famille Profaci pour la Famille Gambino, dirigée alors par Carlo Gambino.
-En avril 1963, pendant les obsèques du père de Carmine Lombardozzi, des agents du FBI postés aux alentours prenaient des photos des mafiosi venus assister à la cérémonie. Soudain, un membre de la famille de Carmine, Danny Marino, frappa John Foley, un des agents fédéraux. Alors que Foley se trouvait par terre devant l'église où allait être célébrée l'oraison funèbre, les frères de Carmine et plusieurs membres des Gambino virent aussi frapper l'agent du FBI, qui fut violemment tabassé à coups de poings et coups de pieds. Depuis cet incident, J. Edgar Hoover, le directeur du FBI de 1924 à 1972, décida d'augmenter fortement la répression sur les mafiosi. On dit qu'en apprenant la nouvelle, Hoover aurait crié « Personne n'avait jamais osé toucher à l'un de mes garçons, et encore moins un de ces spaghetti de merde ! ».
Avec tout ces évènements, Lombardozzi aurait du être tuer. Mais les boss ne voulaient pas se séparer d'un homme tel que Lombardozzi, qui leurs rapportait des millions de dollars. En somme, Carmine survivra grâce à sa capacité à gagner de l'argent.
Lombardozzi dirigeras de nombreuses affaires d'usure et de racket pour le compte des Gambino. Il continuera également ses escroqueries boursières. Il continuera à exercer une grande influence sur la Famille Gambino, jusqu'à sa mort d'une crise cardiaque le 9 mai 1992, chez lui.
Danny Marino, un des cousins de Carmine, est actuellement un capo réputé de la Famille Gambino.


*Meyer Lansky était un mafieux américain. Il est né sous le nom de Maier Suchowljansky, dans une famille juive, à Grodno (alors partie russe de la Pologne, actuellement en Bélarus), en 1902 et est mort à Miami en 1983. Surnommé dans les médias Mastermind of the Mob (le cerveau de la pègre), il fut durant de nombreuses années le trésorier du Syndicat national du crime (d'où son autre surnom, The Ganglang finance chairman), associé avec Lucky Luciano et Frank Costello, avec une discrétion savamment entretenue. Un agent du FBI qui enquêta sur ses activités déclara que Lansky était tellement brillant, que "s'il n'avait pas été un criminel, il aurait pu être le P-DG de General Motors (première entreprise américaine à l'époque)".

