Salvatore Montagna

Salvatore Montagna
Castellammare del Golfo est une commune de
14 577 habitants, située dans la province de Trapani en Sicile. C'est une petite ville de pécheurs dont la Sainte Patronne est Maria Santissima del Soccorso.
En voyant la mer Méditerranée d'un bleu turquoise, les rues étroites où le linge pends aux fenêtres et où des vieux Siciliens, aux visages brunis par le soleil, sont assis tranquillement sur les bancs, le touriste ne se douterai jamais que cette petite ville a vu naître beaucoup de parrains célèbres de la Mafia New-Yorkaise.
Cependant, en y regardant de plus près, les regards méfiants et sinistres des habitants envers les étrangers peuvent intriguer.
En effet, plusieurs légendes de la Cosa Nostra Italo-américaine sont originaires de Castellamare Del Golfo; Salvatore "Little Caesar" Maranzano, l'organisateur de la Mafia Américaine; Giuseppe "Joe Bananas" Bonanno, le boss de la Famille du même nom...
Entre 1924 et 1929, le préfet Cesare Mori obtint de Benito Mussolini les pleins pouvoirs et essaya d'éradiquer toute activité mafieuse sur l'île, en utilisant les mêmes méthodes violentes. La répression va renforcer la clandestinité de la Mafia et favoriser sa dissémination hors des frontières Siciliennes.
Au cours des années 1920, certaines Familles mafieuses s'installent à Tunis tandis que d'autres mafieux profitent de l'implantation d'une diaspora sicilienne déjà présente aux Etats-Unis pour s'installer là-bas. Plusieurs Castellamaresi s'installèrent à Williamsburg, Brooklyn, où ils formèrent une Famille mafieuse, comme au pays.
Cette Famille deviendra connue sous le nom de la Famille Bonanno.
Aujourd'hui encore, beaucoup de membres de la Famille peuvent retracer leurs origines vers cette ville de pêcheurs du nord-ouest de la Sicile.
C'est le cas de Salvatore “Sal the Ironworker” Montagna, le nouveau boss des Bonanno. Montagna :est né en 1971 à Castellammare del Golfo. Sa famille a immigré d'abord au Canada (ils avaient des cousins qui dirigeaient une boutique de gelati là-bas) puis à New York. Montagna est un "estimateur" chez Matrix Steel, une aciérie située à Brooklyn; dont sa femme Francesca est la présidente. Son « métier » lui as valu le surnom de "Sal the Ironworker" (Sal le Ferrailleur). Il est également parfois surnommé "Sal the Zip".
Montagna vit dans le quartier d'Elmont à Long Island, avec sa femme Francesca et ses trois filles.
Salvatore Montagna était un soldat des Bonanno relativement inconnu des autorités, membre du crew dirigé par le capo Patrick "Patty from the Bronx" DeFilippo, basé dans le Bronx. Il devint “acting capo” du crew après l'arrestation de Patty DeFilippo en 2003, pour meurtre et appartenance à une organisation criminelle.
Historiquement, la Famille Bonanno était basée à Brooklyn, à l'époque du parrain Joseph Bonanno, jusqu'à l'enventuelle ascension de Philip Rastelli dans les années 70 et de son successeur de Joey Massino, tout deux originaires du Queens.
La montée de la faction du Bronx commença avec la promotion de Basciano en “acting boss” par Joey Massino, à l'époque boss officiel jusqu'à ce qu'il deviennent informateur.
En 2004, "Vinny Gorgeous" Basciano est arrêté pour racket et jeu illégal, puis plus tard pour les deux meurtres des associés Frank Santoro et Randolph Pizzolo.
Depuis, entre 2004 et 2006, Basciano a nommé Michael "Mikey Nose" Mancuso, un capo du Bronx, pour le remplacer pour les opérations quotidiennes.
En 2006, Mancuso est à son tour incarcéré pour meurtre, et est suspecté d'avoir jouer un rôle en 1999 dans l'assassinat de Gerlando "George from Canada" Sciascia, un capo de la Famille. Après l'arrestation de Mancuso, Salvatore Montagna fut nommé “acting boss” de la Famille par le boss officiel, Vincent "Vinny Gorgeous" Basciano.
Basciano, lui-même originaire du Bronx, en nommant Montagna “acting boss”, souhaite que la faction du Bronx des Bonanno garde le pouvoir.
Sal Montagna est à présent le nouvel "acting boss", agissant sous les ordres de Basciano. Il est proche des Zips, membres de la faction Sicilienne de la Famille, la plupart originaire de sa ville natale, Castellamare del Golfo.
À 35 ans, Montagna est un des plus jeune boss dans l'histoire de la Cosa Nostra Italo-américaine. Cependant, cela ne l'empêche d'être de la vieille école, et de respecter la loi sacrée de l'omertà.
En 2002, lorsqu'il fut convoqué par un jury d'accusation de Manhattan, “Sal the Ironworker” ne balança pas ses amis mafiosi.
À plusieurs reprises, Montagna fut intercepté en train de recontrer des gangsters des Bonanno. Mais devant le jury, le Sicilien ne paniqua pas.
"Sal the Zip" continua d'insister que sa mémoire était mauvaise, déclarant qu'il ne pouvait même pas se rappeler la date de son mariage. Il a après demander au procureur sur un ton moqueur de ne pas confier cette réponse à sa femme, Francesca Montagna, de peur de la vexer.
Ses singeries devant le jury lui valurent une accusation de outrage criminel, auquel il plaida coupable.
Les autorités continuent à penser que Montagna est bel et bien le nouveau boss de la Famille fondée par le légendaire Joe Bonanno. Son avocat, Joseph Mure, nie totalement cette accusation.
« Peu importe ce que le gouvernement dit, je n'ai aucune connaissance de ça » déclara l'avocat. « Je le connait comme étant un homme travailleur, un mari et un bon père. » Mure affirma que les ennuis à comprendre le jury d'accusation venait de la difficulté qu'il avait à comprendre certains mots, étant donné que l'anglais est son second langage.
Par exemple, Montagna refusa de dire ce que signifiait pour lui le mot "wiseguy". Ce mot désigne habituellement un homme arrogant et mallaprit, mais en argot New-yorkais signifie également un membre de la Mafia.
"Sal the Ironworker" déclara cependant avoir déjà entendu le terme dans la série "Les Soprano" ou encore dans le film "Le Parrain".
Montagna parla également du restaurant Italien de son frère Nunzio à New York, et fit un commentaire entousiaste sur la qualité des gelati vendus par ses cousins à Toronto.
Seul le temps dira si le fait d'avoir nommé "acting boss" un jeune homme quasiment inconnu des autorités était un geste judicieux de la part de Basciano. Toujours est-il que Montagna continue à se taire, respectant la tradition typique du Sud de l'Italie qu'est l'omertà.

