Arrestation de membres de la Famille Colombo

Arrestation de membres de la Famille Colombo
BROOKLYN, New York –Le 4 juin 2008, le FBI arrêta 12 membres de la Famille Colombo-Parmis eux, Thomas “Tommy Shots” Gioeli, l'acting boss, et Dino “Big Dino” Calabro, capo des Colombo. Est également nommé dans l'acte d'accusation John “Sonny” Franzese, l'underboss de la Famille, déjà en prison. Les mafiosi sont accusés d'extorsion, de trafic de drogue, vol à main armé, usure, ainsi que d'avoir commis quatre meurtres.
Les accusations sont le fruit d'une enquête de trois ans sur les activités de la Famille Colombo, et inclus des meurtres ayant eu lieu il y a une dizaine d'années, et d'autres activités plus récentes. Les preuves relatant les accusations ont été accumulées par des centaines d'heures de conversations, et des collaborateurs de justice. Les accusés sont Thomas Gioeli, 55 ans; John “Sonny” Franzese, 89 ans; Dino Calabro, 41 ans; Michael Catapano, 42 ans; Frank Campione, 65 ans; Joseph “ Joey Caves” Competiello; 36 ans; Joseph Digorga, 67 ans; Orlando "Ori" Spado, 63 ans; Angelo Giangrande, 55 ans; John Capolino, 39 ans; Nicholas Bova, 31 ans; and Christopher Curanovic, 26 ans.

Les accusations:

Le meurtre de Carlos Pagan-

Le capo Dino Calabro est accusé du vol à main armée d'un fourgon blindé, et du meurtre de Carlo Pagan, un agent chargé de transporter l'argent à un établissement financier de Brooklyn. Les faits ont eu lieu le 9 Janvier 1992.

Les meurtres de John Minerva et Michael Imbergamo-

Tommy Shots Gioeli et Big Dino Calabro sont accusé du double meurtre de John Minerva, soldat de la Famille Colombo, et Michael Imbergamo, un de ses amis, qui eu lieu le 25 mars 1992. Minerva fut assassiné par Gioeli et son crew, alors qu'il se trouvait dans sa voiture à North Massapequa, Long Island. Imbergamo, initialement, ne devait pas mourir, mais a été tué car il se trouvait avec Minerva. A l'époque, une guerre interne avait éclaté entre deux factions rivales des Colombo, celle fidèle au boss emprisonné Carmine "Junior" Persico et à son fils Alphonse "Little Allie Boy" Persico, et l'autre fidèle à Vittorio "Little Vic" Orena. En 1991, Carmine Persico, alors en prison à vie, ordonna à Vic Orena, qui occupait le poste d'acting boss, de se destituer pour laisser la place à son fils Allie Persico, qui allait bientôt sortir de prison. Ceci marqua le début du conflit. Gioeli était du côté des Persico, alors que Minerva supportait Orena. Les capi des Colombo Joseph “JoJo” Russo et Anthony “Chucky” Russo, ainsi que le soldat Joseph Monteleone furent déjà jugés coupables d'avoir participé à ce double meurtre.

Le meurtre de Frank Marasa-

Thomas Gioeli et Dino Calabro, en compagnie du soldat Joseph “ Joey Caves” Competiello sont accusé du meurtre de Frank Marasa. Le 12 juin 1991. Mavara reçu plusieurs balles, devant sa maison de Brooklyn. Il a été tué car il avait été impliqué dans le meurtre d'un associé des Colombo.

Braquage de Furs by Mina-

Tommy Gioeli, Dino Calabro et le soldat Joey Competiello sont accusés d'avoir participé au braquage d'un magasin de manteaux en fourrures, nommé "Furs by Mina", Le 11 février 1991.
Gioeli, Calabro et un de leurs associés entrèrent dans Furs by Mina, se faisait passer pour un père et deux de ses fils souhaitant acheter une fourrure pour la Saint-Valentin.
Une fois à l'intérieur, ils sortirent des armes à feux, menottèrent le propriétaire du magasin et son fils, et leur ordonnèrent de se mettre à terre. Pendant ce temps, Competiello et d'autres gangsters remplirent de fourrures des sacs poubelles, et emmenèrent le tout.

Extortion-

1. Cujini Due Pizzeria

En 2003, le capo Michael Catapano et l'associé Joseph DiGorga sont accusés d'avoir extorqué deux des propriétaires du restaurant "Cujini Due Pizzeria", situé à Albertson, New York. Un des accusés, Angelo Giangrande – un associé de la Famille Colombo, qui gérait la pizzeria avec les deux autres propriétaires (qui sont frères) - paya 30 000 dollars à Catapano, afin qu'il use de son « influence mafieuse » pour persuader les deux propriétaires à vendre leur parts, pour que Giangrande puisse les racheter à bas prix et rouvrir l'affaire sous un autre nom.
Après cela, Catapano, DiGorga, avec John "Sonny" Franzese, se mirent d'accord pour extorquer les deux frères, un accord qui fut enregistré sur bande audio par un informateur secret, en 2005. Lors d'une conversation avec Frank "Franky Camp" Campione, un associé de la Famille, Catapano déclara comment il s'y prit pour forcer un des frères à vendre la pizzeria : « Un jour, je l'ai maltraité, sur le putain de parking. »
Plus tard dans la conversation, Catapano expliqua comment il menaça le second frère en lui rendant visite dans un salon de coiffure que ce frère dirigeait, alors que celui-ci était en train de coiffer une vieille dame. Il expliqua que le frère signa directement le contrat de vente de la pizzeria.

