Les Casalesi: l'ère Bardellino

Les Casalesi: l'ère Bardellino
Pour comprendre les Casalesi, il suffit peut-être d'une donnée : dans les bastions de leur empire, (les communes de Casal di Principe, Casapesenna et San Cipriano d'Averso, en Campanie) dans un territoire d'à peine 16 kilomètres carrés, vivent 50 000 personnes, dont plus de 1200 condamnés pour association mafieuse, et un nombre considérable de personnes mises en examen ou inculpés pour complicité d'association mafieuse.
Ce clan, organisé en une fédération de Familles, a une structure agressive, moderne, profondément différente de la « Camorra des villes », celle de Naples.
A partir des années 80, les Casalesi ont construit des relations avec les principaux groupes criminels internationaux, chassant les Cutoliens (les camorristes fidèle au boss Raffaele Cutolo) de leurs propres terres, exportant même de la drogue à Palerme, avec la bénédiction de Cosa Nostra.
Le clan des Casalesi est un des groupes camorristes les plus évolué, mélangeant tradition paysanne et de grandes compétences entrepreneuriales.
Et pourtant, il est rare de trouver des informations sur cet immense pouvoir criminel qui, dans le Casertano (province de Caserta, Campanie, Italie), exerce un contrôle total, aussi bien militaire (dans le sens camorriste du terme) qu'économique.
Un pouvoir radical sur un territoire fortement agricole, mais qui compte pourtant plus de 500 entreprises de bâtiments et représente le lieu d'Europe où l'on trouve le plus de voitures de luxe.
A Casale, la violence muette qui opprime les gestes les plus simples de la vie quotidienne se ressent lourdement. Par exemple, ont peut voir certaines vitres blindées des commerces trouées par des balles, un symbole qui montre qu'ici, les camorristes ont réussi à imposer leur domination féroce.
Certaines rues du bourg ne sont jamais asphaltées, d'autres le sont parfaitement, particulièrement celles où l'on trouve les villas-bunker des affiliés au clan, afin d'éviter que les roues de leurs Mercedes ne soit tachées par quelques saletés que l'on trouve sur les routes « normales ».
Dans la périphérie de Casale, sont entassées des montagnes de déchets en putréfaction. L'entrée de la ville est surveillée par des patrouilles de jeunes en scooters, et les panneaux routiers sont criblés de balles.
Dans le village, il n'y a pas de bibliothèque, de parcs, de véritables lieux de rencontre, mais seulement des immeubles en ciment gris, construits sans aucun permis. Tous les commerces payent le pizzo à l'organisation, et s'ils ne payent pas c'est qu'ils sont directement gérés par le clan.