# Posté le lundi 25 septembre 2006 01:58

Modifié le mardi 06 novembre 2007 08:13

Anthony Salerno

Anthony Salerno
Anthony "Fat Tony" Salerno est né le 1er mai 1911 à East Harlem, à l'époque un quartier d'immigrants italiens infesté par la Mafia. Il devint un voyou très jeune et grimpa les échelons du crime. Dans les années 50, il devint un membre de la Famille Genovese. Il était impliqué dans diverses combines telles que l'usure, la protection, ou encore le loto clandestin. Il commença à devenir de plus en plus important dans le milieu de la pègre et dans les années 60, ses profits annuels s'élevaient à peu près à 50 millions de dollars rien qu'avec le loto clandestin. Il opérait en particulier à East Harlem et dans le South Bronx, avec ses principaux lieutenants Louis "The Gimp" Avitabile, Salvatore Apuzzo et Louis Vigilante. Dans les années 70, "Fat Tony" était devenu le consigliere de la Famille Genovese, alors dirigée par Frank "Funzi" Tieri. Il étendit son influence au Fulton Fish Market, un des plus grand marché aux poissons du monde, situé à New York. Salerno “convainquait” les acheteurs de poissons (surtout des grossistes et des restaurateurs) de se fournir dans des entreprises appartenant de près où de loin à la Famille Genovese, et ce à l'aide de méthodes mafieuses (intimidations, menaces)...
En 1981, le boss de la Famille, Frank Tieri, décéda. Salerno succéda à Tieri au poste de boss, mais seulement 6 mois après sa nomination, il est victime d'une crise cardiaque. C'est là que les avis divergent à propos du rôle d'Anthony Salerno au sein des Genovese. Certains disent qu'après sa guérison, il continua à être le boss, alors que d'autres déclarent qu'il ne faisait qu'assumer le rôle apparent de chef de la Famille. En coulisse, le vrai boss était Vincent "Chin" Gigante. Mais pour les autorités, Gigante était fou, et incapable d'être boss d'une Famille mafieuse. En effet, les New-yorkais pouvait voir Gigante marcher régulièrement dans les rues de Greenwich Village, à Manhattan, en peignoir et chaussons, récitant des phrases sans aucun sens. De ce fait, le FBI cherchait à arrêter Salerno, alors que Gigante, feignant la folie, pouvait diriger la Famille Genovese sans être inquiété par la justice. Le 25 février 1985, la justice new-yorkaise parvient à mettre en accusation le boss supposé de quatre des cinq Familles de la ville : Paul Castellano (Famille Gambino), Carmine Persico (Famille Colombo), Anthony Corallo (Famille Lucchese), et Anthony Salerno (Famille Genovese) ; ainsi que quelques autres membres de la Cosa Nostra. La justice découvre à cette occasion que la Cosa Nostra exerce le racket total de l'industrie de la construction à New York, et le contrôle mafieux de plusieurs syndicats professionnels (syndicats ouvrier du bâtiment, etc.)
Durant la décennie 80, "Fat Tony" Salerno fonda un cartel criminel et clandestin du béton fonctionnant à Manhattan. Les Familles Genovese, Gambino et Colombo s'étaient ainsi octroyés le droit de vie ou de mort sur les flux de béton à New York. Tout promoteur projetant un gros chantier (2 millions de dollars et plus) devait passer par les Genovese. Une fois la permission donnée, l'entrepreneur verse un part de ses profits à la Cosa Nostra. Si celui-ci refuse la combine, la Cosa Nostra, de par son influence sur plusieurs syndicats, déclenchait des grèves empêchant la construction du chantier.
Exemple: la Famille Gambino contrôle le Teamsters Union (Syndicat des Camionneurs). Si le promoteur refuse de traiter avec la Cosa Nostra, les travailleurs syndiqués qui conduisent les camions remplis de ciments entrent en grève. Alors c'est la catastrophe pour l'entrepreneur, qui voit son chantier paralysé, et son projet immobilier de plusieurs millions de dollars risquant d'être annulé.
On comprend pourquoi les promoteurs immobiliers préfèrent s'arranger avec la Mafia. D'un autre côté, il y a un avantage de taille à s'associer avec Cosa Nostra : la disparition des concurrents, étant donner que l'entrepreneur qui refusait d'entrer dans la combine était tout simplement exclus du marché. Les conséquences économiques de cette taxation et de cette monopolisation des projets de construction sont sévères. Ainsi, le « surcoût mafieux » de l'immobilier atteint 20 % à Manhattan. Et, malgré la répression qu'on subie les 5 Familles de New York durant les années 90, ce secteur économique n'est toujours pas assaini. Depuis le début du 21ème siècle, de nouvelles preuves de la mainmise constante de la Cosa Nostra sur le béton New-yorkais se multiplient.
En 1986, Salerno fut condamné à 100 ans de prison pour violation de la loi RICO. La même année, Vincent Cafaro, un soldat des Genovese devenu informateur, fera découvrir à la justice la supercherie dont fut victime "Fat Tony", qui rappelle un peu celle dont est également victime Corrado "Junior" Soprano dans la série télé Les Soprano. Le 27 juillet 1992, Anthony "Fat Tony" Salerno mourut d'une crise cardiaque. Il est enterré au cimetière St. Raymond dans le Bronx.
Quant à Vincent Gigante, il fut jugé coupable en 1997 de racket et de conspiration de meurtre, et condamné à 12 ans de prison. En 2003, à l'occasion d'une affaire de racket le concernant, Gigante avoua devant le tribunal qu'il n'avait jamais été fou, et qu'il était bel et bien le parrain de la Famille Genovese. Il fut condamné à trois ans supplémentaires pour ce mensonge. Il mourrut d'une crise cardiaque le 19 décembre 2005.
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# Posté le lundi 25 septembre 2006 02:02

