Giuseppe "Joseph/Joe" Bonanno (18 janvier 1905 - 11 mai 2002) était un mafioso Italo-américain qui est devenu le parrain d'un des plus puissantes Familles de la Cosa Nostra, la Famille Bonanno.
Il était surnommé "Joe Bananas", surnom qu'il détestait.
Giuseppe Bonanno est né à Castellammare del Golfo, Sicile. Ses parents se nommaient Salvatore Bonanno and Catarina Bonventre. En 1906, alors que Joseph est âgé de 1 ans, Salvatore et Catarina et leurs fils émigrent aux Etats-Unis. Ils s'installèrent à Brooklyn ou Salvatore ouvrit un bar/restaurant. En 1911 les frères de Salvatore, restés en Sicile, le supplièrent de revenir au pays, à Castellammare, parce que les affaires des Bonanno étaient menacées par une famille rivale. Donc Salvatore et sa famille retournèrent en Sicile. En octobre 1922, Benito Mussolini, le "Duce del Fascismo", a visité la Sicile et compris le danger que représentait la Mafia. Pour la neutraliser, il envoya dans l'île le "Superprefetto" Cesare Mori, avec les pleins pouvoirs. Mori utilisa des méthodes draconiennes et obtient des succès concrets. En 1925, après avoir joint la Mafia et essayé d'empêcher Mussolini de gagner le contrôle de la Sicile, Bonanno quitta l'Italie pour éviter la répression de Mori, et s'établit à Cuba (peu après il reviendra aux Etats-Unis, dont il obtiendra la nationalité en 1945).
Joe s'installa à Brooklyn En 1927, un autre mafioso arriva de Castellammare del Golfo, Salvatore Maranzano. Maranzano avait lui-même été envoyé par Vito Cascio Ferro, un parrain de la Mafia sicilienne qui rêvait d'étendre son influence outre-mer. Maranzano commença alors une guerre avec l'homme qui, jusque-là, menait les activités de la Mafia à New York: Joe "The Boss" Masseria, le parrain de la Mano Nera new-yorkaise. Masseria était originaire de Palerme, Sicile.
La guerre entre Masseria et Maranzano deviendra connue sous le nom de la "Castellammarese War".
Au sein des deux organisations rivales, il y avait un groupe de jeunes hommes qui saisirent l'occasion pour devenir les nouveaux boss, et ont donc fait tuer les deux parrains à quelques mois d'intervalles. Le groupe incluait Lucky Luciano, Bugsy Siegel et Meyer Lansky. Avant sa mort, Maranzano a quand même établi les principales règles de la Cosa Nostra italo-américaine, il est également à l'origine de la Commission. La Commission réuni les parrains des cinq Familles mafieuse de New York, et la Famille Bonanno est l'une d'elles. La Commission règle les disputes, régule, facilite et contrôle les relations entre les Familles et au sein de celles-ci; la commission approuve aussi le recrutement de nouveaux membres et le choix de nouveaux chefs de Familles.
Bonanno prit la tête de l'organisation de Maranzano en 1931. La même année, Joseph épousa Fay Labruzzo. Le couple eu trois enfants, Salvatore, Catherine, et Joseph Jr. Les profits illégaux de la Famille étaient l'usure, les paris clandestins, la loterie clandestine et le contrôle de la prostitution. Il investi son argent dans des affaires légales, dans des secteurs aussi divers que l'habillement, des fermes, des fromageries italiennes ou encore des pompes funèbres. En 1945, Joe était devenu multimillionaire. Dans les années 60, Bonanno commença à étendre son influence en Arizona et en Californie. Mais les autres boss des Familles mafieuses voyaient d'un mauvais oeil la soif de pouvoir de Bonanno, ce qui mena par la suite à des répercussions. A la même période, Bonanno investit dans des casinos à Cuba avec Meyer Lansky, et mets en place d'autres entreprises légales au Canada. Pendant ce temps, à New York, les autres parrains commençaient à suspecter Bonanno de vouloir déplacer ses hommes sur leurs territoires.
Après la mort de Joseph Profaci, un grand ami de Bonanno et chef de la famille Profaci, Joseph Magliocco est devenu boss de la Famille Profaci. Bonanno, qui complotait pour prendre le pouvoir de New York, commandita à Magliocco les meurtres d'autres mafiosi importants tels que Carlo Gambino, Tommy Lucchese et Sam Giancana. Magliocco a donné l'ordre à Joe Colombo, un soldat des Profaci, d'effectuer ces massacres, mais Colombo l'a trahi, indiquant les plans de meurtre aux autres membres de la Commission.