L'histoire des Casalesi commence avec Antonio Bardellino, fils d'ouvrier, et lui-même carrossier dans un garage. Le soir, après le travail, il rencontre Mario Iovine. Les deux jeunes hommes se disent qu'ils veulent changer de vies. Alors, au début des années 70, ils créent une bande. Ils font des braquages dans des tabacs, des stations-essences, et extorquent quelques commerçants des villages voisins.
Puis vient la prison, qui renforcera leur amitié. Et ils pensent grand, les deux amis. Ils veulent s'emparer de la province entière, créer un nouveau pouvoir criminel dans les limites du Casertano. Pour cela, ils veulent se libérer de la concurrence de la vieille camorra rurale, mais surtout des Cutoliani, représentés alors dans la zone de Casale par la Famille Simeone.
Ils éliminent en premier les petits guappi de la zone : Dante Pagano, Giuseppe Pedana. Puis s'en prennent aux Simeone. Huit homicides s'en suivirent, et marquèrent la fin d'une époque et le début d'une nouvelle ère criminelle.
A la seconde moitié des années 70, Bardellino était devenu le chef d'un cartel de plusieurs clans camorristes qui opèrent plus ou moins en autonomie.
Bardellino, en plus d'être charismatique, a réussi à créer des liens étroits avec des politiciens. Il est prudent, et a apprit de ses alliés de la Cosa Nostra Sicilienne (Stefano Bontade, Gaetano Badalamenti et Tommaso Buscetta) l'importance du silence, de la discrétion.
Le véritable intérêt de Bardellino était dans le trafic de drogue. Il ouvrit des entreprises au Brésil et une à Saint Domingue. Il établit de solides contacts avec les trafiquants colombiens du Cartel de Medellin, auprès duquel il obtient leur confiance, et de bons prix sur la cocaïne. Il fera venir de grandes quantités de coke dans le Casertano, qui partiront pour le Nord de l'Italie et le reste de l'Europe pour être consommées.
Puis il s'installa à Saint Domingue, et avec le temps il apprit à apprécier la vie sur l'île Sud-Américaine et se mit à investir l'argent qu'il avait gagné avec le narcotrafic ; bateaux, villas, bijoux, mais également des bars, hôtels, restaurants, casinos.
Là-bas, il fonde également une (seconde) famille ; il aura trois enfants avec sa maîtresse.
Puis vers la fin des années 70, il établie des rapports avec les puissants clans camorristes de Carmine Alfieri et des Nuvoletta, de Marano (Campanie). Don Lorenzo Nuvoletta est alors le référent direct de Cosa Nostra en Campanie.
Ensemble, les trois parrains veulent affronter la Nuova Camorra Organizzata (NCO) de Raffaele Cutolo, qui commande depuis sa cellule environ 5 000 affiliés, et compte être le seul et unique boss en Campanie.
A Marano, le 8 décembre 1978, se tient la réunion qui donnera naissance à la Nuova Famiglia (NF), cartel réunissant les rivaux des « Cutoliens ».
A la fin de la rencontre, Antonio Bardellino propose d'aller avec Mario Iovine poser une bombe chez les Cutolo à Ottaviano, village sur les pentes du Vésuve.
C'est le début d'une guerre entre la NCO et la NF, qui fera 3 000 morts, et dont la NF sortira victorieuse.
En juin 1982, avec les votes du clan, Antonio Bardellino fait élire son frère Ernesto, alors financier du clan, comme maire de San Cipriano sur la liste socialiste. Ernesto Bardellino a toujours aimé faire de la politique. Des années plus tard, il tentera de s'inscrire au Parlement avec les socialistes, mais la secrétaire nationale du Parti Socialiste Italien et le président de la République Sandro Pertini s'y opposeront.
En 1983, Antonio Bardellino est arrêté en Espagne. Il suspecte qu'un de ses alliés l'ait vendu. Il soupçonne particulièrement le puissant clan des Nuvoletta, de Marano, qui l'auraient vendu pour prendre le pouvoir dans le Casertano.
Bardellino, en corrompant un juge espagnol, sort de prison et retourne en Italie, pour prouver à tout le monde qu'il était encore là, et qu'il était toujours le boss.
Avec son allié Carmine Alfieri, il met en place un plan pour éliminer les Nuvoletta: une expédition dans la villa du clan, à Marano, au c½ur de leur empire. Le projet initial de Bardellino était d'éliminer entièrement le clan, mais le 10 juin 1984, dans la villa, les hommes de Bardellino ne trouve que le frère du boss, Ciro Nuvoletta, et le criblent de balle.
Cet incident augmenta le prestige, la légende du boss Bardellino, qui fut capable de se venger sur le territoire de son ennemi.
Le 26 août 1984, le clan de Bardellino extermina des hommes du clan Gionta, alliés aux Nuvoletta, dans ce qui est désormais connait comme le massacre au Circolo dei Pescatori, lieu traditionnel du clan Gionta.
Le plan de Bardellino était simple et sans pitié. Dimanche matin. Un car touristique loué voyage vers Torre Annunziata. Derrière suivent deux voitures. En tout, quatorze tueurs sont présents. Dans leurs sacs, des mitraillettes et des Kalachnikov. Quand le groupe de tueurs arrivent au Circolo dei Piscatori, ils s'aperçoivent qu'il y a beaucoup de monde, mais ils décident quand même d'ouvrir leurs sacs, et de tirer sur tout ce qui bouge, puis repartent. A terre restent 8 morts et 7 blessés. Les ennemis sont anéantis. Avant même que l'équipe de tueur reviennent, la nouvelle a déjà fait le tour de Naples et des environs. Il y a un nouveau pouvoir criminel en Campanie.
La fin du conflit avec les Nuvoletta fait d'Antonio Bardellino le boss absolu du Casertano. Son clan contrôle les administrations publiques, encaisse des milliards avec le trafic de drogue, ouvre des sociétés et y nomme des dirigeants qui servent de prête-noms, s'insère dans les grands travaux de reconstruction suite au tremblement de terre de l'Irpinia (qui eu lieu le 23 Novembre 1980, laissa 2 914 morts, 10 000 blessés et 300,000 sans-abris).
Puis le clan investit en Italie Septentrionale, à l'étranger, particulièrement en Europe de l'Est ; appels d'offres, immobilier, usines, terrains. Entre 1984 et 1986 il fait l'aller et retour entre l'Italie et l'Amérique du Sud. Il laisse Mario Iovine, son numéro deux, gérer les affaires locales, ainsi que ses neveux Paride et Antonio Salzillo. Mario Iovine, Vincenzo De Falco, Francesco "Sandokan" Schiavone, Francesco "Cicciotto 'e Mezzanotte" Bidognetti, Vincenzo Zagaria étaient les principaux chefs de l'organisation Casalese.
Cependant, la présence des Salzillo devient encombrante. Leurs choix n'est pas en accord avec des membres importants du clan, comme Vincenzo De Falco, Francesco "Cicciotto 'e Mezzanotte" Bidognetti et Francesco "Sandokan" Schiavone, les étoiles montantes des Casalesi.