Modifié le mardi 06 novembre 2007 08:12

Angelo Bruno

Angelo Bruno
Angelo Bruno est né Angelo Andaloro le 21 mai 1910, à Villalba* en Sicile. à la fin des années 20, il émigra aux Etats-Unis et s'installa à Philadelphie. Il se lança alors rapidement dans une carrière criminelle. à l'époque, le boss de la Mafia à Philadelphie était Salvatore Sabella. Bruno travailla pour Sabella, il était en particulier impliqué dans les jeux clandestins et le bootlegging (trafic d'alcool de contrebande). En 1927, Sabella fut expulsé des Etats-Unis vers l'Italie et John Avenna devint le nouveau boss. En 1932, pendant le règne d'Avenna, Angelo Bruno deviendra un membre de la Famille de Philadelphie. En 1934, Bruno commença à faire des affaires lucratives avec Carlo Gambino, à l'époque soldat de la Famille Mangano de New York. Ils étaient nottament associés dans des affaires d'immobilier en Floride. En 1936, Avenna fut assassiné en 1936 et c'est Joey Bruno (aucun lien de parenté avec Angelo) qui lui succéda. En 1946, Joey Bruno mourut de causes naturelles, pendant son règne de dix ans il avait etendu le pouvoir de la Famille. Après sa mort, le boss devint Joe Ida.
Ida était adepte du profil bas, il ne se faisait pas remarquer et dirigeais ses affaires sans éveiller les soupçons. Mais en novembre 1957, Vito Genovese, le parrain de la Famille du même nom,organisa chez Joseph Barbara, à Appalachin, dans l'État de New York, une réunion des principaux chefs mafieux, dans le but de se faire introniser capo di tutti capi. Joseph Bonanno, Carlo Gambino, Sam Giancana et Santo Trafficante, entre autres, étaient présents. Un policier de l'État remarqua le manège des voitures de luxe, nota les immatriculations des véhicules, puis fit encercler la propriété. Plusieurs mafieux essayèrent de fuir à travers champs, mais la plupart furent arrêtés par le FBI et l'intronisation de Genovese échoua. Ida se trouvait à cette réunion et était désormais identifié par les autorités comme étant le boss de la Cosa Nostra à Philadelphie. Suite à ça, il décida de se retirer en Sicile en 1959. Joseph Ida nomma Antonio Pollina pour le remplacer au poste de boss. Ida avait longtemps hésité entre Pollina et Bruno pour confier ce rôle à responsabilités.
Angelo Bruno ne contesta pas la décision d'Ida, et apporta tout son soutien à Pollina. Cependant, Pollina ne se sentait pas à l'aise avec un rival potentiel et mis un contrat sur la tête d'Angelo. Quand Bruno fut mis au courant de cet éventuel contrat, il rendit visite à son vieil ami Carlo Gambino, qui était devenu le parrain le plus puissant de la Cosa Nostra italo-américaine. Lorsque Gambino entendit ceci, il jura qu'il était hors de question que son ami Angelo soit tué. Grâce à son pouvoir au sein de la Commission, Carlo Gambino fit d'Angelo Bruno le nouveau boss de la Famille de Philadelphie. Gambino demenda également à Bruno ce qu'il désirait faire à propos d'Antonio Pollina. Bruno décida de le garder au sein de sa Famille. Ainsi, il avait Pollina à l'oeil, et s'assurait que celui-ci ne comploterai pas pour essayer l'éliminer de nouveau. Il utilisa ainsi la technique consistant à "garder ses amis près de soi, et ses ennemis encore plus près". Cette technique marcha et Bruno devint le boss incontesté de la Famille de Philadelphie.
Bruno dirigea la Famille à l'ancienne, discrètement et calmement. Au cours de sa longue carrière criminelle, il fut très discret et ne fit que deux ans et demi de prison pour refus de témoigner dans une affaire de corruption. Sous le règne d'Angelo Bruno, la Famille de Philadelphie prospéra considérablement, devenant une des plus puissantes d'Amérique. Bruno avait des contacts avec les Familles Gambino et Genovese à New York, en Italie, dans les caraïbes et même à Londres.
Les activités de la Famille étaient le racket, les jeux clandestins, l'usure, en bref toutes les activités traditionelles de la Mafia. Bruno était surnommé "The Gentle Don" (Le gentil Don) tout simplement parce qu'il était comme ça; il préférait parler dans le calme, ne s'énervait jamais, et n'utilisait la violence qu'en dernier recours. Bruno souhaitait même maintenir un certain équilibre dans ses rangs entre les Siciliens et les Calabrais, afin d'éviter les éventuels conflits!