La Commission a demandé une explication à Magliocco et Bonanno, mais Bonanno a refusé de s'expliquer. Magliocco était très malade et avoua avoir comploter, ainsi la Commission fut clémente, et lui préleva une amende de 50 000 dollars, et lui ordonna de se retirer de la vie criminelle. Un mois plus tard, Magliocco est mort d'hypertension. La légende dit que Joe Bonanno, indigné par les aveux de Magliocco devant les membres de la Commission, a personnellement décidé de mettre une pilule de poison dans la bouche de Magliocco, ce qui aurait provoqué une foudroyante crise cardiaque mettant fin à ses jour.
Les membres de la Commission avaient espéré que leur clémence avec Magliocco persuaderait Bonanno de venir s'expliquer. Plusieurs des membres de la Commission avaient connu Bonanno depuis qu'il était jeune, et ils étaient peu disposés à le tuer sans explication.
En 1964, Bonanno et son avocat furent enlevés par un tueur des Bonanno, Michael "Mickey Z" Zaffarino. Bonanno a été captif pendant 19 jours, après quoi il a accepté de se retirer, de donner à la Commission les capitaux de la famille de Bonanno, élevés à l'époque à 2 milliards de dollars par an, et à partir dans un autre pays.
Bonanno s'est exécuté et s'est déplacé à Haïti, mais en 1965, son fils Salvatore fut victime d'une attaque visant à le tuer. Bonanno a réalisé que la tentative avait été commanditée par l'homme qui lui a succédé à la tête de sa famille aux Etats-Unis, Paul Sciacca, et il se vengea, commençant ce qui est deviendras connu sous le nom de la "Banana War". Cette guerre coupa la Famille Bonanno en deux factions rivales, d'un coté ceux qui soutenaient Joe Bonanno et de l'autre ceux qui soutenaient Sciacca. Bonanno s'avérait être trop fort pour Sciacca. Cependant, Bonanno a souffert une crise cardiaque ce qui l'a incité à se retirer pour de bon, finissant la guerre.
Bonanno s'est alors déplacé en Arizona, où en même temps il a été envoyé en prison par le FBI pour quelques condamnations auxquelles il avait échappé en partant des Etats-Unis. En 1983, il a essayé de se racheter avec son autobiographie "A Man of Honor". Le gouvernement saisi l'opportunité et questionna Bonanno à propos de la Commission. Mais Joe refusa de parler, respectant le serment de l'omertà. Bien qu'âgé et en mauvaise santé, Bonanno fut incarcéré pendant près d'un an pour son refus de coopéré.
Dans les années 90, la chaîne de télévision américaine Lifetime a produit un film sur sa vie.
Bonanno, un des parrains les plus important dans l'histoire de la Cosa Nostra, n'a été jamais condamné pour un crime sérieux. Il a été par le passé condamné à payer 450 dollars d'amende, et ne fit presque pas de prison. Pendant sa retraite, la Commission a permis à Bonanno de vivre en paix dans une banale maison de banlieue à Tucson, Arizona, avec sa famille, survivant en mettant au point quelques rackets à Tucson. Joseph Bonanno, le dernier Mafioso restant ayant survécu au fascisme italien, à la fameuse époque des "Mustache Petes" (le début de la Mafia au Etats-Unis), et à sa propre guerre sanglante, est décédé le dimanche 12 mai 2002 à l'âge de 97 ans.
Dans son livre, il a réduit au minimum les aspects criminels de sa vie et a essayé de justifier l'existence de ce qu'il a appelé "notre tradition". «J'était comme un père de famille ou un chef d'Etat», écrit-il, en décrivant son rôle. «J'ai aussi dû maintenir l'ordre interne. J'ai dû conduire des affaires à l'étranger avec d'autres Familles». Mais être le chef d'une Famille de la Mafia à New York a, dit-il, aussi des inconvénients. «Dans d'autres villes américaines où il y a seulement une Famille, les mafiosi, à de rares exception, vivent de longues carrières et meurent de causes naturelles», écrit-il.
«Mais à New York, où les conflits sont monnaie courante, les mafiosi ont des vies périlleuses».