Bidognetti et Schiavone, disposant d'un pouvoir camorristique aussi bien militaire qu'économique, se lassent de Bardellino, et mettent en place une stratégie machiavélique pour le remplacer. Ils urgent Bardellino de revenir en Italie pour tuer Mimì Iovine, frère de Mario Iovine, justifiant l'action en déclarant à Bardellino que Mimì était suspecté d'être un informateur. Bardellino fait assassiner Mimì alors que celui-ci se rendait à son travail.
Puis Sandokan Schiavone et Enzo De Falco poussèrent Mario Iovine à tuer Bardellino, lui assurant que son frère avait été assassiné sur les ordres de Bardellino sans aucune raison apparente.
Nous sommes le 26 mai 1988. Iovine s'envola jusqu'au Brésil pour rencontrer Bardellino, sous prétexte de parler d'affaires. Une fois là-bas, la thèse la plus plausible fut Iovine qui brisât le crâne de Bardellino avec un marteau, et enterre le corps (qui ne fut jamais retrouvé) dans une plage brésilienne.
Après la mort de Bardellino, Iovine téléphone à Schiavone, De Falco et leur fidèles et leur averti de passer à la seconde partie du plan : tuer tous les fidèles de Bardellino.
La première attaque concerne les frère Salzillo ; Antonio réussi à se mettre à l'abri, mais son frère Paride n'a pas cette chance, et est capturé par les autres camorristes très rapidement. Ils l'emmènent dans un appartement, l'attachent à une chaise et l'étranglent avec une corde.

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 13:55

Modifié le jeudi 03 juillet 2008 14:54

Les Casalesi: l'émergence de Sandokan

Les Casalesi: l'émergence de Sandokan
En juillet 1988, presque tous les Bardelliniani sont assassinés. Seul Antonio Salzillo essaye d'organiser un groupe de résistance, mais le contrôle de l'organisation est à présent entre les mains de Francesco Schiavone et Enzo Di Falco. Quand à Mario Iovine, il passe de longues périodes au Portugal, et semble peu intéressé à gérer directement les affaires du clan. Quand il rentre à Casale, c'est seulement pour participer aux réunions les plus importantes.
Le clan multiplie les affaires, sortit du conflit interne. Le contrôle du territoire est alors total. Un épisode le démontrera : l'attaque de la caserne des Carabiniers de San Cipriano d'Aversa. Un soir d'été, une patrouille de carabiniers arrête deux jeunes pendant la fête du village, et les emmènent à la caserne. Pour les emmener, les carabiniers ont du traverser la place où des centaines de personnes leur font barrière. Ils arriveront, difficilement, à la porte de la caserne. Les gens demandent alors en hurlant que les deux jeunes soient relâchés. Puis ils sortent des bidons d'essences et mettent le feu à ce qu'ils trouvent. Les insultes et les objets volent. La porte d'entrée, en fer, oscille sous le poids des gens qui poussent. Puis, après une longue médiation, le calme reviendra.

C'est à cette période qu'émergera la figure de Francesco Schiavone. Il est surnommé "Sandokan", à cause de sa ressemblance avec Kabir Bedi, le protagoniste de la série télévisé Italienne "La tigre di Mompracem". Cependant, c'est un surnom qu'il a toujours détesté.
Initialement, Schiavone est un des tueurs de l'organisation de Bardellino, et, avec Luigi Venosa, opère dans la zone de San Cipriano d'Aversa. Puis, lentement, son pouvoir grandi.
A la tête du clan, Sandokan créé son propre style de commande : c'est un homme précis, méthodique, discret, il participe en personne à toutes les missions et préfère utiliser les armes plutôt que se laisser allez à des gestes impulsifs. Il parle peu, c'est le prototype du camorriste « mafioso ».
Il n'y a pas un collaborateur de justice qui parle en mal de lui. Il est vu comme un chef qui défend les intérêts de l'organisation avant les siens. Entre 1988 et 1991, alors que Iovine est au Portugal, le clan se structure autour de Francesco Schiavone et Enzo De Falco. A leur côté Francesco "Cicciotto 'e Mezzanotte" Bidognetti, déjà actif dans le business de l'écoulement illégal des déchets toxiques, qui est, avec le trafic de drogue, l'affaire la plus lucrative du clan.
Bidognetti a des relations avec la politique, les hommes d'affaires, la franc-maçonnerie. Des relations importantes, qui assurent à l'organisation un canal privilégié pour faire des affaires.
Mais même si l'économie du clan se porte très bien, à la longue émergent de nouveaux conflits. Schiavone veut empêcher que De Falco assume une position dominante dans le secteur des appels d'offres publics, et au sein de l'administration communale de Casal di Principe.
Le 13 décembre 1990, Sandokan organise une réunion, dont le but véritable est d'éliminer De Falco, mais celui-ci ne se présente pas. A la place, il se rend chez les carabiniers, qui, le jour même, arrêtent Bidognetti et d'autres capi du clan, chez l'adjoint communal Gaetano Corvino, alors que ceux-ci jouent au poker. Mario Iovine, qui était présent, réussi à s'enfuir par une fenêtre.
Tout de suite, Enzo De Falco est suspecté d'avoir balancé. Il sera exécuté le 2 février 1991 à Casale, par Michele Zagaria, et Walter Schiavone (frère cadet de Francesco). Giuseppe Caterino leur servira de chauffeur pour ce meurtre.
En 1991, le conseil communal de Casale, comme beaucoup d'autres villes des environs, est dissous pour infiltration de la camorra. Le nouveau maire, Renato Natale, est communiste, et collabore avec les forces de l'ordre. Il ira même jusqu'à demander l'aide de l'armer pour protéger le territoire. Mais le clan décide de ne pas le tuer, estimant avoir toujours le contrôle. Au lieu de ça, ils font décharger devant la maison du maire le contenu d'un camion rempli d'excréments de bufflonnes.