2. Beauty by Andre

En 2005, Michael Catapano et d'autres gangsters extorquèrent le copropriétaire d'une station thermale nommée "Beauty by Andre" à West Hollywood, Californie.
Durant des enregistrements faits par un informateur, entre mars et mai 2005, Catapano déclara avoir forcé un des copropriétaires de la station thermale dans le but d'obtenir des paiements de la part d'un autre dirigeant de la station, en évoquant des actes de violences éventuels en cas de refus. Par exemple, en mars 2005, Catapano ordonna à un de ses hommes, lors d'une conversation enregistrée, « après qu'on ait eu les 50% de l'affaire plus notre argent, défonce-lui la gueule quand même. »

3. John Doe #2

Entre Janvier 2003 et Mars 2006, Catapano et l'associé John Capolino collectèrent des paiements usuriers de la part d'un individu appelé, dans l'acte d'accusation, “John Doe #2”.
John Doe #2 avait initialement emprunté de l'argent à taux usuraire à Mike "The Butcher" Virtuoso, soldat de la Famille Bonanno, qu'il rencontra par l'intermédiaire de Capolino en 2003. John Doe #2 devait payer 4% d'intérêts par semaine à Virtuoso. Les paiements de John Doe #2 étaient collectés par John Capolino, qui à son tour demandait à John Doe #2 son tour un intérêt d'un point (1%).
Capolino lui-même avait des dettes envers Virtuoso, et, ayant du mal à le payer, s'était arrangé avec "The Butcher" pour récolter les paiements de John Doe #2 à sa place.

Vol à main armée-

Entre Janvier et Mai 2006, les associés des Colombo, Orlando "Ori" Spado et Christopher Curanovic, avec des complices, conspirèrent dans le but de voler un trafiquant de drogue de Los Angeles, Californie. Curanovic et un co-conspirateur s'envolèrent vers Los Angeles le 18 mai 2008, où ils rencontrèrent Spado, dans sa résidence californienne, pour discuter du vol. Spado affirma à Curanovic que dans la résidence du dealer était planqué des millions de dollars en cash. Le lendemain, Curanovic et son co-conspirateur se rendirent jusqu'à la résidence du trafiquant de drogue dans une Cadillac Escalade louée, portant sur eux des tee-shirts et des casquettes où il était inscrit DEA (Drug Enforcement Agency), accompagné d'un faux mandat d'arrêt.
Curanovic portait sur lui une arme à feu que Spado lui avait fourni. Quand il arrivèrent à la résidence en question, Curanovic et son complice se présentèrent comme étant des agents de la DEA, et affirmèrent qu'ils avaient en leur possession un mandat d'arrêt. Une fois à l'intérieur, Curanovic et son co-conspirateur essayèrent de retenir une femme qui se débattait. Curanovic donna des coups de crosse de pistolet à cette femme.
Curanovic et son complice partirent, après avoir cherché le cash, directement à l'aéroport où ils embarquèrent pour un vol en direction de New York.
Le 26 Juillet 2006, durant une conversation enregistré par un informateur, Curanovic admit son rôle et celui de Spado dans le cambriolage, y comprit l'usage du pistolet pour tabasser la femme à coup de crosse.

Distribution de Marijuana-

Entre juillet 2005 et juillet 2006, Michael Catapano et Nicholas Bova, associé des Colombo, se sont livré à du trafic de marijuana. Des conversations enregistrées, des témoignages d'informateur, démontrent que Catapano a fournit l'argent à Bova pour que celui-ci puisse mettre en place une affaire de trafic de marijuana. Bova faisait pousser lui-même la marijuana. Des interceptions faites en 2006 sur un téléphone portable utilisé par Catapano, rélèvent une discussion entre Catapano et Bova sur leur opération.
En Avril 2006, Bova – en language codé – appela Catapano pour lui dire que les « ordinateurs » étaient prêts; que les « brochures » étaient encore « humides » ; et que les « pamphlets qui avaient été imprimés » devaient être « coupés » pour être envoyés aux « clients ».
Dans un appel intercepté en mai 2006, Bova déclara à Catapano qu'il aurait un paquet pour lui ce vendredi. Bova ajouta qu'il y en avait pour plus de 7000 dollars et que les « brochures étaient bonnes, » mais que « le manque de place au bureau » devenait un problème.

Distribution de Cocaine-

Entre mai et juillet 2006, Michael Catapano et Orlando "Ori" Spado conspirèrent d'effectuer un trafic de drogue de plus de 50 kilogrammes de cocaïne.
Dans une série d'enregistrements téléphoniques en mai 2006, Spado et un informateur secret s'arrangèrent pour que les 50 kg que Spado obtiendrait par ses contacts en Californie soient transportés par l'informateur jusqu'à New York dans un véhicule spécialement équipé.
Après que l'informateur eu informé le Michael Catapano de l'offre de Spado, celui-ci ordonna à l'informateur d'en apprendre plus à propos de l'affaire de Spado, et ajouta que la Famille Colombo s'attendrai à ce que Spado leur donne une partie de ses profits.
Quelques jours plus tard, l'informateur et Spado se rencontrèrent pour discuter des détails de l'affaire de Spado.
En Juin 2006, l'informateur, équipé d'un micro du FBI, rencontra Catapano et l'informa qu'ils recevraient 25 000 dollars pour avoir fourni le véhicule spécialement équipé à Spado. Catapano expliqua alors qu'il fallait donner 5000 dollars à Sonny Franzese, l'underboss, et se partager à eux deux les 20 000 dollars restant.
En juin 2006, Spado et l'informateur rencontrèrent deux contacts de Spado à Los Angeles, Californie, et discutèrent de l'achat de 50 kilos de cocaïne.
Fin Juin 2006, Spado dit à l'informateur que ses contacts étaient venus à la résidence de Spado avec 20 kilos de coke, mais que Spado avait refusé de garder la drogue en attendant l'arrivée du véhicule de New York.
Plus tard, quand l'informateur appela Spado pour lui dire que le chauffeur était prêt pour aller à Los Angeles, Spado l'informa que les deux dealers avaient déjà vendu la cocaïne. L'informateur demanda alors à Spado de garder la coke la prochaine fois que ses contacts venaient avec la drogue.
En Juillet 2006, Spado informa une nouvelle fois qu'il pouvait obtenir 50 kilos de cocaïne par ses contacts.
Dans une conversation enregistrée, Spado assura à l'informateur: « La situation me parait très bonne. Ça va arriver. C'est juste que ça n'arrive pas dans le timing qu'on avait prévu... On doit juste attendre qu'ils reviennent de Mexico et, tu sais, de se re, re-fournir, heu, l'endroit où ils doivent se re-fournir est là-bas. »

S'ils sont jugés coupables, Tommy Gioeli, Dino Calabro, Joseph “ Joey Caves” Competiello, Orlando Spado, et Christopher Curanovic risquent la prison à vie. Michael Catapano risque 40 ans d'emprisonnement, et John “Sonny” Franzese, Frank Campione, Joseph DiGorga, Angelo Giangrande, et John Capolino risquent 20 ans d'incarcération. Nicholas Bova risque 5 ans.