# Posté le mardi 08 mai 2007 06:44

Modifié le mardi 06 novembre 2007 08:03

Bernardo Provenzano

Bernardo Provenzano
Bernardo "Binnu U Traturri" Provenzano est né le 31 janvier 1933 à Corleone, en Sicile, un fief mafieux rendu célèbre par le roman de Mario Puzo, "Le Parrain" et son adaptation cinématographique par Francis Ford Coppola.
Premier de sept enfants d'une famille de modestes paysans, il quitte l'école à 7 ans et se tourne vers le crime. Après la Seconde Guerre mondiale, Provenzano joigna la Famille mafieuse des Corleonesi, dirigée par le Dr. Michele Navarra, maire de la ville et médecin qualifié .
Provenzano devint un homme de main pour Luciano Leggio, un jeune mafioso ambitieux, une étoile de la Famille de Corleone.
Leggio n'aimait pas la façon de diriger les affaires de Michele Navarra, et souhaitait prendre la place de boss. A partir du milieu des années 50, Navarra et Leggio se divisèrent en deux factions rivales.
En très peu de temps, Provenzano devint un des exécuteurs les plus fidèles et efficaces de Leggio, tout comme un autre jeune homme, nommé Salvatore "Toto" Riina. Ils étaient très craints, avaient une réputation de tueurs sans-pitié. C'est à cette époque que Provenzano fut surnommé "U Traturri" ( "Le Tracteur" en dialecte sicilien), parce que malgré sa taille, 1,64 mètre, rien ne l'arrête lorsqu'il doit abattre un ennemi. Leggio déclara un jour de Provenzano: « Il tire comme un Dieu, dommage qu'il ait le cerveau d'une poule! »
Une guerre féroce éclata entre Navarra et Leggio. Dans les ruelles de Corleone, les cadavres se ramassent à la pelle : 153 homicides entre 1954 et 1958.
Avec des subordonnés tells que Riina et Provenzano et sa propre réputation d'homme dangereux, Leggio devint de plus en plus puissant et devint une importante menaçe pour Navarra.
Navarra décida alors qu'il était temps de se débarrasser de Leggio pour qu'il puisse rester le parrain incontesté de Corleone. Il envoya un groupe de tueurs pour tendre une embuscade à Luciano Leggio et le tuer. Mais les hommes de Navarra ratèrent leur cible et blessèrent seulement Leggio, qui s'échappa à l'aide du féroce Toto Riina.
Leggio n'avait à présent qu'une idée en tête; se venger. Il envoya une équipe qui comptaient ses plus féroces assassins, parmis eux Provenzano et Riina, afin de tuer Navarra.
Les tueurs de Leggio réussirent là ou les homes de Navarra échouèrent. Le 2 août 1958 Il tuèrent Michele Navarra alors qu'il était en voiture. Les assassins criblèrent de balles le véhicule dans lequel le Dr. Navarra était assis. Navarra et une personne qui l'accompagnait étaient morts.
Après ce double homicide, Luciano Leggio devint le nouveau parrain de Corleone.
La dernière apparition publique de Bernardo Provenzano remonte à août 1963. Une balle l'a effleuré à la tête et il est transporté en sang à l'hôpital de Corleone. « Je me promenais et je ne sais pas ce qui est arrivé . Sans doute un chasseur imprudent », suggère-t-il ! On fait de lui une photo d'identité judiciaire, et il est identifié comme étant un mafioso. cette image a longtemps été la dernière existante de Bernardo Provenzano, et la police était contrainte de s'en remettre pour ses recherches à des « vieillissements » par ordinateur de cette photo en noir et blanc.
Car lorsque, le 18 septembre suivant 1963, le juge Terranova - qui mourra en 1979 sous les balles de la Mafia - lance contre lui un mandat d'arrêt pour un triple homicide, Bernardo Provenzano est déjà en fuite. C'est le début d'une cavale qui durera plus de 40 ans.
Provenzano avait sentit qu'il allait bientôt se faire arrêter, voire tuer, et resta dans l'ombre. Les autorités Italiennes finissent par le mettre dans la liste des personnes diparues, et se mirent à penser qu'il était mort, tué par ses amis mafiosi.
Mais ils étaient bien loin de la réalité. Alors qu'il était en cavale, il continua sa carrière criminelle, et grimpa les échelons du crime alors que son grand ami Toto Riina devint le nouveau boss en 1974, remplaçant Luciano Leggio. Celui-ci est arrêté et emprisonné pour le meurtre de Michele Navarra seize années plus tôt. Bien que Leggio ait maintenu une certaine influence derrière les barreaux, Toto Riina était maintenant la tête pensante des Corleonesi.
De plus en plus de massacres eurent lieu au cours des deux années suivantes, illustrées par un énorme carnage : en un seul jour, le 30 novembre 1982, douze Mafiosi furent assassinés à Palerme dans douze actions distinctes. Les meurtres traversèrent même l'Océan Atlantique, avec le frère d'Inzerillo retrouvé mort dans le New Jersey après une fuite aux USA.
Riina commandita les meurtres de juges, de policiers et de procureurs afin de tenter de terrifier les autorités. Un des magistrats les plus hauts placés était le Général Carlo Alberto Dalla Chiesa, qui fut muté à Palerme en qualité de préfet pour lutter contre l'action de la Mafia. Le 3 septembre 1982, Dalla Chiesa, son épouse et un de ses gardes du corps furent assassinés dans un guet-apens.
En 1981 et 1982, autour de mille Mafiosi furent tués pendant que Riina décimait ses adversaires. Ces derniers tentèrent de battre en retraite : au moins deux cents d'entre eux disparurent sans laisser de traces.
Le 15 Janvier 1993, en agissant sur les informations d'un indicateur, la police armée des carabiniers arrête Totò Riina à Palerme dans sa voiture en compagnie de son chauffeur (son chauffeur, Balduccio di Maggio, était l'informateur en question; plusieurs de ses parents ont été tués par la suite pour sa trahison).
La satisfaction du public lors de l'arrestation de Riina fut tempéré lorsqu'il a été révélé que, pendant ses trente années de fugitif, Riina avait réellement habité dans sa maison de Palerme durant toute cette période. Il avait obtenu une attention médicale en raison de son diabète et avait enregistré chacun de ses quatre enfants sous leurs vrais noms à l'hôpital local. Il s'était même rendu à Venise en lune de miel sans être inquiété. Beaucoup d'observateurs déclarèrent que les autorités n'avaient arrêté Riina qu'en raison de la pression médiatique après les meurtres des juges Falcone et Borsellino, et interprétèrent la facilité avec laquelle Riina avait berné la justice comme un exemple de l'apathie des autorités siciliennes dans la lutte contre Mafia.
Bien qu'il ait déjà réussi à obtenir par le passé un non-lieu dans deux affaires de meurtre, Riina fut cette fois jugé et condamné pour un peu plus de cent meurtres, dont ceux de Falcone et de Borsellino. En 1998, Riina fut à nouveau accusé de meurtre, celui d'un politicien qui avait été suspecté de traiter avec la Mafia et qui fut assassiné en 1992 après ne pas avoir empêché l'emprisonnement de mafiosi dans les procès du milieu des années 80.