Le 6 Mars 1991, Mario Iovine est assassiné à Cascais, au Portugal, alors qu'il se trouvait dans une cabine téléphonique. On pense tout de suite à une vengeance de la part des fidèles à Enzo De Falco.
Après l'homicide, Francesco Schiavone se lance à la recherche des frères d'Enzo De Falco. Un nouveau conflit commence. D'un côté Schiavone, Bidognetti, avec leur alliés Giuseppe Caterino, Vincenzo et Michele Zagaria ; de l'autre les frères Nunzio et Giuseppe De Falco, supportés par Antonio Salzillo, Giuseppe Quadrano, Sebastiano Caterino, et le clan La Torre de Mondragone.
Durant la guerre des clans, les factions adverses tournaient dans les rues de Casale, San Cipriano d'Aversa et Casapesenna, devants les maisons de leur adversaires, en voitures de luxe blindées. Armés de mitraillettes et de pistolets, des ceintures de cartouches autour du cou, ils s'asseyaient à califourchon sur les fenêtres des voitures et hurlaient férocement qu'ils étaient les plus forts, terrorisant les habitants.
Plus de 80 camorristes mourront dans cette guerre.
La guerre perdue, Nunzio De Falco, dit "'O Lupo", un des derniers survivants, se réfugie en Espagne, à Grenade, où il possède une seconde demeure et des affaires lucratives dans les secteurs du tourisme et de la restauration.
Avec la fin du conflit, l'axe Schiavone-Bidognetti assume le contrôle total de l'organisation. Schiavone dispose d'un pouvoir important car il est supporté par des membres de sa famille : son frère Walter contrôle la partie militaire du clan, les tueurs et les hommes de main. Son cousin Carmine s'occupe des registres économiques, et deux autres des cousins de Sandokan, Francesco et Nicola, sont réciproquement maire et conseiller aux finances de la commune de Casal di Principe, avant la dissolution du conseil communal en 1991.