# Posté le lundi 07 juillet 2008 08:28

Modifié le dimanche 20 juillet 2008 10:21

Pizzo sur l'eau, l'électricité et le gaz pour les habitants du Zen

Pizzo sur l'eau, l'électricité et le gaz pour les habitants du Zen
Au Zen, quartier de Palerme, la mafia s'est transformée en entreprise de distribution de l'eau, de l'électricité et du gaz. Dans cet immense quartier défavorisé, qui compte à peu prêt 16 000 personnes, ce sont les parrains qui dictent les lois et fournissent les services essentiels. Les “fonctionnaires” de Cosa Nostra sont connus de tous, et ils parcourent les appartements pour récolter les “taxes mafieuses”, entre 10 et 25 euros par mois. Pour l'eau, l'électricité et le gaz. Et la personne qui refuse, reste sans ces services. La coupure est immédiate, et c'est le fonctionnaire de la Mafia qui s'en charge.
« Au Zen c'est la norme – a expliqué le pentito Raimondo Gagliardo – dans le quartier il y a seulement trois pavillons qui payent les taxes au logement, le reste, tout est squatté. »
Les mafiosi se ventent de gérer ces services avec une efficacité supérieur aux services officiels: «Chaque pavillon a sa propre responsabilité – a révélé le pentito Francesco Lo Nardo- ils ont des blocs-notes et signalent chaque paiement. Moi aussi, avant de connaître Carmelo Militano, je payais 30 000 lires par mois (à peu près 15 euros) par mois, que je n'ai plus payés ensuite, en raison de mon amitié avec Militano. C'est lui-même qui m'affirma que cet argent, pour eux, était comme une rente fixe. Celui qui récoltait l'argent avait même un salaire: deux millions de lires par mois (1 033 euros par mois)». Et si l'Enel (Ente Nazionale per l'Energia Elettrica, la société nationale italienne d'électricité, principal producteur d'énergie électrique du pays) veut rétablir la légalité, elle aura beaucoup de mal: le quartier est sous le contrôle total de la Mafia. Ainsi, le parrain le plus puissant de Palerme, Salvatore Lo Piccolo, s'est construit son propre Etat. Celui-ci fut arrêté en Janvier 2008.

# Posté le mardi 08 juillet 2008 18:54

Modifié le mercredi 09 juillet 2008 07:48

La Camorra distribuait des articles contrefaits en Amérique

La Camorra distribuait des articles contrefaits en Amérique
Une bande de criminels liée à la Camorra distribuait des articles contrefaits dans la région de New York, du Connecticut et du New Jersey. Ces articles, généralement des vêtements ou des produits électroniques, étaient vendus dans la rue, par des vendeurs ambulants, soit sur des marchés aux puces, ou alors sur Internet, disent les autorités. La bande appartenait au clan Licciardi, de Secondigliano, un des clans les plus puissants de la Camorra Napolitaine.
Le réseau était dirigé par Giovanni DeMaio, 58 ans, habitant de Cliffside Park, New Jersey. Les articles contrefaits (caméras vidéo, des mp3, vêtements) étaient importés par l'entreprise de DeMaio, LaPalma Imports.
Le groupe de criminels, une douzaine de personnes, avait été envoyé de Naples par le clan Licciardi. Les enquêtes commencèrent il y a sept mois quand les détectives apprirent que DeMaio était impliqué dans la contrefaçon.

Le 10 juillet 2008, les autorités américaines, armés de mandats, fouillèrent la maison de DeMaio, l'entrepôt de son entreprise à North Bergen (New Jersey) et une maison à Palisades Park où beaucoup des membres impliqués dans le réseau de contrefaçon vivaient.

En cherchant de la marchandise contrefaite, les enquêteurs découvrirent deux armes de poing semi-automatiques, des silencieux pour les armes, deux revolvers, un fusil à pompe, des menottes, des explosifs, et un déguisement (un chapeau sur lequel était cousue une perruque.)
Des centaines d'articles contrefaits, parmis lesquels des faux Ipod Apple, furent retrouvés dans l'entrepôt.
Une bonne partie des profits de l'opération étaient envoyés aux boss à Naples.

DeMaio est accusé de contrefaçon, possession illégale d'armes à feux, d'explosif, de balles à pointes creuses (dum-dum).
Ciro Zuppardi, 44 ans, de Palisades Park, fut également arrêté le 10 juillet et est accusé de contrefaçon de marques.
L'après-midi du mercredi 16 Juillet 2008, DeMaio plaida non-coupable des charges qui lui sont reprochées.

# Posté le mercredi 16 juillet 2008 20:27

Modifié le mercredi 16 juillet 2008 20:41

Le Massacre de la San Gennaro

Le Massacre de la San Gennaro
Le soir du 18 Septembre 2008, à Baia Verde, en Campanie, des tueurs criblèrent d'une vingtaine de balles le corps d'Antonio Celiento, 53 ans, propriétaire d'une salle de jeux (jeux vidéo, vidéo-poker), et un affilié au clan Schiavone. Celiento avait déjà été condamné pour vol et braquage.
Une vingtaine de minutes plus tard, non loin de là, à Castel Volturno, devant le restaurant "Add 'U Totore ", situé à côté du magasin de vêtements africains "Ob Ob Exotic Fashion " les mêmes tueurs tirèrent 130 balles, armés de Kalachnikovs, sur un groupe d'africains. Resteront à terre trois Ghanéens, deux libériens et un togolais. Les africains étaient apparemment des trafiquants de drogue pour la Camorra, qui auraient décidés de devenir « indépendants ».