Bernardo Provenzano devient alors le boss de Cosa Nostra. Il démontre que le tueur qu'il était n'a pas « un cerveau de poule ». Comme le patron d'une entreprise en crise, il change radicalement de stratégie. Il ordonne d'arrêter les assassinats spectaculaires et de ne pas faire de vagues. Il réorganise ses réseaux et passe des alliances avec les vieilles familles écartées du pouvoir par Riina, les Bontade ou les Madonia. Des clans « à l'ancienne » dont les membres savent encore respecter la règle de l'omerta et subir la prison sans se transformer en balances. Certes, Provenzano a parfois encore recours à l'homicide, comme l'assassinat de l'entrepreneur Salvatore Geraci en octobre 2004. Il s'agit toutefois de « frappes chirurgicales » en comparaison des tueries de Riina. Il concentre l'activité sur le racket et l'infiltration des marchés publics. « Pas un marché public ou privé n'échappe aujourd'hui en Sicile au racket de Cosa Nostra », avoue le procureur Michele Prestipino. Et l'argent rentre - le chiffre d'affaires de la Mafia sicilienne est estimé à 30 milliards d'euros.
C'est Gioacchino Pennino, un médecin homme d'honneur arrêté en 1994 et devenu repenti, qui révèle que Provenzano est vivant et a gravi les échelons de Cosa Nostra. Le tueur analphabète appartient désormais à la "commission régionale" des Corleonesi. Il est encore capable de faire couler le sang - 300 personnes seront assassinées dans la province d'Agrigento au cours de la guerre qu'il a menée contre la Stidda - un groupe dissident de Cosa Nostra -, mais il préfère désormais faire des affaires, comploter pour détourner les fonds publics vers des entreprises mafieuses, investir dans des cliniques privées. Pour cela, il fréquente des entrepreneurs, des responsables politiques, des notables.
On ne l'appelle plus "U Tratturi" comme autrefois, mais "Il Ragioniere" : l'Expert-Comptable.
Un voile se lève enfin sur un des mystères de la Mafia. En effet, déjà à la fin des années 70, certains organisateurs de la « Pizza Connection » comme Leonardo Greco évoquaient sur des écoutes téléphoniques un certain « Ragioniere » que la police n'avait jamais pu identifier. « Provenzano a su rester discret très longtemps au sein de Cosa Nostra, même quand il a commencé à compter. Ça a été sa force. On a entamé les enquêtes à partir de rien. Il avait quinze ans d'avance sur nous. »
Grâce à Pennino, les enquêteurs comprennent que Provenzano a succédé à Toto Riina à la tête de la « Coupole », le conseil d'administration de Cosa Nostra, après l'arrestation de ce dernier en janvier 1993. C'est à cette époque que l'autorité judiciaire crée une équipe uniquement destinée à sa capture, dont Renato Cortese prendra le commandement. Mais il faut attendre 1998 pour commencer à mettre un peu de chair autour de cette silhouette mystérieuse. Grâce à un micro caché dans la salle de visite d'une prison palermitaine, la police enregistre les conversations de Pino Lipari. Les écoutes révèlent que Lipari gère l'immense patrimoine des Corléonais et est en contact avec Provenzano. Il communique avec lui grâce à de petits billets, les pizzini, qui entrent et sortent de la prison dans le revers des pantalons des familiers qui lui rendent visite. Lipari sort de prison. Les hommes du SCO (Service central opérationnel de la police) de Renato Cortese ne le lâchent pas et le placent sur écoutes. Il faut des semaines, parfois des mois, pour placer une écoute en plein air, qui souvent se révèle infructueuse. Mais ce travail de fourmi commence à payer. Lipari dévoile, sans le savoir, une partie du patrimoine de Provenzano confié à des prête-noms : des immeubles entiers, des magasins, des bateaux.
Cortese suit également la piste des pizzini , qui passent par plusieurs intermédiaires et grâce auxquels Provenzano dirige son empire. Les pizzini conduisent à Villafrati, Villabate, Bagheria, autant de villages autour de Palerme
Finalement, les enquêteurs apprennent que le Parrain souffre de la prostate et qu'il s'est fait opérer sous un faux nom dans une clinique de La Ciotat, France, en 2003. Le vieux Ragioniere a besoin de soins, d'une nourriture plus élaborée. Le temps joue contre lui.
Et c'est sur la maison de Saveria Benedetta que la surveillance se renforce.
« Nous ne l'avions jamais perdue de vue. Mais placer des caméras à Corleone n'est pas facile. Dans les étroites ruelles en escalier du village, il est impossible d'organiser une planque. » Pourtant, ces caméras existent. Certaines furent installées par des flics déguisés en ouvriers, à l'occasion d'une fausse panne d'électricité ou lors d'une installation d'un relais de téléphonie mobile...
C'est ainsi que, fin 2005, les enquêteurs voient sur un écran de contrôle la compagne de Provenzano, Saveria Benedetta Palazzolo, sortir un matin de son modeste immeuble de la Via Colletti avec un paquet à la main. La filature des colis commence.
Les enquêteurs arrivent à retracer le parcours suivant. Saveria Benedetta apporte le paquet chez Giuseppe Lo Bue, un membre de sa famille et collègue de travail de son fils Angelo. Giuseppe Lo Bue le dépose chez son père, Calogero. Le jour même ou le lendemain, Calogero rencontre devant une fontaine son ami d'enfance Bernardo Riina, qui récupère le colis. Bernardo Riina, 70 ans, n'est pas parent de son glorieux homonyme Toto Riina, mais la police découvre qu'il fut dans sa jeunesse inculpé d'homicide avec Provenzano. La piste se précise. Mais il manque encore le dernier maillon, celui qui conduira au Parrain.
Bernardo Riina se rend fréquemment dans une bergerie située sous la « montagne des Chevaux », où le berger Giovanni Marino fabrique du fromage, à 2 kilomètres de Corleone et de l'habitation de Saveria Benedetta.
Dimanche 9 avril, un paquet arrive au domicile de Bernardo Riina. La bergerie de Marino est surveillée. Rien ne se passe durant toute la journée du lundi. Les enquêteurs doutent.
Mardi 11 avril, à 8 h 38, la preuve tant attendue arrive. Marino s'approche d'une extension de la bergerie qui semblait vide, une casserole de ricotta à la main. Un bras sort de l'embrasure de la porte, saisit la casserole et disparaît. La scène indique que la bergerie est habitée. Le Ragioniere vient de commettre une erreur. A 10 h 30, Bernardo Riina arrive au volant de sa vieille Land-Rover. Avec le colis.
Cortese est sur place. Il appelle Palerme, puis sa hiérarchie à Rome. A 11 h 7, l'opération est lancée. Il ne faut que quelques instants à Renato Cortese pour s'emparer du parrain des parrains. Sa cavale durait depuis le 18 septembre 1963.
Les enquêteurs découvrent alors l'univers dans lequel le Parrain vivait. Deux chaises bancales, une vieille table et un lit étroit au milieu d'un bric-à-brac d'outils agricoles. Dans le réfrigérateur : des restes de chicorée cuite, des fromages, de la viande avariée, du miel. Sur une étagère, une Bible, que Provenzano réclamera d'emporter avec lui, comme le sac en plastique contenant ses médicaments pour la prostate. Les fenêtres sont obscurcies par du papier noir et le vieux téléviseur est entouré d'oreillettes de carton pour en masquer la lumière. Une paire d'écouteurs permet à Provenzano de supprimer le bruit. Sous un tas de pierres dans le jardin, la police trouve un revolver calibre 38, un automatique et plusieurs milliers d'euros, viatique pour une éventuelle et ultime fugue. Sur la table sont rassemblés des dizaines de pizzini reçus par le patron de Cosa Nostra et ceux qu'il avait préparés pour être bientôt acheminés. Les noms des destinataires sont remplacés par des chiffres et les messages se terminent toujours par : « Que notre Seigneur Jésus vous vienne en aide et vous protège. »

