Joseph "Joe Dogs" Ianuzzi était un associé des Gambino basé en Floride. Il est né à New York en 1931, son père était un bookmaker à Port Chester, une petite ville dans le Nord de New York. Après avoir combattu au Viêt-Nam, il partit pour la Floride en 1968. Il travailla pendant un moment dans la construction avant de rencontrer Tommy "T.A" Agro, un soldat de la Famille
Gambino.
Il devint le représentatif d'Agro en Floride. Mais en 1981, "Joey Dogs" emprunta 60 000 dollars à Agro afin de lancer une affaire d'usure en Floride. Il eu éventuellement des ennuis et Tommy Agro, perdant patience, descendit en Floride pour apprendre à Ianuzzi qu'il ne fallait pas le voler. Avec deux de ses hommes, Paul Principe et Frank Russo, Agro tabassa Inauzzi à coup de batte de baseball et de barre en fer. Inauzzi failli mourir, c'était d'ailleurs ce que Agro avait en tête, jusqu'à ce qu'un témoin arrive sur les lieux de l'agression. Il souffrit de nombreuses fractures, plusieurs côtes cassées, le nez complètement écrasé, et des troubles de la vision qui ne guérirent jamais.
Il décida alors de collaborer avec le FBI, et de porter sur lui un micro, afin de mettre en prison ses agresseurs. Sa collaboration permettra au FBI d'arrêté Agro et d'autres mafiosi en 1987.
Au début des années 90, Ianuzzi sera rejeté du Witness Protection Program (Programme de Protection des Témoins) pour être apparu dans plusieurs émissions télévisées. Il se mettra a écrire des livres. Il a actuellement publié trois ouvrages, l'un d'eux sur sa vie dans la Mafia, intitulé "Joe Dogs: The Life & Crimes of a Mobster". Les deux autres parlent de cuisine Italienne ; et sont titrés "Cooking on the Lam" et "The Mafia Cookbook: Revised and Expanded" Comme quoi certains ex-mafieux, après avoir témoigner, peuvent se reconvertir dans une carrière plus où moins honnête !
Voici une anecdote du livre "Joey Dogs ; The Life & Crimes of a Mobster" :
"Tommy parlait dans le récepteur.
« Joey, tu doit venir. Je doit te parler ici. Mon compare*- tu voit de qui je parle, le numéro trois?
Il veut que tu fasse quelques chose pour lui. Je peux pas entrer dans les détails au téléphone, Essaye de venir à LaGuardia**. Et ramène trois-cent mille billets avec toi pour notre "entreprise".»
Il raccrocha sans me laisser répondre. Et j'avait un rendez-vous ce soir avec une superbe blonde. Mais je devait y aller. On ne pouvait rien expliquer avec ce foutu salopard, et encore moins avec son compare, le consigliere des Gambino, Joe N. Gallo. Mais dans un sens j'était fier de moi. En juste un peu plus de quatre ans j'était parti de rien en Floride jusqu'à assister à des réunions avec les chefs de la Famille Gambino. Je veux dire, j'avait du potentiel.
Je suis arrivé à LaGuardia à 9 heure 45 le soir-même avec des chaussettes, chaussures, chemise et costumes de rechange et aussi de l'argent attaché à ma ceinture, 300 000 dollars
[...]
« Joey, ici. Putain qu'est-ce que t'a foutu tout ce temps ? »
L'avion avait cherché à se poser pendant presque une heure, essayant de trouver une place dans l'épais brouillard de New York.
« J'était là-haut dans les nuages, Tom, en train de me demander si oui ou non je devait venir avec tout cet argent. »
T.A sourit. On s'embrassa. On est allé dans sa voiture.
[...]
« Maintenant écoute, mon compare connaît une fille, une jeune fille, là-bas à Naples [Floride], qui s'appelle Sophia. Elle a dix-neuf ; peut-être vingt, et ils s'amusent ensembles de temps en temps. Mais cette Sophia a un frère qui l'emmerde. Il la tabasse. Mon compare veut qu'il soit passé à tabac. Il veut qu'il souffre, Joey, mais il ne veut pas qu'il meurt, capisci ?
« Et ça doit être fait quand elle est ici avec lui. Il ne veut pas de merdier, et il veut que personne sache. Joey, on ne veut même pas que t'utilise ton propre crew. J'ai dit à Gallo que tu pouvait t'en occuper professionnellement, alors me déçoit pas. Je répète, Joey, ne me laisse pas tomber là-dessus. »
Aucun d'entre nous dirent un autre mot jusqu'à ce qu'on arrive à Brooklyn, où on était supposés rencontrer Gallo. Mais il avait laissé un mot comme quoi on devait le finalement rencontrer au Skyway dans le Queens. Le Skyway était un motel avec un bon restaurant et un salon, toujours un bon orchestre en train de jouer. Joe N. Gallo n'allait pas souvent là-bas. Il préférait les jeunes gonzesses dans les discothèques branchées de Manhattan du genre Regine's.
On est arrivé au Skyway, on s'est embrassés, on s'est dis bonjour, et on s'est fait la bise sur les joues comme le veut le rituel Sicilien habituel.