S'ensuivent des moments de forte tension, où une foule d'africains manifestent violemment leur mécontentement, en retournant des voitures, en lançant des pierres sur les forces de l'ordre et en criant «italiani tutti bastardi». Certains collaborent avec la justice, déclarant avoir vu une voiture avec une sirène, et les tueurs habillés en carabiniers.
La tension monte également pour les Italiens de Castel Volturno, qui « veulent que l'Etat leur débarrasse des noirs, où ils y pensent eux-mêmes, à coups de pieds aux culs. »

Le 22 Septembre, Alfonso Cesarano, 29 ans, un des tueurs du massacre de Castel Volturno, est arrêté par la police, chez ses parents, à Baia Verde.
Le 23 septembre 2008, Roberto Maroni, le ministre de l'Intérieur Italien, envoie 500 militaires dans le Casertano pour lutter contre l'urgence criminelle du territoire.

Le 30 septembre 2008, 107 mandats d'arrêts furent délivrés contre le clan des Casalesi (une trentaine de personnes furent arrêtés, la grande partie des autres accusés étaient déjà en prison) et des biens d'une valeur de plus de 100 millions d'euros appartenant au clan furent saisis.
Un coup dur au clan des Casalesi. Un coup dur à la famille Schiavone et un coup dur aux nouveaux boss cocaïnomanes. D'une part, la partie financière des Casalesi, le clan/entreprise, qui gère des milliards d'euros et organise les salaires des affiliés et des familles des membres incarcérés ; de l'autre côté, la base de l'organisation, les killers du Massacre de la San Gennaro à Castelvolturno, ce commando qui tira, à l'aide de Kalachnikovs, 130 balles sur les africains.
Trois des tueurs du 18 septembre, Alessandro "'O Sergente" Cirillo, Oreste Spagnuolo, et Giovanni "'O Zuoppo" Letizia, ont été arrêtés. Ils sont tous les trois très dangereux, car consomment de la cocaïne. Ils sont d'anciens fidèles de la faction du boss Francesco “Cicciotto 'e Mezzanotte” Bidognetti, dissoute après la collaboration avec la justice de Domenico, le cousin du boss “Cicciotto 'e Mezzanotte”, et de la femme de celui-ci, Anna Carrino. Les ex-Bidognettiani auraient commencé à demander le pizzo aux commerçants et aux entrepreneurs de Castel Volturno, pour leur compte, en hiver 2008.

Alessandro Cirillo, qui pèse plus de 100 kilos, était recherché depuis 1994. Oreste Spagnuolo, est considéré comme un des tueurs les plus habiles des ex-Bidognettiani. Giovanni Letizia est considéré comme un bon chauffeur, et il est suspecté d'avoir conduit la voiture pendant le massacre du 18 septembre.

Il reste Giuseppe Setola, qui est encore latitante (fugitif). Cirillo, Spagnuolo et Letizia se cachaient dans des petites villas à Licola, au bord du littoral domiziano, où ils vivaient avec leur femmes et enfants. Giovanni Letizia et Alessandro Cirillo vivaient dans la même villa, alors que Spagnuolo vivait dans une villa du même type, proche de l'autre. Dans ces villa, les assassins possédaient un véritable arsenal ; sept pistolets, deux mitraillettes, un fusil à pompe, des munitions. Furent également trouvés des uniformes de carabiniers, des perruques, mais aussi des vêtements éparpillés, une table à repasser, des vivres, des boissons, et d'autres objets de la vie quotidienne, tel qu'un plat de langoustes, commandé au restaurant, non consommé, dans son conteneur en aluminium. Cirillo, Spagnuolo et Letizia étaient là depuis fin juillet, disent les voisins, qui n'imaginaient pas vivre à côté de dangereux assassins.
« Maronna mia ! On l'aurait su plus tôt, on seraient partis avant. »

Dans les poubelles, les carabiniers retrouvèrent une copie du Corriere di Caserta, un journal local, qui parlaient de deux carabiniers morts dans une course-poursuite, et des morceaux de papiers écrits à la main et déchirés. Après une reconstitution, les carabiniers se rendirent compte que ces papiers révélaient les projets d'expansion des camorristi, en termes d'extorsions sur des commerçants et des entrepreneurs, au Nord de Caserta et dans le bas Latium, territoire traditionnel d'autres clans (les La Torre de Mondragone, les Muzzoni...)
Dans les garages, furent trouvées des fausses sirènes de police, des panneaux de circulation, des voitures et des motos volées, retapées, comme celles qui ont servie pour tuer les six africains.

Les trois tueurs, lorsqu'ils furent arrêtés n'opposèrent aucune résistance. Ils se retrouvèrent menottés et entourés de carabiniers devant les caméras de télévisions, se mirent à sourirent, à prendre des airs fiers. Deux d'entre eux, Cirillo et Spagnuolo, sont considérés comme avoir été parmi le commando d'exécuteurs, dans la nuit du 18 au 19 septembre, qui tua Antonio Celiento et les six immigrés africains. Mais le groupe est aussi suspecté responsable des meurtres : d'Umberto Bidognetti, père du pentito (repenti) Domenico “Bruttaccione” Bidognetti; de Francesca Carrino, la nièce de la pentita Anna Carrino ; les entrepreneurs Domenico Noviello, Michele Orsi et Raffaele Granata ; deux dealers de drogue Albanais, Ziber Dani et Arthur Kazani. Ils sont également suspectés d'avoir tiré sur la maison où vivait, avec sa famille, Teddy Egonwman, un nigérien qui s'opposait au trafic de prostitués de couleur. Ils firent cinq blessés durant cette attaque.
Leur stratégie était de semer la terreur. Ils décidèrent de tuer tous ceux qui tentaient de collaborer avec la justice où de s'opposer à leur pouvoir.