# Posté le mercredi 09 mai 2007 18:48

Modifié le mardi 06 novembre 2007 08:04

William Cutolo

William Cutolo
William Cutolo, né le 6 Juin 1949, était un membre de la Famille Colombo, originaire de Brooklyn. Il était surnommé "Billy Fingers" par ses acolytes mafieux (Il lui manquait plusieurs doigts à sa main droite) et "Wild Bill" par les médias.
Cutolo était à l'origine un soldat du crew du capitaine Pasquale D'Amato. Beau-gosse, charismatique, Cutolo grimpa rapidement les echelons au sein de la Famille Colombo.
A la fin des années 80, William Cutolo était un des capi les plus important de la Famille, alors que l'acting boss Victor Orena était aux commandes et que le boss officiel Carmine Persico purgeait une peine de prison de 100 ans pour meurtre et racket depuis 1986.
Cutolo était appréciés par les chefs des Colombo, parce qu'il était très doué pour se faire de l'argent, et que son crew comptait des tueurs redoutables et efficaces.
En 1990, Cutolo est définitivement radié de l'International Brotherhood of Teamsters* (la Confrérie Internationale des Cammioneurs) à cause de son appartenance à la Mafia.
Cependant, cela n'empêcha pas Cutolo, plein de ressources quand il s'agit de se faire de l'argent, de former le Local 400 de l'Industrial & Production Workers Union (un syndicat des travailleurs de la fabrication industrielle), qui représentait près de 250 ouvriers. Selon les dossiers, Cutolo était très apprécié des membres du Syndicat, bien qu'il a été suspecté d'avoir piller la trésorerie du syndicat, et d'utiliser le Syndicat pour faire chanter des entreprises qui désiraient éviter les organisateurs syndicaux.
"Wild Bill” était cependant généreux, faisant d'importantes donations à des associations caritatives, tels que la National Leukemia Research Association (l'Association Nationale de Recherche pour la Leucémie).

En 1991, Vic Orena devait se destituer de son poste de boss pour laisser la place à Alphonse "Little Allie Boy" Persico, le fils de Carmine Persico, qui allait bientôt sortir de prison. Ceci marqua le début d'une guerre interne entre les factions rivales d'Orena et des Persico. Cutolo se rangea derrière Vic Orena. Bien qu'Orena avait le support de la majorité des membres des Colombo, la faction des Persico gagna la guerre en 1993 (probablement grâce à l'aide d'un agent du FBI corrompu, Lin DeVecchio, qui fournissait des informations au capo Greg Scarpa, qui lui-même balançait des infos à DeVecchio).
En 1991, Orena fut presque tué lors d'une embuscade par un groupe de tueurs des Persico, près de sa maison à Long Island. En réponse, le 18 novembre 1991, Scarpa (alors qu'il conduisait sa voiture, en compagnie de sa fille et de sa petite-fille) fut attaqué par une équipe d'assassins d'Orena.
Scarpa fut capable de semer les tireurs, qui sautèrent de leurs voitures et tirèrent sur Scarpa et sa famille dans les rues de Brooklyn. Cinq jours plus tard, Cutolo fut chargé d'expédier une équipe pour assassiner le soldat Henry "Hank the Bank" Smurra devant une boutique de doughnuts de Brooklyn. Les enquêteurs suspectent que parmis les 12 meurtres effectués Durant cette guerre interne, Cutolo fut responsable de la mort de 3 personnes.
Lors d'un incident, Cutolo, en voiture, revenait d'un club social de Sheepshead Bay, à Brooklyn, lorsqu'il apercu un loyaliste de Persico (qui à l'origine supportait Orena), nommé Joel "Joe Waverly" Cacace. Les deux gangsters se tirèrent dessus dans une rue peuplée de Brooklyn.
La guerre s'arrêta en 1993, après que l'associé John Pappa ait tué le capo Joseph Scopo, loyaliste d' Orena, qui était un des racketteurs de syndicats les plus importants de la ville de New York. La guerre résulta à de longue peine de prison pour Orena et Pasquale Amato, le mentor de Cutolo.
Fin 1993, Cutolo, et six membres de son crew furent inculpés pour des charges liées à la guerre interne qui déchira la Famille Colombo de 1991 à 1993.
"Wild Bill" et son équipe furent détenus dans le Metropolitan Detention Center à Brooklyn, en attendant leurs procès. Très vite, ils prirent possession d'un des quartiers de la prison et, jusqu'en septembre 1994, terrorisèrent les autres détenus et les gardiens. Ils volaient et amassaient de la nourriture ; et transformèrent la salle de télévision commune en leur club privé, allant même jusqu'à accrocher une pancarte où il était inscrit: "Italians Only."(Réservé aux Italiens).
Étonnament, en 1994, Cutolo, son tueur favori Joseph Campanella, et le reste du crew de Cutolo furent acquittés des charges reliées à la guerre.
En participant à la guerre du côté d'Orena, et en appelant Carmine Persico un rat (une balance en argot mafieux Américain) et pour avoir admis l'existence de La Cosa Nostra pour sa propre défense à un procès, Cutolo fut rétrogradé soldat.
Cependant, après la sortie de prison d'Alphonse 'Allie Boy” Persico, Cutolo devait être promu underboss, alors que Joel Cacace deviendrait le consigliere de la Famille Colombo. En Mai 1999, Cutolo fut convoqué pour rencontrer Allie Boy Persico, et ce fut la dernière fois qu'il fut revu vivant. L'acte de disparition de Cutolo indique que ce jour-là, "Wild Bill", âgé de 50 ans, mesurant 1m55 et pesant 82 kilos, de corpulence musclée, portait une veste et un pantalon marron, une chemise bleue, des chaussures marrons, ainsi qu'une montre en or de marque Rolex, une bague au petit doigt et une chaîne en or avec une médaille d'un Saint. En 2004, Allie Boy Persico et l'underboss de la Famille Colombo, Jackie DeRoss, furent inculpés de conspiration de meurtre envers la personne de William Cutolo. Billy Cutolo Jr., le fils de “Billy Fingers”, décida de témoigner contre Persico, en compagnie de Michael DiLeonardo, un ancien capo des Gambino, qui témoigna que lors d'une réunion qu'il devait avoir avec Cutolo, il était surpris d'entendre Persico et DeRoss lui dire que Cutolo faisait à présent parti du passé.