Le 5 décembre 1995, commence l'opération Spartacus. 157 membres et associés des Casalesi seront arrêtés. C'est avec les déclarations du pentito Carmine Schiavone, cousin de Sandokan, que le clan subira un coup dur. Le procès Spartacus contre les Casalesi durera dix ans. 91 personnes seront condamnées, dont 21 à la prison à vie. Les peines les plus dures sont pour Francesco « Sandokan » Schiavone, Francesco "Cicciotto 'e Mezzanotte" Bidognetti, Walter Schiavone et Francesco Schiavone, cousin de Sandokan, et son homonyme. Les fugitifs Michele Zagaria et Giuseppe Caterino seront également condamnés in absentia à de longues années de prison. La sentence fut déclarée le 16 septembre 2005 dans la salle de tribunal blindée de Santa Maria Capua Vetere.
3200 pages de faits, de déclarations, d'enquêtes, qui synthétisent un quart de siècle d'histoire criminelle dans le Casertano.
Ces pages sont essentielles pour comprendre l'organisation interne du clan, son expansion en Europe et dans le Monde, les chiffres énormes des profits du clan de par leur mainmise sur les industries du bâtiment et du recyclage des déchets toxiques, le trafic de drogue, etc.
Seront saisis 119 bâtiments, 52 terrains, 14 sociétés, 12 automobiles, 3 embarcations, biens mobiles et immobiles, pour une valeur d'ensemble de plus de 750 millions d'euros.
Le 11 juillet 1998, les agents de la DDA (Direzione distrettuale antimafia) arrêtent Sandokan Schiavone. Ils le trouvent dans un bunker souterrain sous sa villa, à Casale.
Sandokan n'a jamais bougé de son territoire. Il aura même le temps de mettre au monde deux fils en rendant visite en cachette à sa femme.
L'entrée du refuge de Sandokan est un bloc de pierre blanc monté sur deux rails, parfaitement incorporé au mur. Pour entrer, il faut se mettre à quatre pattes. A l'intérieur du bunker, se trouvaient tous les conforts modernes d'un appartement ; frigidaire plein de glaces, de pastèques et de légumes frais ; un bureau ; un jeu de tubes de peintures à l'huile, pour que Sandokan puisse peindre des portraits d'icônes religieuses, de Mussolini où de Napoléon Bonaparte, personnages qui le fascinait (en effet, Sandokan affirmait être le descendant d'un soldat de Napoléon lorsque celui-ci a conquit le Royaume des Deux-Siciles). Sur certains de ses tableaux, Sandokan Schiavone a dessiné le Christ sur sa croix, en remplaçant le visage de Jésus par le sien. La température de l'appartement souterrain était maintenue grâce à un climatiseur qui produisait un jet d'air frais continu. Sur une paroi du bunker, deux télé-caméras de surveillance qui assurent le contact avec le monde extérieur. A un angle du bunker, une bibliothèque, rempli d'½uvres dédiés à l'empire bourbon, de biographie de Napoléon, copies de l'Iliade et de l'Odyssée, la saga du Roi Arthur.
Le bunker était relié à des passages souterrains qui permettaient l'éventuelle fuite du boss des Casalesi.
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# Posté le jeudi 03 juillet 2008 14:13

Modifié le jeudi 03 juillet 2008 14:59

Les Casalesi: ère moderne

Les Casalesi: ère moderne

Avec Sandokan Schiavone, finissent d'autres capi du clan en prison. C'est un coup dur pour le clan, mais ce n'est pas la fin. Restent encore en liberté les reggenti Aniello et Raffaele Bidognetti, et surtout Michele Zagaria, fugitif depuis 1995 (recherché pour association mafieuse, meurtre, extorsion, vol à main armé, entres autres...) et Antonio "O' Ninno" Iovine, recherché depuis 1996 pour homicide, entres autres.
Michele "Capastorta" Zagaria était jusqu'à 1992-93 un tueur de l'organisation. Il est incarcéré en 91, sort en 1993, puis devient fugitif. L'histoire d'Antonio Iovine est similaire à celle de Zagaria. On dit que son surnom, "O' Ninno" (le gamin) vient du fait qu'il fut le plus jeune tueur de l'expédition à Marano, pour assassiner Ciro Nuvoletta.
Zagaria et Iovine, qui se trouvent sur la liste des recherchés les plus dangereux d'Italie, ont changé leur costume de tueur pour celui d'entrepreneur, qui rapporte bien plus.
Le frère de Michele Zagaria, Pasquale, a toujours été un entrepreneur. Les Zagaria possèdent une miriade d'entreprises de construction, qui opère dans le Casertano, mais aussi en Lombardie, à Milan, où le clan possède des sociétés gérées par des parents où des prête-noms. En province de Caserta, les entreprises des Zagaria sont partout ; le clan fixe le prix du béton, du ciment, de la terre, des matières premières, man½uvre les appels d'offres...
La force entrepreneuriale des Zagaria émerge clairement lors de l'enquête de l'Antimafia, qui, le 22 juin 2006, émet 27 mandats de détention préventive et saisis des biens qui atteignent des millions d'euro, entre la Campanie et l'Emilie-Romagne (région du Nord de l'Italie). L'enquête met en lumière l'infiltration des grands appels publics. Par exemple, la réalisation du centre radio à la base de l'OTAN à Giuliano (Campanie), où encore l'élargissement de la Ferrovia Alifana (voie ferrée qui relie Naples à la région du Matese, province de Caserta).
D'immenses sommes, que les frères Zagaria investiront, par le biais de prête-noms, dans l'immobilier de prestige, à Milan, Parme et dans le Casertano. La valeur estimée de leur patrimoine s'élève à 50 millions d'euros.
Si Francesco Schiavone et Francesco Bidognetti sont les pouvoirs militaires des Casalesi, Antonio Iovine et Michele Zagaria sont les vrais cerveaux entrepreneuriaux du clan. En tant que fugitifs, ils ne se sont probablement pas éloignés du territoire qui réunit Casale, San Cipriano et Casapesenna , où ils peuvent compter sur des dizaines de refuges.
Zagaria et Iovine, ces dernières années, ont redirigé les affaires du clan vers la gestion des appels d'offres, la construction. Michele Zagaria a mis en place une nouvelle règle, et demandent à toutes les entreprises de constructions (y comprit celles des parents et amis) de payer un tribut pour opérer sur le territoire. Une espèce de taxe sur le travail, qui rapporte au clan des sommes importantes qui seront réinvestis. Le concept de libre concurrence a disparu depuis longtemps dans le vocabulaire du Casertano. Tout passe par le clan. Par exemple, en 2004, en enquête de la Préfecture de Caserta, a démontré que les Multinationales Parmalat (entreprise italienne spécialisée dans le domaine des produits laitiers) et Cirio ont traités avec les Casalesi dans le but d'obtenir la majorité du marché en Campanie et d'autres régions Italiennes.
Francesco Schiavone Sandokan, Michele Zagaria et le clan Moccia d'Afragola (Campanie) étaient, en Campanie, les plus importants “associés” de Cirio et Parmalat. Dans tout le Casertano, et dans une bonne partie de la province de Naples, dans tout le Sud du Latium, dans une partie des Marches et des Abruzzes, une partie de la Basilicate (régions Italiennes), le lait distribué par Cirio, puis par Parmalat, avait conquit 90 % du marché. Un résultat obtenu grâce à l'alliance entre la camorra de Casale et les deux entreprises, qui payaient le clan en pot-de-vin pour maintenir une position dominante.
Les diverses entreprises pour la distribution puis la vente du lait étaient contrôlées par les Casalesi. Cirio et Parmalat traitèrent directement avec le beau-frère de Michele Zagaria, recherché depuis une dizaine d'années et lieutenant du clan.
Et quand les distributeurs refusaient d'entrer dans l'arrangement, les Casalesi utilisaient la violence: menaces, extorsions, destructions des camions pour le transport des marchandises.