On n'était pas du tout des pédés, c'est juste notre manière de montrer du respect.
« Comment ça va, Joe ? » me demanda Gallo.
« Bien, Mr. Gallo. C'est bien de vous revoir. Comment va votre santé ? Vous avez l'air en pleine forme. »
« Joe, est-ce que Tommy t'as dit pourquoi je voulait que tu vienne ? »
« Il m'a expliqué », je répondit. « Vous avez besoin de quelque chose, Mr. Gallo, je veut juste que vous sachiez que je suis à votre disposition pour quoi que ce soit- et je dit bien quoi que ce soit. Je ne peut pas être plus clair que cela. »
« Merci, Joe. » il répliqua. « Maintenant assure toi de faire ça bien. Ne laisse aucun détail revenir jusqu'à nous, capisci ? »
J'ai hoché de la tête, on s'est embrassé de nouveau, et Joe Gallo est parti. Tommy l'accompagna jusqu'à sa voiture. Quand il est revenu, il a commandé un dîner pour deux, « la pasta avec le poisson, et dit au chef que c'est pour T.A. »
Puis il m'a donné les précisions en ce qui concerne le frère de Sophia. L'adresse de chez lui, où il travaillait, et même une photo.
« Trouve deux négros pour mettre la main sur lui et l'emmener à Alligator Alley, » il déclara. « Laisse-le là. Donne aux négros cinq cent chacun si t'as à le faire Trouve-les à Miami. Assure-toi de prendre une voiture louée, sous un faux nom, et fait ça bien. Pas de merdier. Si tu te fait chopé, tu sais rien. Capisci ? »
« Non, Tom, si je me fait chopé je vais leur dire que tu m'a envoyer, » j'ai répondu sarcastiquement.
« Maintenant qui se mets à parler comme un idiot ? Je veux dire, t'a besoin de dire un truc comme ça à moi ? »
« Okay, Joey, je voulait pas t'offenser. C'est juste une habitude que j'ai. Mais leur dis rien si tu te fait choper quand même, » il ajouta avec un sourire.
« Ces pâtes sont bonnes avec le poisson, » je lui ai dit.
« Joey, ils me traitent comme ça partout où je vais. Dans le Queens, à Brooklyn, Manhattan. Je m'en branle où c'est- je suis toujours traité comme ça. »
Il ne disait pas des conneries. Partout où j'était avec Tommy, les mecs se tiendraient sur leurs têtes si il voulait qu'ils le fassent.
[Plusieurs moi plus tard...]
Gallo a appeler à exactement trois heures et demanda si je me rappelait ma conversation avec Tommy plusieurs mois avant. Bien sûr que je me rappelait, le crétin !
« Oui, monsieur » j'ai répondu. « Je peux vous avoir cette chambre prêt pour vous pas plus tard que demain soir. Quand votre nièce [sous-entendu Sophia] va revenir ? »
« Ma nièce reviendra vendredi, » il répondit.
On était mercredi, alors j'avait intérêt à me grouiller. J'appréciait le temps qu'il me laissait, l'enfoiré. Heureusement, j'avait déjà tout préparé, j'avait trouver la maison du frère de Sophia à Naples, Floride, je l'avait repéré, et j'avait passé quelques jours dans le quartier. Ça faisait un moment depuis que Tommy m'avait dit à New York que Gallo voulait que le frère de sa petite amie soit esquinté, et je pensait qu'il oublierait où qu'il changerait d'avis.
« Okay, Joe, » j'ai répondu. « Considérez le boulot déjà fait. »
J'ai fait comme Tommy a dit. J'ai conduit à Miami ce jour-là. J'ai trouver deux nègres. Je leur ait dit quoi faire. Puis j'ai loué une voiture avec une fausse carte de crédit et j'ai conduit jusqu'à la maison du gars. J'ai frappé à la porte, et quand le frère de Sophia répondit je'ai inventé un bobard en disant que ma voiture louée surchauffait.
Je savait que c'était un zip – c'est comme ça qu'on appelle les Italiens du pays- car il communiquait dans un mélange d'Italien et d'Anglais écorché.
« Qu'est-ce qui sé passe ? Ta voiture, elle est pas bonne ? »
Mon Italien était limité, mais je pouvait comprendre. Le zip semblait avoir un vingtaine d'années, à peu prêt 1 mètre 76, et très balèze. Les nègres avaient du boulot.
« Vient. Lé téléphone, il est dans la couisine. »
Après avoir fait semblant d'appeler l'entreprise de location de voitures, le frère de Sophia m'offrit un verre de vin, puis on s'est assis et on a parlé. Il commença à me parler de sa "magnifique" s½ur, qu'elle était amoureuse d'un vieil homme qui était un caïd de la Mafia, et qu'il détestait vraiment ce bâtard. « Si jé lé voit, jé loui casse sa putain dé tête, » il s'exclama.