*Les Teamsters sont un des plus grands syndicats des États-Unis avec 1,4 million de membres. Ils sont surtout composés de travailleurs de l'automobile, des transports routiers, de l'industrie laitière et du domaine de l'entreposage. Leur ancien président est Jimmy Hoffa, connu pour ses collusions avec la mafia, a disparu, probablement assassiné sous les ordres du membre des Genovese, Anthony "Tony Pro" Provenzano en 1975. Son fils James P. Hoffa dirige actuellement les Teamsters.

# Posté le samedi 12 mai 2007 21:34

Modifié le mardi 06 novembre 2007 08:03

Joseph Merlino

Joseph Merlino
Joseph "Skinny Joey" Merlino, né le 16 mars 1962, est un jeune et charismatique gangster de Philadelphie. Merlino aime porter des beaux costumes, rouler dans des voitures de luxes et se montrer avec ses associés dans les restaurants et les boîtes de nuit chics de Philadelphie, ce qui explique son surnom donné par les médias « the M.T.V Godfather ». Il est membre de la Famille mafieuse des Bruno/Scarfo, basée à Philadelphie et dans le Sud du New Jersey.

“Skinny Joey” est le fils de l'ancien underboss de la Famille Bruno/Scarfo, à présent incarcéré, Salvatore "Chuckie" Merlino.
“Chuckie” était l'underboss de Philip "the Chicken Man" Testa, boss de la Famille entre 1980 et 1981; et à la mort de Testa suite à une explosion (une bombe remplie de clous a été placée devant la maison de Testa), il devint le sous-chef de Nicodemo "Little Nicky" Scarfo.
Joey Merlino, quand à lui, était le chef d'un groupe de jeunes gangsters, surnommés "The Young Turks" par les médias. La pluparts des membres de ce groupe étaient des neveux ou des fils des mafieux de l'administration Scarfo. Ils étaient en désaccord avec le nouveau boss John Stanfa, un gangster né à Caccamo, Sicile, supposé “old-school”. Stanfa, qui avait des liens avec la Famille Gambino et les clans Palermitains, était vu par beaucoup comme un boss à l'ancienne, présent pour lutter contre l'américanisation de la Cosa Nostra durant les années 80, avec des figures mafieuses tels que John Gotti ou Nicky Scarfo, qui aimaient faire parler d'eux dans les journaux et portait des beaux costumes et des bagues en diamants aux petits doigts. Stanfa était l'ancien garde du corps d'Angelo “The Gentle Don” Bruno, boss de la Famille de 1959 jusqu'à son assassinat en 1980.
Stanfa déconsidérait Merlino et son équipe, qu'il appelait avec mépris les “Américains”. Selon lui, ces jeunes voyous n'étaient pas fait pour la Cosa Nostra, ils n'avaient pas ça dans le sang, contrairement à plusieurs jeunes tueurs proches de lui, nés en Sicile, parmis eux Rosario Bellocchi et Biagio Adornetto.
Quand aux "Young Turks", ils appelaient John Stanfa un “Siggie” ou un “Greaseball”, des termes péjoratifs et insultants utilisés par les mafieux Nord-Américains pour désigner une personne né en Italie. Il est vrai qu'avec son fort accent Sicilien et sa façon de penser, Stanfa aurait probablement eu plus sa place à Palerme qu'à Philadelphie.
Merlino et les membres de son gang, parmis eux Steven "Handsome Stevie" Mazzone, Marty Angelina, George "Freckles" Borghesi, Gaetano "Tommy Horsehead" Scafidi ou encore Vince Iannece, mirent en place une “taxe de rue” dans le quartier de South Philadelphia, c'est-à-dire qu'ils demandaient une certaine somme d'argent à tout les criminels (bookmakers, dealers de drogues) opérant dans le quartier. Si les criminels en question refusaient, Merlino et sa bande tabasseraient ou iraient même jusqu'à tuer les récalcitrants.
Stanfa eu l'idée de placer sa propre "taxe de rue" à Philadelphie, et envoya un de ses hommes de main et soldat de la Famille, Felix Bocchino, pour collecter de l'argent chez tous les criminels signifiants de la ville, y comprit les "Young Turks". Bien entendu, les Young Turks et Merlino n'apprécièrent pas du tout le geste de Stanfa, et décidèrent qu'il fallait faire quelque chose pour arrêter de payer cette taxe.
En 1992, les “Young Turks” envoyèrent un “message” à l'administration Stanfa, en utnat Felix Bocchino et l'associé James "Jimmy Brooms" DiAddorio.
Le message était simple à déchiffrer : « On ne payera pas votre putain de taxe !! »
Suite à ce double meurtre, une guerre mafieuse allait se créer dans les rues de Philly.

Stanfa essaya vite de venger Felix Bocchino et Jimmy DiAddorio en ordonnant le meurtre d'un des membres des “Young Turks”, nommé Michael "Mikey Chang" Ciancaglini. Le frère de “Mickey Chang”, Joseph “Joey Chang “Ciancaglini Jr., était l'underboss de Stanfa, et par consequent un rival. Leurs père, Joseph “Chickie” Ciancaglini, incarcéré, était un capo de la Famille sous Scarfo.
Un autre frère de « Mikey Chang », John Ciancaglini, était un autre “Young Turk” qui purgeait une peine de sept ans de prison pour extorsion.
Malheureusement pour Stanfa, l'assassinat ne se passa comme prévu, et Mikey Ciancaglini parvint à s'échapper des tueurs qui lui tiraient dessus au fusil à pompe.
Merlino, en prison à l'époque, s'enrageait depuis sa cellule.
En Septembre 1992, Stanfa fit une énorme erreur, qu'il regrettera amèrement plus tard.