Le poids économique du clan des Casalesi, à travers des biens immobiliers, des fermes, actions, liquidités, entreprises de constructions, sucreries, activités d'usure, de trafic de drogue et d'armes, écoulement des déchets toxiques, etc., est estimé à environ 30 milliards d'euros par an, pour un profit de 10-15 milliards d'euro. Cette richesse abondante est réinvesti à nouveau ; maisons, voitures, magasins, bars, fermes, entreprises, terrains, etc.
Et une grosse partie des recettes est également recycler par l'achat d'actions cotées en Bourse. Le clan aurait même essayé, par le biais de prête-noms et de l'ex-joueur Giorgio Chinaglia, d'acheter l'équipe de foot de la SS Lazio.
Les papiers dans lesquels les bouchers enveloppent la viande, le café, l'eau, le sucre, les glaces... Tout. Chaque chose qui finit par être consommé est contrôlée par les Casalesi, et pour tout ceci la population paie une majoration. Le clan est présent dans les régions italiennes des Pouilles, Latium, Marches, Emilie-Romagne, Lombardie, Vénétie. Hors de l'Italie, ont été identifié leur présence en Espagne, au Brésil, en Allemagne, en France, en Europe de l'Est, en Ecosse.
Un des secteurs toujours porteur est l'agro-alimentaire. Le cas Italburro a fait parler de lui. Entre 1997 et 1999, plusieurs grands groupes alimentaires français et belges ont acheté des quantités importantes de beurre frelaté à l'Italburro, entreprise contrôlée par les Casalesi. Le beurre était composé d'un mélange de suif de boeuf, de carcasses animales, de produits chimiques, et même d'hydrocarbures. Pas moins de 16 000 tonnes de ce beurre très particulier ont été vendues, surtout en France, mais également en Italie et en Belgique.
Aujourd'hui, les Casalesi entrent dans de nouvelles affaires, au Centre et au Nord de l'Italie. Par exemple, le jeu d'hasard en ligne : roulette, machines à sous électroniques, videopoker. Certaines cosche Siciliennes, comme les Santopaola de Catane, sont déjà insérés dans ce secteur, et les Casalesi profitent de leur savoir.
Le clan des Casalesi infiltre continuellement les marchés économiques mondiaux avec désinvolture, possède des rapports stables avec la Cosa Nostra Sicilienne, la 'Ndrangheta Calabraise, ainsi que d'autres groupes criminelles d'envergure.
Le 2 mai 2008, Umberto Bidognetti, père du repenti Domenico “Bruttaccione” Bidognetti, est touché par douze balles et meurt subitement. Le fils Domenico Bidognetti, avait affirmé peu avant le meurtre que «la camorra est un mal absolu et que les camorristi sont seulement des bouffons. »
Le 15 mai, a été incendiée la fabrique de matelas de Pietro Russo, président de l'association anti-racket de Caserta.
Le 17 mai, Domenico Noviello, le titulaire d'une auto-école à Castel Volturno, est assassiné. Il avait dénoncé une tentative d'extorsion des Casalesi. Le 31 mai, à Villaricca, Francesca Carrino, 25 ans, est gravement touché suite à une tentative de meurtre. Francesca est la nièce d'Anna Carrino, la femme de Francesco Bidognetti, qui a décidé de devenir collaboratrice de justice.
Le 1 juin 2008, est assassiné Michele Orsi, 47 ans, un entrepreneur devenu pentito, lié à Francesco Bidognetti. Orsi a été tué par balles à l'abdomen et la tête, à quelques mètres du “Roxy Bar”, à Casal di Principe. Avec son frère Sergio Orsi, Michele était titulaire de l'ECO4, une société qui gérait le ramassage des ordures dans le Casertano. Orsi connaissait les noms, avait des liens avec la politique nationale. Préalablement, des coups de feu avaient été tirés sur la porte de chez lui.
Tout ces meurtres démontrent que les Casalesi ont déclaré la guerre à “qui parle trop et trahis le clan.”
Le 20 juin 2008, la Cour d'Assise d'Appel de Caserta, dans le cadre du procès Spartacus, a confirmé les condamnations à la prison à vie pour les boss du clan : Francesco "Sandokan" Schiavone, Francesco "Cicciotto 'e Mezzanotte" Bidognetti, les fugitifs Michele Zagaria e Antonio Iovine. Ont été également condamné à la prison à vie Giuseppe Caterino, Mario Caterino (actuellement recherché), Cipriano D'Alessandro, Raffaele Diana (actuellement recherché), Enrico Martinelli, Sebastiano Panaro, Giuseppe Russo, Francesco “Cicciariello” Schiavone, Walter Schiavone, Luigi Venosa, Vincenzo Zagaria et Alfredo Zara.
Parmi le public, ce jour-là, se trouvait l'écrivain Roberto Saviano, entouré de 7 carabiniers d'escorte. Avec l'immense succès de son livre, Gomorra, (vendu à plus d'un million deux cent mille exemplaires en Italie et traduit dans 42 pays) l'auteur a permis de mettre en lumière les affaires camorristes au grand public. Il est sous escorte policière permanente après avoir reçu des menaces de mort.