Bruno dirigeais sa Famille de façon intelligente et très professionelle. Par exemple, lorsqu'il apprit qu'un gangster indépendant rackettait des bookmakers associés à la Famille. Angelo Bruno avait prévenu plusieurs fois le truand en question d'arrêter, mais celui-ci refusait. "The Gentle Don" décida alors d'ordonner l'assassinat du truand. Le contrat fut confié au soldat Nicodemo Scarfo (qui deviendra boss dans les années 80). Scarfo entraîna le gangster dans un bar, l'étrangla avant de le poignarder à mort. Bruno demanda alors à Scarfo de poser le corps dans les bois, près d'un trou que d'autres soldats avaient déjà creuser. Lorsque Scarfo et ses hommes quittèrent les lieux, Bruno envoyait deux de ses hommes de confiance, qui s'occupaient de reboucher le trou, puis de prendre le corps et de l'enterrer dans un autre endroit. Ainsi, si un des soldats décide un jour de balancer ce meurtre à la police, il n'aura aucune preuve de ce qu'il dit puisque le corps ne se trouvera pas dans le trou.
Cependant Bruno fit deux erreurs qui lui firent fatales; dès le début de son règne, Angelo prévint ses hommes qu'il tuerait le premier qui touche au trafic de drogue. Il savait que le trafic de drogue est un délit fédéral, pouvant attirer l'attention de la DEA ou encore du FBI. Cette interdiction de vendre des narcotiques énervait beaucoup de membres de la Famille, qui voyaient les tonnes de dollars qui pouvait être gagnés dans la drogue. Ils étaient encore plus énervés de voir que Bruno, malgré son interdiction, s'associait et touchait de l'argent sur les profits de plusieurs dealers de drogue, comme par exemple les Cherry Hill Gambinos (Rosario, Giovanni et Giuseppe Gambino).
En 1977, l'Etat du New Jersey légalisa les jeux à Atlantic City*, une sorte de seconde Las Vegas dans le sud du New Jersey. Les membre de la Famille de Philadelphie voyaient alors une énorme opportunité de gagner de l'argent. Atlantic City était leurs territoires, et ils contrôlaient les principaux casinos de la ville, qui généraient chaques années des milliards de dollars. Mais Angelo Bruno fit une deuxième erreur impardonnable au yeux de ses hommes; il déclara le territoire d'Atlantic City ouvert, c'est à dire que toutes les Familles de la Cosa Nostra pouvaient se partager le territoire. Bruno craignait de détériorer ses relations avec les autres Familles, en particulier celles de New York, s'il gardait Atlantic City pour sa Famille.
Les membres de la Famille de Philadelphie en avaient marre de Bruno, et décidèrent de le liquider, d'autant plus qu'ils savaient que Carlo Gambino, mort en 1976, n'était plus là pour le protéger. Une faction au sein de la Famille se créa alors afin d'éliminer "The Gentle Don". La faction était dirigée par le consigliere de Bruno, Anthony "Tony Bananas" Caponigro. Le 21 Mars 1980, Bruno, âgé de 70 ans, était assis dans sa voiture en compagnie de son chauffeur et garde du corps John Stanfa lorsque deux hommes armés de fusil de chasse tirèrent sur Bruno, le tuant sur le coup. C'est probablement Caponigro lui-même qui tira sur Bruno. La mort du "Gentle Don" marqua la fin de la paix au sein de la Famille de Philadelphie. Ses successeurs se départageront le pouvoir avec des guerres sanglantes.


*Villalba (1 915 habitants) est une commune italienne de la province de Caltanissetta dans la région italienne de Sicile.

*Atlantic City, dans l'état du New Jersey aux États-Unis, est une ville réputée pour ses casinos et son port de plaisance. Elle compte 40 517 habitants (recensement 2000) et se situe à 80 km environ de Philadelphie (Pennsylvanie), sur le littoral Atlantique. Les rues d'Atlantic City sont utilisées dans la version originale américaine du Monopoly.

# Posté le lundi 25 septembre 2006 05:01

Modifié le mardi 06 novembre 2007 08:12