Croyant à la phrase “Garde tes amis près de toi et tes ennemis encore plus près” il initia Joey Merlino et Michael Ciancaglini au sein de la Famille Bruno.
Beaucoup des proches associés de Stanfa prévinrent que ces jeunes-là n'étaient pas corrects et qu'ils risquaient de foutre tout en l'air, mais Stanfa leur répondit qu'il s'en occuperait, il pensait d'ailleurs endormir la méfiance de Merlino et Mikey Ciancaglini en faisait d'eux des « made men », afin d'avoir plus de facilité à les tuer le moment venu.
Mais le boss Sicilien sous-estimait Merlino et son équipe, et ne se doutait pas encore des ennuis à venir.
Merlino avait une très mauvaise habitude, il aimait parier.
Il est vrai que jouer n'est pas le pire des vices, mais « Skinny Joey », avait l'habitude de ne pas payer les bookmakers quand il perdait, mais de prendre son argent quand il gagnait. Mais Stanfa continuait à penser que Merlino allait finir par se calmer. Il avait tort.
Le 2 Mars 1992, les Young Turks tirèrent sur Joey Chang, l'underboss de Stanfa. Dans son propre club social, il reçu plusieurs balles dans la tête, le cou et le torse, mais miraculeusement, parvint à survivre. Cependant, il restera dans un état critique et, à l'âge de 35 ans, se retirera de La Cosa Nostra.
Tristement, c'est son propre frère Michael qui complota pour tuer "Joey Chang".
Stanfa était furieux de l'affront qu'avait osé lui faire ces “jeunes minables”, en tentant de buter son Underboss, mais était aussi très étonné que Merlino ait trouvé le courage de faire un tel geste sans aucun support.
Mais le boss Sicilien avait de nouveau tort, car “Skinny Joey” avait demandé son avis à son père incarcéré, Salvatore "Chuckie" Merlino, et même reçu la “bénédiction » du capo emprisonné Joseph "Chicky" Ciancaglini, Sr., le père de "Joey Chang".
Merlino avait également rencontré en prison un vieil associé de la Famille Bruno, Ralph "Gandhi" Natale, qui était à l'ombre pour incendie volontaire et trafic de narcotiques.
Natale avait quelque contacts avec la Famille Genovese, la plus puissante Famille mafieuse de New York.
A présent, avec Natale à ses côtés, Merlino avait une organisation de taille pour appuyer son ascension au pouvoir, la Famille Genovese.
À l'époque; Natale serait libéré sur parole dans deux ans. Stanfa décida qu'il devait mettre fin à cette guerre avant que Natale sorte de prison.
Il ordonna donc le meurtre de Merlino et ses deux associés principaux, l'un deux étant Michael Ciancaglini, qui avait ddéjà échappé à une tentative d'assassinat.
Mais, en été 1993, Merlino et sa faction étaient toujours vivants et actifs. Ils faillirent être tués plusieurs fois mais étaient toujours vivants.
Stanfa attendit patiemment jusqu'au 5 août 1993, quand Joey Merlino et son bras-droit Michael Ciancaglini furent fusillés à partir d'une voiture.
Ciancaglini s'écroulera mort sur le trottoir, tandis que Merlino, chanceux, s'en tirera avec deux balles dans les fesses.
Stanfa était heureux, pensant que le meurtre de Mikey Ciancaglini marquait la fin de la guerre. Il pensait que ce n'était qu'une question de temps avant que Merlino s'écroule définitivement. Encore une fois, il se trompait vraiment. Le 31 août 1993, juste 26 jours après l'attaque de Stanfa et la mort de "Mikey Chang”, Merlino se vengea.
Stanfa et son fils Joe et leur chauffeur furent prit dans une embuscade. Alors que la voiture où se trouvait Stanfa était immobilisée par le trafic, un minivan s'arrêta à côté de lui, la porte latérale s'ouvrit et des coups de feu éclatèrent. Les trois hommes s'en tirèrent, seul Joseph Stanfa fut touché au visage, mais ce n'était qu'une blessure superficielle.
Après cela, Stanfa voulait tuer tout les membres de la faction Merlino. Pendant plusieurs semaines, des équipes de tueurs de Stanfa étaient à la recherche de cibles. Deux des hommes de Merlino seront tués. Gaetano "Tommy Horsehead" Scafidi, un des "Young Turks" changera même de camp, se rangeant aux côtés de Stanfa.
Le 15 novembre 2003, Merlino fut arête pour violation de sa liberté sur parole et le 23 novembre retourna en prison.
Puis, le 17 mars 1994, Stanfa et 23 de ses associés furent inculpés de divers crimes punis par la Loi RICO. Le FBI avait en sa possession de nombreuses bandes audio où on entendais Stanfa parler bizness. La guerre entre Merlino et Stanfa était entièrement enregistrée, du début à la fin. C'était fini pour Stanfa. En novembre 1995, il fut condamné à la prison à vie. C'est ainsi que finit cette guerre entre John Stanfa, le boss à l'ancienne né en Sicile, et Joey Merlino, le jeune truand des quartier chauds de Philadelphie. À sa sortie de prison, Ralph Natale,.alors seulement un associé, fut nommé membre de la Famille Bruno et fut directement positionné au poste de boss de la Famille.
Au moment ou Natale devint “made man”, Merlino était sorti de prison également et fut nommé underboss par Natale.
Mais Natale réalisa vite que Merlino continuait à agir comme il l'avait fait pendant le règne de Stanfa ; il ne payait pas les bookmakers quand il perdait ses paris, de plus, lui et ses associés ne payaient pas le tribut qu'il devait au boss, gardant des sommes importantes sans que Natale ait reçu sa part. Ils allèrent même jusqu'à tuer sans demander l'avis au boss, ce qui est strictement interdit selon les règles de la Cosa Nostra.
Natale se rendit compte qu'il n'était rien qu'une marionette pour “Skinny Joey”, et qu'il avait été mis au poste de boss pour attirer toute l'attention du FBI, alors que Merlino dirigeait vraiment la Famille.
“Gandhi » essaya alors de se faire de l'argent par lui-même et commença à trafiquer de la drogue avec les Peagans, un gang de motards. Très vite, il fut chopé par les autorités.
Risquant une peine de prison allant de 20 ans à perpétuité, Natale devint le premier “boss” de la Cosa Nostra à coopérer avec le gouvernement.
En 1998, Merlino sera identifié comme étant le boss official de la Famille Bruno/Scarfo.
En 1999, Merlino sera arrêté pour conspiration d'acheter et de vendre de la cocaïne.
Natale témoignera contre Merlino, qui sera incarcéré en 2000. La sortie de prison de "Skinny Joey" est prévue le 7 septembre 2011.
Pendant que Merlino était libre et boss, il recevait des tributes des autres membres de la Mafia et des associés. Cependant, selon l'informateur Ron Previte, la principale activité de Merlino était la vente de marchandise volée, en particulier des repas pour bébé, des ventilateurs muraux ou encore des montres Rolex.
Cela peut-faire sourire de savoir qu'un boss de la Mafia vendait lui-même des Rolex dans la rue !
Après son incarcération, Merlino resta le boss de la Famille de Philly jusqu'en 2003, quand Joseph "Uncle Joe" Ligambi, l'Acting Boss depuis l'arrestation de Merlino en 1999, fut promu et reconnu comme étant le boss officiel de la Famille Bruno/Scarfo.
Ligambi avait été inculpé à l'époque de Scarfo pour racket.
Dès que Merlino fut retire de son poste de boss, il fut retrogradé en soldato de la Famille. Il est actuellement en prison et respecte la loi sacrée de l'omertà,. Malheureusement pour lui, sa femme Deborah, une Américaine d'origine Asiatique, n'a pas attendu sa sortie de prison. Selon les rumeurs, elle a eu des aventures avec un tueur et dealer de drogue du nom de Billy Rinick; un membre de l'équipe de football américain des Philadelphia Eagles, don't le nom n'a pas été révélé; et enfin un associé de la Famille Bruno, nommé John "Johnny Gongs" Casasanto, qui était un des loyalistes de Merlino.
Joseph “Skinny Joey” Merlino sera normalement libéré en septembre 2011.
Quand il sortira, il fera face à une Famille mafieuse bien différente de celle qu'il a connue, à l'époque où les boss tells que Scarfo ou Stanfa attiraient l'attention des journaux, et où on retrouvait des corps des rivaux ensanglantés, laissés sur les trottoir des rues de South Philadelphia. A présent, Joseph Ligambi opère dans la plus grande discrétion.