Fut également arrêtée Giuseppina Nappa, la femme de Francesco “Sandokan” Schiavone, le boss incontesté du clan, malgré son incarcération depuis 1998. Nappa est accusé d'avoir reçu le salaire réservé aux proches des membres incarcérés. Lorsque les carabiniers l'ont arrêtée, celle-ci aurait déclaré « Qu'est-ce que vous croyez, que maintenant vous avez sauvé l'Italie? »
L'avocat Mario Natale, un des “criminels en col blanc” du clan, et Vincenzo "Copertone" Schiavone, considéré comme le comptable de l'organisation, fut également arrêté. Schiavone est surnommé "Copertone" (“Pneu” en Italien) pour son habitude de faire disparaître les cadavres dans les flammes alimentées par des pneus incendiés. Les carabiniers confisquèrent à "Copertone" un ordinateur qui contenait une série impressionnante de données sur les extorsions, les salaires versés aux affiliés du clan, aux veuves et aux familles des détenus.
Les biens saisis furent surtout des entreprises, (en particulier d'élevage de bufflonnes, de production du lait), une bijouterie, deux installations de distributions de carburants, terrains, écuries, immobilier, voitures, etc.

Le 5 Octobre 2008, les Casalesi prouvèrent qu'ils étaient encore les chefs sur leur territoire, malgré la présence de 500 militaires dans la région de Casal di Principe, en assassinant Stanislao Cantelli, 60 ans, alors que celui-ci jouait aux cartes avec des amis. Cantelli fut assassiné à coup de pistolet de Calibre 9. Il avait un casier judiciaire vierge. Sa seule faute était d'être l'oncle de Luigi Diana, un membre du clan devenu collaborateur de justice.

Les deux boss actuels qui ont le plus de poids dans le clan des Casalesi sont Antonio "'O Ninno" Iovine et Michele "Capastorta" Zagaria, tous deux fugitifs depuis 13 ans. Ils figurent sur la liste des 30 fugitifs les plus recherchés d'Italie.

# Posté le mercredi 01 octobre 2008 21:49

Modifié le mardi 09 décembre 2008 18:59

Anthony "Tumac" Accetturo

Anthony "Tumac" Accetturo
Anthony "Tumac" Accetturo (né en 1938) est un ancien capo de la Famille Lucchese, à la tête de la faction du New Jersey. Son respect des règles de la Mafia et son talent de criminel firent de lui un membre de haut rang des Lucchese, et un multimillionnaire.

Tony Accetturo est né dans une famille de six enfants. Ses parents étaient des immigrés Siciliens. Accetturo grandi dans les années 1940 et 50 à Orange, une banlieue ouvrière et miteuse de Newark, New Jersey. Son père, Angelo, était un boucher et le propriétaire de sa propre affaire, Accetturo's Meat Market. Angelo essayait de transmettre son métier à Anthony, mais celui-ci préférait exercer son talent dans les salles de billard. "Tumac" n'était pas intéressé par l'éducation, et faisait régulièrement l'école buissonnière. Il quitta définitivement l'école à 16 ans, avec l'autorisation de ses parents. C'est alors qu'il fut envoyé chez de la famille à Newark, où il devint membre d'un gang de rue Italo-américain, composé d'une cinquantaine de jeunes voyous. C'est au sein de ce gang que Tony Accetturo forgea une réputation de bagarreur impitoyable, lorsqu'il tabassa à coup de béquille et assomma le membre d'un gang adverse. C'est à ce moment-là qu'il fut surnommé "Tumac". Le surnom venait d'un film de 1940, "One Million B.C", où l'acteur Victor Mature interprète le héros du film, Tumac, un homme des cavernes courageux et rude. Accetturo était très fier de ce surnom, et l'adopta pour toute sa vie.

Quand il ne se battait pas, Accetturo, avec d'autres jeunes, se procurait de l'argent en vandalisant des juke-boxes et des distributeurs automatiques de cigarettes, et en y volant les pièces. Ces vols à répétition commencèrent à déranger les commerçants du quartier, et aussi (et surtout) le caïd local, Anthony "Ham" Delasco.
Delasco, un ancien boxeur professionnel, convoqua les adolescents pour une leçon disciplinaire. Accetturo savait que Delasco était un homme important. Les gens du quartier lui accordaient un profond respect.
« Ces machines m'appartiennent » dit Delasco, menaçant, « et je veux que ces conneries cessent ! »
Delasco vit le potentiel en ce jeune voyou de 17 ans qu'était Accetturo, et lui donna un travail, payé 75 dollars per semaine. "Tumac" devait assister Delasco dans son affaire de "numbers" (une sorte de lotterie illégale), et utiliser ses muscles pour collecter les dettes d'usure et les paiements, pour le compte de Delasco.
Delasco forma Accetturo aux règles de la Mafia. Un jour, par exemple, Accetturo trainait dans le quartier avec ses amis, quand Delasco ordonna à Accetturo « Va me chercher une glace. »
Accetturo, embarrassé, savait qu'il serait rabaissé par ses amis s'il se comportait comme un serviteur. Mais il comprit que Delasco testait son obéissance, et parti acheter une glace à son boss.
« Je savait que si je voulait rester avec Ham et apprendre, il devait avoir un contrôle absolu sur moi, » expliqua Accetturo. « Il devait me casser, et j'ai encaissé. »