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# Posté le jeudi 03 juillet 2008 15:00

Modifié le mercredi 01 octobre 2008 18:25

La Villa Scarface

La Villa Scarface
La villa de Walter Schiavone, à Casal di Principe, est un exemple du pouvoir et du délire d'omnipotence des Casalesi. Dans un territoire où la misère côtois la terreur et la violence, où les déchets s'entassent dans les rues, se trouve une luxueuse propriété bunker de 3500 mètres carré, entourée de mur d'enceintes de cinq mètre de haut.
A Casale, cette propriété est connue sous le nom d'Hollywood. Cette villa apparaît comme le délire d'un mégalomane, d'un boss inconnu en dehors des limites de Casale, mais qui aime jouer à l'acteur. Walter Schiavone aimait s'imaginer à Hollywood, dans la peau d'Al Pacino. Il portait les mêmes vêtements que ceux de Tony Montana, s'entourait d'une horde de gardes du corps lorsqu'il assistait aux réunions avec les autres boss.
Il demanda à l'architecte qui construisit sa demeure de copier la villa du narcotrafiquant Cubain Tony Montana, dans le film Scarface, à partir d'une cassette vidéo.
L'entrée en marbre, les colonnes en marbre, les doubles escaliers qui conduisent à l'étage supérieur, la piscine intérieure surmonté d'une statue de Vénus, le garage rempli de voitures de luxe, la piscine extérieure entourée de palmiers, un lac artificiel. Tout comme dans Scarface.
Au premier étage, se trouvent des pièces immenses, avec une baignoire dans chacune d'elle. La baignoire préférée du boss était construite dans le salon au second étage. Pour y accéder, trois marches. Une tête de lion dorée faisait rugir l'eau. La baignoire était positionnée derrière une fenêtre qui donnait directement sur le jardin de la villa.
Walter Schiavone, pendant qu'il était recherché, n'a jamais bougé de sa villa. Quand la police l'a arrêté, presque par accident, Walter essaya de s'enfuir par un des murs d'enceinte, comme un simple voleur de poules. Une arrestation humiliante pour le boss qui pensait être un acteur.
Après l'arrestation, la villa est saisie, mais pendant près de six ans personne n'en a réellement prit possession. Walter ordonne alors à ses hommes de retirer tout ce qui avait de la valeur. Il fit enlever les portes, les fenêtres, les parquets, le marbre des escaliers, les lampadaires, les céramiques des baignoires, les rampes d'escaliers en bois massif, etc. Il ordonne à ses hommes de remplir la maison de pneus et de les brûler, pour abimer et noircir les murs, pour que plus personne ne profite de la villa.
Cependant, la villa, après des travaux, deviendra un centre sportif de réhabilitation pour handicapés physiques.