# Posté le samedi 12 mai 2007 21:37

Modifié le mardi 06 novembre 2007 08:03

Les Vrais Soprano

Les Vrais Soprano
Il y a une phrase qui dit que l'art imites la vie, et que la vie imites parfois l'art.
C'est vrai dans le monde de la Mafia, ou les gangsters s'inspirent des héros mafieux de fiction, et où les acteurs s'inspirent eux-même parfois des vrais mafiosi.
Par exemple, l'acteur James Caan, qui joue Santino "Sonny" Corleone dans "Le Parrain", est un grand ami d'Andrew Russo, un membre de haut-rang des Colombo, cousin de Carmine "The Snake" Persico. Une amitié de 30 ans lie James Caan et Andrew Russo
Selon James Caan, Russo ne serait qu'un homme d'affaire dans la construction et les ordures, certainement pas impliqué dans des actes de violence !
Fidèle en amitié, James Caan assistera aux procès de ses amis en difficulté : celui d'Andrew Russo en 1986 pour racket et celui de Ronald Lorenzo, associé des Bonanno, en 1999.
Sa réputation d'association avec des mafieux (et ses origines juives allemandes) n'empêcheront pas Caan de recevoir à deux reprises le prix de "l'Italien de l'année" décerné par l'Association des hommes d'affaires Italo-Américains de New York ! Son ami Andrew Russo y est sûrement pour quelque chose ...
Joe Pesci, qui est originaire de Seventh Avenue, la Little Italy de Newark, un quartier mafieux, est un des meilleurs amis de Joe Dente Sr., un capo de la Famille Genovese.
Dan Grimaldi, l'acteur qui interprête Pasquale "Patsy" Parisi dans "Les Soprano", a une s½ur du nom de Louise Rizzutto, qui est la petite amie d'Anthony Spero, le consigliere des Bonanno. Quand Spero était en procès, Dan Grimaldi est arrivé à la Cour Fédérale de Brooklyn pour apporter son soutien. Quand un journaliste a demandé à Grimaldi si il ne trouvait pas ironique le fait qu'un gangster de la télé vienne supporter un véritable gangster, Grimaldi répondit « C'est juste une coïncidence ».
Deux autres acteurs des "Soprano", Vincent Pastore (qui interprète Salvatore "Big Pussy" Bompensiero) et Tony Sirico (qui joue Paulie "Walnuts" Gualtieri), ont été enregistrés sur des vidéos du FBI en train d'assister à une fête de Noël au restaurant « Il Cortile » à Little Italy, appartenant à Gerard "Green Eyes" Clemenza et James "Jimmy Brown" Clemenza, tout deux membres de la Famille Colombo.
Avant d'être acteur, Tony Sirico (de son vrai nom Gennaro Sirico) était lié à la Famille Colombo, et rackettait des patrons de night-clubs dans les années 70, En prison, il découvrira la comédie, lors d'un stage de théâtre organisé pour les détenus.
Quand Sirico fut questionné sur ses rapports avec les Clemenza, il admit les connaître depuis toujours. Mais il ajouta qu'il avait changé et qu'il était acteur à présent :
« Tout ces trucs de gros durs, ça fait des années que c'est parti par la fenêtre. Si j'était dans un endroit où il y avait des mafieux, je suis désolé de l'apprendre. Désolé pour moi... Si j'était là-bas, je ne traînait avec personne. Je n'ai pas vu ces gars depuis une centaine d'années. Je n'ai pas vu Gerry [Clemenza] depuis des milliers d'années. »
Avec leurs relations, on comprends pourquoi ces acteurs sont si convaincant à l'écran, ayant apprit les maniérismes des gangsters aux côtés de vrais mafieux.
Mais l'inverse est parfois vrai, et certains mafieux ont perfectionnés leur style en regardant des films. Ainsi en témoigne Linda Milito, la femme de Louis Milito, soldat de la Famille Gambino (assassiné en 1988). Elle constate que dès la sortie du film "Le Parrain", son mari et ses complices mafiosi font du film une référence. Il est visionné à n'en plus finir, les comédiens du film sont imités et certains membres de la famille se mettent même à apprendre l'italien.
On dit aussi que Joseph "Crazy Joey" Gallo, le célèbre soldat des Profaci / Colombo, passait des heures à regarder les films de gangsters (comme la version de 1932 de "Scarface" par Paul Muni) et modelait son image en imitant les personnages de ces films.
Mais la série "Les Soprano" est allé plus loin. Des vrais gangsters sont partis auditionner dans le but d'avoir un rôle dans la série. Tony Soprano est devenu très populaire chez les mafiosi.
Santo "Buddy" Sirico. Un associé des Gambino, a été enregistré se vantant à se collègues d'être le cousin de l'acteur Tony Sirico.
Sur des bandes du FBI, “Buddy” Sirico, un usurier, était également impliqué dans un complot visant à briser les jambes d'un businessman qui lui devait de l'argent.
Et si les crimes de Buddy Sirico sont bien vrais, son lien familial avec Tony Sirico est par contre totalement faux, bien qu'ils partagent le même nom de Famille.
« Il dit que des conneries. Il n'est pas de ma de famille, » aurait déclaré Tony Sirico. Cet anecdote prouve que les personnages des "Soprano" sont devenus les modèles auxquels les vrais gangsters aspirent.