Accetturo devint un des préférés de Delasco, et d'autres mafiosi qui remplacèrent Delasco après sa mort, à la fin des années 60. La seule erreur d'Accetturo en tant qu'apprenti mafioso, fut lorsqu'il remit à Joe Abate, son capo, un paquet rempli d'argent liquide (le tribut mensuel de la faction de Newark). Abate était une figure très respecté dans la Mafia, ayant été un des flingueurs d'Al Capone dans les années 20, lorsque Capone régnait à Chicago. Abate attendait l'argent assis dans sa voiture, garée. Impatient de gagner la confiance d'Abate, qu'il n'avait pas encore rencontré, Accetturo remarqua combien il était honoré d'être en la présence d'Abate. Froidement, Abate ordonna à "Tumac" de sortir de la voiture, puis s'en alla. Trois heures plus tard, Accetturo fut sévèrement réprimé par un mafieux plus âgé que lui, Lenny Pizzolata, qu'Abate avait précédemment appelé au téléphone.
« Putain, qui t'a dit de commencer une conversation avec Joe Abate ? » cria Pizzolata. « Si tu veux rester en vie, ne mentionne jamais son nom, et parle seulement quand on te parle. »

A part cette seule erreur, durant les années 1950 et 60, Accetturo avança sans problème au sein des Lucchese. Il montra de quoi il était capable à la fin des années 60, quand la population Afro-américaine de Newark augmenta brusquement, et que les criminels noirs commencèrent à prendre de force des affaires de "numbers" aux gangsters blancs.
Supporté par Accetturo et son gang de voyous armés, la faction des Lucchese garda son business de "numbers." La police détermina qu'Accetturo écrasa des tentatives d'intrusions du territoire des Lucchese par un gang de militants des Black Panthers. Bien qu'aucunes accusations d'homicide ne fussent apportées, Accetturo est fortement suspecté par la police d'être responsable de plusieurs meurtres, commit dans le but de maintenir la domination de la Mafia sur ces territoires.

En 1976, Abate sponsorisa Accetturo pour qu'il devienne un soldat des Lucchese. Antonio "Tony Ducks" Corallo, le boss des Lucchese, fit de lui un soldat en juin 1976. Accetturo déclara que devenir un made man, un membre à part entière de la Famille Lucchese, était « le plus grand honneur de sa vie. »
En 1979, Joe Abate, âgé de 77 ans, se mit en semi-retirement de la vie mafieuse. Tony "Ducks" Corallo fit d'Accetturo le nouveau caporegime du crew du New Jersey, promouvant Tumac à la place d'autres soldats plus âgés, qui avaient été les mentors d'Accetturo.
Tumac montra très vite qu'il était talentueux au poste de capo, en étendant l'influence de sa faction dans le jeu, l'usure, le trafic de drogue. Et il se lança également dans le racket de syndicats ; à l'aide de menaces, de brutalité, et le contrôle de syndicalistes corrompus, les membres de la faction du New Jersey siphonnèrent les pensions de fonds des employés syndicalisés, et menacèrent des entreprises de provoquer la grève syndicale, sauf si des pots-de-vin étaient versés aux mafieux.

Le nouveau caporegime étendit ses affaires à la Floride. Accetturo acheta une maison à Hollywood, une ville balnéaire au nord de Miami. Le Sud de la Floride était un territoire dit « ouvert », c'est-à-dire qu'aucune Famille mafieuse disposaient des « droits exclusifs » du territoire. Ainsi, la région de Miami était ouverte à chaque mafioso souhaitant opérer dans cette région.
Le seul parrain incontesté de Floride était Santo Trafficante, boss de la Famille de Tampa des années 50 à 80. Accetturo n'essaya pas de s'opposer à Trafficante ou d'empiéter sur son territoire. Au contraire, Accetturo montra la plus grande déférence envers le parrain de Floride, suivant ses conseils, et conduisant personnellement Trafficante à des meetings lorsque celui-ci était à Miami, où il possédait une seconde maison.

Quand Accetturo arriva dans les années 70, l'Etat de Floride était en plein boom économique et sa population augmentait considérablement, et Accetturo profita de l'opportunité pour démarrer des affaires de trafic de drogue, de jeu, d'usure, et de racket. Il était également actif dans les courses de chevaux truquées.
Tout en gardant ses intérêts dans le New Jersey, "Tumac" passait de plus en plus de temps en Floride, ce qui lui permettait d'éviter les mandats d'arrêt dans le New Jersey.
Une part du butin de "Tumac" fut blanchie à travers des investissements dans l'immobilier, les assurances, et des affaires légales, comme des entreprises de fabrication de bitume, de location de matériel, ou encore des entreprises de ramassage des ordures, dans les états du New Jersey, de la Floride, et de la Caroline du Nord. Il possédait une maison dans chacun de ces états, et prévoyait dans le futur de se retirer en Caroline du Nord, où il se présentait comme étant un homme d'affaires respectable.

Accetturo devint si riche qu'il se vantait d'avoir planqué dans un coffre-fort 7 millions de dollars en billets de 1000 dollars, en pierres précieuses, en or, et pièces rares, au cas où il aurait besoin d'argent rapidement.
Alors qu'il faisait ses affaires et gagnait beaucoup d'argent, Accetturo, et son importance était relativement inconnus, hors de la pègre et de quelque agents du FBI du New Jersey, experts en crime organisé.
Lorsque des problèmes avec la loi se présentaient, "Tumac" pouvait se permettre de payer les meilleurs avocats, qui avaient le talent pour le défendre correctement, et lui permettre de faire seulement quelques mois de prison pour des infractions sérieuses.

Accetturo avait l'argent et les contacts pour verser 100 000 dollars de pot-de-vin à un juré, ce qui permit, en 1988, à Accetturo et 20 autres membres de son crew d'obtenir l'acquittement lors d'un procès pour racket.
Une autre fois, son équipe d'avocats obtinrent un non-lieu sur l'accusation d'avoir intimidé un témoin indispensable dans une affaire d'agression.
En Floride, un procès pour conspiration fut vaincu lorsqu'Accetturo trouva des psychiatres qui déclarèrent que "Tumac" était inapte à être poursuivi en justice. Le diagnostic indiquait qu'Accetturo souffrait de « démence présénile », d'un début d'Alzheimer, ce qui bien entendu était complètement faux.
« J'ai glissé et me suis cogné la tête quand j'étais sous la douche, et l'Alzheimer est partie, » dit tout souriant à ses amis, une fois le procès terminé.