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 15:04

Modifié le lundi 20 octobre 2008 16:21

Gus Farace

Gus Farace
Costabile "Gus" Farace Jr. (21 Juin 1960-17 Novembre 1989) était un associé de la famille Bonnano, qui a fait la une des journaux en 1989 après avoir tué un agent fédéral de la DEA (Drug Enforcement Agency) en infiltration à Staten Island, New York.
Farace a grandi à Staten Island, où son père, Costabile "Gus" Farace Sr. (1935-1987), avait une petite épicerie dans le quartier de Great Kills.
Le matin du 8 octobre 1979, Farace et trois de ses amis (Robert DeLicio, David Spoto et Mark Granato, le cousin de Farace) ont été accostés par deux hommes noirs, deux prostitués homosexuels, qui leurs proposèrent leurs services, alors que les quatre amis marchaient dans les rues de Greenwich Village, Manhattan. Enragés par une telle sollicitation, Farace et ses amis ont enlevé les deux prostitués et les ont forcés à entrer dans leurs voitures, garée pas loin. Ils les ont alors conduit jusqu'à Wolfe's Pond Park, à Staten Island (un parc pas loin d'où Farace and Granato résidaient à l'époque), et passèrent les heures suivantes à tabasser et poignarder leurs victimes, les laissant pour mort. En fait juste l'un d'entre eux, Steven Charles, 17 ans, mourra à la suite de ses blessures; l'autre, Thomas Moore, 16 ans, grièvement blessé mais toujours vivant, demanda de l'aide chez une résidence voisine, et signala son agression à la police. Le même jour les quatre suspects furent arrêtés et identifié par Moore les quatre jours suivants. Le 10 décembre 1979, Farace plaida immédiatement coupable pour homicide volontaire et reçu une peine pouvant aller de 7 à 21 ans de prison.
Farace fut libéré sur parole le 3 Juin 1988, et commença à vendre de la cocaïne et de la marijuana pour Gerald Chilli, un capo réputé de la famille Bonanno. En février 1989 un deal de cocaïne fut arrangé par un agent de la DEA, Everett Hatcher, qui voulait infiltrer le crew de Chilli. Vers 22 heures, le 28 février 1989, Farace devait rencontrer Hatcher près de l'autoroute West Shore à Pleasant Plains, Staten Island, afin d'arranger le deal, mais à la place, Farace, par la fenêtre du minivan dans lequel il se trouvait, tira trois balles sur Hatcher, causant sa mort, alors que celui-ci était dans sa voiture, garée sur le bord de la route. Farace pensait qu'Hatcher était une balance. Le minivan utilisé lors du meurtre fut trouvé trois jours plus tard, à peu près à 3 kilomètres du lieu où Hatcher est mort.
Une chasse à l'homme nationale commenca, et Farace devint un des homme les plus recherché sur la liste du FBI, et en même temps les autorités locales et fédérales mirent la pression sur les affaires des supérieurs de Farace, espérant qu'ils leurs livreraient "Gus".
Le 15 août 1989, l'épouse de Farace, Antoinette Acierno, a donné naissance au premier enfant du couple, dont le nom de baptême était à l'origine Anthony Gus Farace mais a été légalement changé par sa mère en Anthony Carlo Acierno le 15 avril 1993. Les forces de l'ordre espéraient que Farace essayerait de voir l'enfant, mais ceci ne s'est pas produit.
À 23 h 08, le 17 novembre 1989, le 911 (les secours) a reçu un appel venant d'une voiture garée à Bensonhurst, Brooklyn, contenant deux occupants masculins, qui venaient juste d'être victimes d'une fusillade. La police s'est précipitée sur les lieux, et a en effet trouvé deux occupants, l'un d'eux étant mort, l'autre sérieusement blessé. L'homme mort était Farace, qui était sur le siège de passager, il a reçu neuf balles d'un minivan mobile qui se trouvait à côté de la voiture, selon des témoins dans le voisinage. Les tueurs de Costabile "Gus" Farace seront identifiés plusieurs années plus tard comme étant James"Froggy"Galione, Mario Gallo et Louis Tuzzio.
L'Archidiocèse catholique de New York a refusé d'accorder à Farace une messe funèbre publique, citant les circonstances notoires entourant sa vie et la mort, mais a permis l'enterrement au Cemetery of the Resurrection, Staten Island, dans les environs du lieu où Everett Hatcher s'est fait tué.
Un téléfilm sur Farace, intitulé "mob justice" (la loi de la mafia), a été diffusé en 1991 aux états-unis. L'acteur Tony Danza joue le rôle de Costabile "Gus" Farace et Samuel L. Jackson joue le rôle d' Everett Hatcher.

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# Posté le jeudi 03 juillet 2008 20:17

Modifié le vendredi 04 juillet 2008 17:20