Un autre enregistrement montre l'intérêt qu'on les gangsters pour la série.
Tout commença en 1999 par un différent entre Barr Industries, une entreprise New-Yorkaise de ramassage d'ordures, et une autre entreprise nommée Madison Oil.
Les patrons de Madison Oil prétendait qu'Anthony Marcantonio, patron de Barr Industries, devait 450 000 $ à Madison Oil et refusait de payer.
Généralement, ce genre de soucis se règle aux tribunaux, mais le problême était Chickie Leto.
Frank “Chickie” Leto était un soldat des Colombo, et lui et son capo, James Clemenza, étaient les "propriétaires secrets" de Madison Oil.
Et la soi-disant "dette" que leur devait Barr était tout simplement de la "protection", ce qui signifie que si Marcantonio ne payait pas, son affaire serait détruite, voire pire.
Marcantonio savait qu'en étant dans le milieu du rammassage des ordures à New York, il était inévitable qu'il paye un tribut à la Mafia. Depuis longtemps, ce milieu est sous le contrôle des Familles de la Cosa Nostra.
Mais 450 000 $, c'était trop élevé. Marcantonio apprit que suite à son refus, Chickie Leto cherchait à le tuer le plus vite possible
Marcantonio décida alors de joindre une des connaissances de son père, Joseph "Tin Ear" Sclafani, soldat de la Famille DeCavalcante du New Jersey, afin de régler ce problême.
"Tin Ear" accepta d'aider le fils de son vieil ami, si celui-ci embauchait Sclafani dans un "no-show job" (emploi fictif), ce qui signifie que Sclafani perçevrait une salaire pour une activité qu'il n'aurait pas à exercer.
En échange, "Tin Ear" alla voir son capo, Anthony Rotondo, qui arrangea une série de réunions avec Leto et Clemenza. Les DeCavalcante ou les Colombo décideraient alors qui aurait le contrôle de Barr Industries, et en profiterait pour s'emparer du plus d'argent possible que pouvait générer l'entreprise.
Le 3 Mars 1999, un des meetings devaient avoir lieu dans un restaurants du Queens. Rotondo et Sclafani devait rencontrer Leto et Clemenza, et deux autres membres des Colombo. Sclafani et Rotondo emmenèrent avec eux Ralphie Guarino, un de leurs associés, et un petit gangster nommé Billy.
Ralphie Guarino était alors un informateur pour le FBI, et avait un micro sur lui ce jour-là. En conduisant vers le Queens, les DeCavalcante commencèrent à se plaindre des New-Yorkais, qui regardait les mafieux du New Jersey avec arrogance et mépris, les surnommant « fermiers ».
« Ils lancent des rumeurs sur les mecs de Jersey, comme quoi c'est des fermiers » déclara Sclafani. « mais ils savaient pas comment on est. Maintenant ils savent. »
« Maintenant ils savent, » répéta Rotondo.
Les remarques de Sclafani à propos des Familles de la Mafia New-yorkaise évoluèrent vite en discussion à propos de la série d'HBO mettant en scène Tony Soprano, le boss du New Jersey, et son crew.
« Hé, c'est quoi ce putain de truc, “Les Soprano”... C'est qui ces gars? »
demanda Sclafani.
« T'as déjà regarder ? » demanda Ralphie Guarino, incertain si c'était une bonne chose pour un gangster d'admettre avoir vu la série.
« C'est supposé être nous ? » Sclafani répondit, en parlant des DeCavalcante.
« T'est dedans, » répliqua Rotondo, alors que Ralphie commença à rire.
« Ils mentionnent ton nom dedans. »
"Tin Ear" (qui hésitait à croire Rotondo) demanda :
« Ah Ouais ? Qu'est-ce qu'ils disent ? »
« Fait bien attention à ce gars », déclara Billy, qui était toujours prêt à déconner. « Surveille ce gars. »
Rotondo répliqua « chaque émission que tu regarde, de plus en plus tu remarque qu'ils s'inspirent de quelqu'un. Chaque émission. »
Apparemment Anthony Rotondo, un capo respecté de la Famille DeCavalcante, était un grand fan des "Soprano."
Il commença à parler des nombreuses similarités entre des personnes qu'il connaissait et les personnages de la série TV.
Il mentionna Gaetano Vastola, qu'il appela par son surnom : "Corky".
Corky Vastola était un capo légendaire des DeCavalcante, qui mesurait 1 mètre 88 et pesait 117 kilos. Un jour, Corky a pratiquement tué une de ses victimes d'extorsion avec un seul coup de poing.
C'était un gros dur qui faisait ses bizness sans se plaindre. Selon Rotondo, Vastola était le modèle pour Paulie "Walnuts" Gualtieri, qui lui aussi était un dur.
Puis Rotondo mentionna Giaciano "Jake" Amari, un des acting boss de la Famille DeCavalcante, qui succomba d'un cancer de l'estomac. Au début des "Soprano," l'acting boss est Giacomo "Jackie" Aprile, qui meurt d'un cancer de l'estomac.
« Ils ont un mec qui meurt d'un cancer de l'estomac ? » Billy demanda.
« Ouais » répondit Sclafani « Mais où est-ce qu'ils trouvent cet information ? »
« Ah » répliqua Rotondo « Où. »

Rotondo ajouta qu'il avait apprit que certaines scène de la série était filmées à "Third Avenue", un quartier de la ville d'Elizabeth, New Jersey.
Sur Third Avenue se trouvait Sacco's, une boucherie Italienne où les membres de la Famille DeCavalcante se rencontraient régulièrement.
Dans le premier épisode des "Soprano", les membres de la Famille Soprano se rencontre à la boucherie Centanni's. Le lieu de tournage était alors à quelques mêtres de Sacco's.
Dans les autres épisodes, le nom de la boucherie sera changé en Satriale's et le lieu de tournage déplacé, cependant l'idée reste la même.
« Sacco's, » s'exclama Rotondo.
« Non, » Sclafani répondit. « C'est pas Sacco's. »
« Oh, c'est supposé l'être, » dit Ralphie.
« C'est vrai ? » s'étonna Sclafani, impressionné.
« C'est dans le quartier, » ajouta Billy.
« Ils s'assoient toujours dehors » déclara Rotondo, parlant des mafieux des Soprano qui s'assoyait sur des tables en dehors de Satriale's, en train de déguster des cafés et des cannoli, exactement comme le faisait les membres des DeCavalcante dans la vrai vie, à Sacco's.
« Ouais, ils font ça, » s'exclama Billy. « C'est Sacco's. »
Rotondo était tellement fan de la série qu'il remarqua qu'un restaurant de tacos qui apparaît dans un des épisode près de la boucherie Italienne de fiction, Satriale's, ressemble fortement à un restaurant de tacos près de Sacco's.
« Jésus ! » s'écria Ralphie.
« Vraiment ? » demanda Sclafani.
« J'te dit ,» Billy déclara « Il faut que tu regarde. »
« Alors qu'est-ce qu'ils disent ? » demanda Sclafani.
« Ils sont pas marrants ? » s'exclama Rotondo avec enthousiasme. « un super jeu d'acteur ! »
Alors qu'il parlaient, les quatre gangsters arrivèrent dans le Queens, revenant au monde réel.
« On est supposés les rencontrer ici, » dit Sclafani.

Le meeting avec les Colombo se passa sans violence, mais aucun des deux camps ne reparti vainqueur... Le problème était l'avidité. Chacun des gangsters voulait toujours plus d'argent, et avec Barr Industries, voyaient un moyen d'amasser des piles de cash.
Finalement, Anthony Marcantonio ferma son entreprise et déménagea en Floride.
Chickie Leto fit bien comprendre qu'il allait tuer l'homme qui lui devait 450 000 $.
Sclafani parla à Rotondo, et celui-ci donna l'ordre de laisser les Colombo faire ce qu'il voulait de Marcantonio.
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# Posté le lundi 28 mai 2007 05:37

Modifié le mardi 06 novembre 2007 08:03