Accetturo était alors considéré comme un fervent croyant du code de l'honneur mafieux. Loyal au boss Antonio "Tony Ducks" Corallo, digne de confiance, il avait grimpé les échelons des Lucchese, et était devenu très riche.
"Ducks" Corallo avait été un parrain indulgent, permettant à Accetturo de faire ses affaires comme il l'entendait, et sans demander un tribut trop élevé. Lorsque ses soldats lui demandaient l'état des rapports avec Corallo, Accetturo répondait « Incroyablement bons. »
Sous le régime de Corallo, Accetturo avait pu devenir très riche, gagnant près de 500 000 dollars net par an avec les activités traditionnelles de son crew (jeu, usure, trafic de narcotiques, et extorsions) et avec ses affaires légales.
Dans les années 80, Accetturo déclarait à l'IRS (le fisc américain) un revenu annuel d'à peu prêt 100 000 dollars, ce qui était suffisant pour justifier son train de vie luxueux.
Une des raisons pour laquelle Accetturo admirait tant Corallo était parce que le boss New-yorkais ne demandait pas énormément d'argent à ses subordonnés. Quand "Ducks" prit la tête de la Famille Lucchese en 1974, la faction du New Jersey envoyeait des centaines de milliers de dollars au boss. Dans les années 80, le tribut qu'envoyait Accetturo à Corallo allait de 10 000 à 50 000 dollars. Riche comme Crésus, et commençant à se faire vieux, Corallo devint moins gourmant et demandait moins d'argent au crew du New Jersey.

La condamnation de Corallo en novembre 1986 à cent ans de prison, et l'ascension de Vittorio "Vic the Terminator" Amuso et Anthony "Gaspipe" Casso à la fin des années changea la période idyllique d'Accetturo.
Les nouveaux boss, Casso et Amuso, considéraient qu'un tribut s'élevant à 50 000 dollars par an était une insulte, et ils demandèrent à Accetturo de leur verser 50 % des revenus de son crew.
A la même période, le gouvernement commença à s'intéresser de près aux affaires d'Accetturo. Début 1987, Accetturo fut accusé dans un procès RICO, où il risquait la prison à vie. Après des décennies à avoir évité les procès, il était cité comme étant le chef d'une organisation criminelle, le crew du New Jersey des Lucchese.
Le procès, ayant lieu à Newark, New Jersey, accusait les mafiosi de trafic de cocaïne, de fraude bancaire, jeu illégal et usure. Les procureurs fédéraux se basaient sur les révélations d'informateurs et de conversations enregistrées, mais n'avaient jamais réussi à avoir Accetturo sur bandes audio. Lui et 19 soldats et associés étaient accusés dans ce procès qui durera 21 mois, le plus long des procès contre la Mafia. Malgré la longueur du procès, le jury, en août 1988 n'eu besoin que de 14 heures pour décider du sort des mafiosi : tous les accusés furent jugés non-coupables.
Le procès avait en fait été arrangé ; par une incroyable chance, un des jurés était le neveu d'un des membres du crew d'Accetturo, (l'oncle du juré n'était pas cité dans ce procès). Pour 100 000 dollars, le neveu accepta de le déclarer non-coupable, et persuada les autres jurés d'en faire de même.

Maintenant, Accetturo devait confronter Vic Amuso et Gaspipe Casso. Tumac refusa de verser aux parrains la moitié des revenus de son crew ; et il refusa également de les rencontrer à New York. En faisant de tel, il savait qu'il brisait une loi fondamentale de la Mafia, mais était déterminé à ne pas céder.
Vic Amuso et Gaspipe avaient une solution simple pour lutter contre le refus d'Accetturo ; ils le firent passer pour une balance, un informateur. Puis ils le rétrogradèrent de son poste de capo, et émirent un contrat de meurtre sur Tumac et son fils, Anthony Jr., membre du crew de son père. Casso justifia également le fait de tuer Accetturo parce que celui-ci avait soi-disant fait passer des ordres à travers sa femme Geraldine, violant une des lois de la Cosa Nostra qui interdisait aux femmes de participer aux activités mafieuses.
En 1988, juste après l'acquittement d'Accetturo et de 19 de ses hommes, tous les membres du crew du New Jersey furent convoqués par Casso et Amuso pour organisé leur restructuration. 10 membres (à peu prêt la moitié des made men du crew) se sont rendus devant une maison de Canarsie, Brooklyn, où le meeting devait avoir lieu au sous-sol. Mais, une fois là-bas, ils admirent leur peur d'être piégés et tous tués une fois dans la maison, et s'en allèrent tous.

Fin 1988, tous les membres du crew du New Jersey boycottèrent une fête de Noël organisée par Casso et Amuso, et refusèrent de rencontrer les deux boss à Manhattan, début 1989.
Casso explosa de rage, et ordonna à un subordonné, "Little Al" D'Arco, de « tous les buter ! »
Mais la plupart des membres du crew d'Accetturo, de peur d'être tués, finirent par le déserter pour Casso et Amuso. Al D'Arco et Peter "Fat Pete" Chiodo, d'arranger l'exécution d'Accetturo, son fils, et sept autres membres de son crew qui restèrent fidèle à "Tumac".
Lors d'un meeting à son restaurant, La Donna Rosa à Little Italy, Al D'Arco expliqua aux anciens soldats de Tumac qu' « Accetturo est un hors-la-loi, et vous devez faire de votre mieux pour tuer lui et son fils, et quiconque est de son côté. »
Deux anciens soldats d'Accetturo donnèrent à D'Arco des photographies d'Accetturo, de sa femme, de son fils Anthony Jr. et d'autres soldats et associés qui lui restèrent fidèles. La plupart des photos avaient été prises durant des dîners dans la maison du New Jersey d'Accetturo.
D'Arco fit circuler les photos à quatorze soldats et associés de la Famille, qui cherchèrent Tumac et son fils, dans le New Jersey et en Floride, sur une période allant de fin 1988 à 1990.