Il s'appelait Alberto. Alberto me versa encore un verre de vin et on continua à parler. Il me montra une photo de Sophia. J'avait jamais vu une aussi belle fille italienne de ma vie. Cheveux noir de jais et yeux noirs. Qu'est-ce qu'elle foutait avec ce vieux salaud de Gallo ? Je me demandait.
« Giovanni, encore oune verre dé vin ? »
« Encore un dernier, Alberto. Les gens de la voiture ne devrait pas tarder. »
Je savait que je montrait mon visage, une interdiction formelle dans le bizness du tabassage. Mais c'était impossible qu'Alberto puisse me connecter à l'événement à venir. J'habitait trop loin et je ne venait jamais à Naples de toute façon. Presque jamais.
Enfin quelqu'un frappa à la porte. Alberto se leva pour répondre, et c'était les deux nègres. Ils lui demandèrent d'utiliser le téléphone, pour appeler Hertz [entreprise internationale de location de voitures] et faire savoir au bureau qu'ils m'avaient trouver.
Alors qu'Alberto suivait un des gars dans la cuisine, l'autre laissa tomber un gros sac sur sa tête et le haut du corps. Il se débattait et me demandait de l'aide en Italien. L'autre nègre le frappa sur la tête avec une barre de fer et l'assomma. On attacha ses mains derrière son dos, puis ses chevilles l'une contre l'autre, et on le jeta dans mon coffre.
J'ai roulé jusqu'à Alligatore Alley et j'ai commencé la longue route jusqu'à Fort Lauderdale sur cette route sombre, désolée.
Je pensait conduire à peu prêt 96km avant de le lâcher. Je voulait partir de Alligator Alley avant qu'il se réveille ou qu'il soit découvert.
Quand j'ai trouvé un endroit bien sombre, j'ai stoppé la voiture. Alberto était toujours inconscient. J'ai dit aux négros de casser une jambe, de frapper sa main droite avec des coup-de-poing américains, et de noircir les deux yeux. Ça leur a prit deux minutes.
On a laissé Alberto sur le bord de la route. J'ai ramené les mecs à Miami, leur ai passé mille dollars, et j'ai rendu la voiture. Je suis ensuite allé au Diplomat [restaurant habituel de Ianuzzi] pour boire un verre. J'était là-bas quand Tommy téléphona.
« Ta femme m'a dit que tu serait probablement ici, » il dit. « Mon compare a appelé et m'as demander de te dire de s'occuper de ce truc pour demain soir. »
« Quel truc ? » j'ai répondu, jouant au con.
« Tu sais quel truc ! » Je pouvait entendre son ton s'aggraver.
« Hey, Tommy, t'est chez toi où à une cabine téléphonique ? Si t'est chez toi, appelle-ça 'un truc.' Mais si t'est à une cabine, parle normalement. Parce que, putain, je sais pas de quoi tu veux parler. Demain soir, t'as dit ? Je suis censé faire quelque chose pour ton compare ? »
Je lui cassait vraiment les couilles là. Je pouvait imaginer de l'écume de rage sortir de sa bouche.
« Hey, Joey, souvient-toi quand tu est venu à New York et que tu as rencontré... Putain qu'est-ce qui te fait rire ? »
« Dit à ton compare que c'est fait, » j'ai répondu. « Je l'ai fait ce soir. Est-ce que je serait ici si je l'avait pas fait ce soir ? »
« Madonn', Joey, t'as fait vite. Est-ce que t'as fait ça comme je t'ai dit ? Tu sais, louer le truc et trouver les deux aubergines et tout ? » Il voulait dire les deux gars noirs.
« ça m'a couté plus de mille dollars. J'éspère que le vieux con appréciera. »
« T'en fait pas, Joey, il appréciera. Laisse-moi l'appeler maintenant et lui dire. Il va être tellement heureux que ça va le faire bander. Appelle-moi demain. » Et il raccrocha."
* Compare est un mot Italien, qui dans le Sud de l'Italie est fréquemment utilisé pour désigner un ami où une personne de la même ville. Dans le monde de la Mafia, un compare désigne un mentor.
**L'aéroport de La Guardia est situé dans le district du Queens à New York.
Cet aéroport ne possède ni service d'immigration ni douanes et ne dessert donc pas de vol internationaux, à l'exception de ceux en provenance de 7 aéroports du Canada, des Bahamas et de l'île d'Aruba (aux Antilles Néerlandaises).
Ses deux pistes sont très courtes (2100 m) et ne peuvent donc accueillir que des avions de taille moyenne. Cependant, la proximité de l'aéroport du centre de Manhattan en font un aéroport populaire.
L'aéroport hérite son nom de Fiorello Enrico LaGuardia, le premier maire Italo-Américain de New York. Né le 11 décembre 1882 et décédé le 20 septembre 1947, LaGuardia fut le maire de New York de 1934 à 1945. Surnommé the Little Flower (« la petite fleur ») du fait de sa petite taille et de la traduction de son prénom en italien, il reste dans l'histoire comme un maire important du fait de sa gestion lors de la Grande dépression de 1929. Son père, Achille Luigi LaGuardia, était un immigrant italien et sa mère, Irene Cohen, était une juive originaire d'Autriche-Hongrie.