Etant donné l'urgence des meurtres, Casso distribua de larges sommes à ses soldats pour la recherche et les meurtres d'Accetturo et ses fidèles. Tommy Ricciardi, qui était du côté de "Tumac", fut localisé, il se cachait dans une ferme près de Toms River, dans le Sud du New Jersey.
Par une incroyable coïncidence, la cachette de Ricciardi se trouvait près de la ferme d'un homme de Brooklyn, ami d'un soldat des Lucchese. Des tueurs furent envoyés à la ferme pour traquer Ricciardi, mais celui-ci sortait très peu. Un des tueurs proposa de mettre plusieurs chevaux autour de leur ferme, dans l'espoir que Ricciardi sorte pour voir de plus près les animaux.
Près de 70 000 dollars furent dépensés pour les chevaux, mais Ricciardi, suspicieux, ne tomba pas dans le piège. Personne ne pouvait l'avoir, il était trop méfiant.

Fat Pete Chiodo prit une équipe de tueurs avec lui, en Floride, pour traquer Accetturo et son fils, mais Tony Accetturo Jr. aperçu Chiodo et appela la police anonymement pour les alerter qu'un mafieux de New York était dans la région.
La police de Floride l'arrêtèrent et lui posèrent des questions sur ses activités en Floride. Cet événement énerva Casso au plus haut point.
Peter Chiodo essaya de se rattraper, en essayant d'enlever Joseph LaMorte, un soldat d'Accetturo, et le torturer pour que LaMorte révèle où se cachait Accetturo. Mais LaMorte était trop évasif pour pouvoir être enlevé, et Chiodo et son équipe essayèrent de le tuer, lui tirant sur le cou et l'épaule alors qu'il était assis dans sa voiture, devant sa maison en Floride.
Chiodo assura ensuite à Casso que LaMorte était mort, mais, malgré de graves blessures, il survécu.
« Petey m'a couté 20 000 dollars par projectile » se plaignit Casso à D'Arco, ajoutant qu'il avait donné 40 000 dollars pour les dépenses en Floride de l'équipe de tueurs de Chiodo.

Mais le voyage en Floride était un fiasco dès le départ pour le groupe d'assassins de Casso. Alors que Chiodo et ses hommes parcouraient la Floride en 1988 et en 1989, Accetturo était dans une prison du New Jersey. Peu de temps après son acquittement, Tumac fut incarcéré pour plus d'un an, pour avoir refusé de témoigner devant une commission de l'Etat du New Jersey, enquêtant sur le crime organisé. Inexplicablement, ceci échappa à l'attention de l'équipe de tueurs.
A part LaMorte, les autres fidèles à Accetturo échappèrent à l'escouade de la mort envoyée par Casso. L'expérience de Tumac dans la pègre lui avait apprit à repérer des assassins, cependant, il ne pouvait plus fuir la répression grandissante des autorités.

A la suite de l'acquittement du crew du New Jersey en 1988, les enquêteurs se concentrèrent sur le passé d'Accetturo, et en travaillant sans cesse pendant 4 ans, eurent des résultats. Les procureurs du New Jersey trouvèrent les preuves que la faction du New Jersey des Lucchese extorquait un fabriquant de vidéo-pokers, et autres jeux électroniques. Lors d'un procès en 1993, Accetturo fut acquitté d'une accusation de conspiration de meurtre, mais il fut jugé coupable comme étant le chef d'un gang criminel, et d'avoir partagé l'argent de l'extorsion.
Un des fidèles à Accetturo, Tommy Ricciardi, fut jugé coupable de meurtre lorsqu'il tabassa à coup de club de golf James "Jimmy Sinatra" Craporatta, qui refusait de payer les Lucchese. La plupart des crimes du procès eurent lieu avant qu'Amuso et Casso mettent les mains sur son crew. De des ex-soldats de Tumac, qui rejoignirent Casso et Amuso, étaient accusés en même temps qu'Accetturo, dans ce même procès.

Obèse (113 kg), souffrant d'une tension élevée, Accetturo, qui autrefois était robuste, était à présent en mauvaise santé. A l'âge de 53 ans, il anticipait une peine de 30 ans de prison, sans liberté conditionnelle ; il mourrait en prison.
Réfléchissant, Accetturo tenait pour responsable de sa chute le désarroi au sein des Lucchese, créé par Casso et Amuso, et également les témoignages des balances. Al D'Arco devint informateur par peur de Gaspipe Casso, et témoigna efficacement contre Accetturo. Maussade dans sa cellule, Accetturo ne vit qu'un seul moyen d'échapper au destin de mourir en prison. Aussi douloureux qu'il serait pour lui de renoncer à sa dévotion à la Mafia, il était prêt à témoigner contre d'autres "Hommes d'Honneur" et à révéler les secrets de la Cosa Nostra, qu'il avait un jour juré de garder secret.

Un des points qui l'a poussé à balancer fut la révélation d'un de ses anciens hommes avait fournit des photos de lui et de sa femme à l'équipe de tueurs.
« Moi et mon fils, nous avons accepté cette vie et ce qui pouvait nous arriver, » il déclara, rageur, dans une interview. « Je peux accepter le fait qu'il allaient me tuer. Mais ma femme ? Elle avait l'habitude de les traiter comme de la famille et faisait le diner pour eux, chez moi. Pour moi, ça a été la fin. »

Accetturo contacta celui qui avait été son ennemi pendant ses années dans la Mafia ; Robert Buccino, un officiel de la police d'Etat du New Jersey. Pendant leurs enfances à Orange, New Jersey, Accetturo et Buccino étaient amis ; puis ils prirent une route opposée.
Désespéré afin d'obtenir une peine de prison plus clémente, Accetturo révéla à son ami d'enfance une multitude de crimes. Le témoignage d'Accetturo en tant que mafioso fut l'un des portraits les plus précis que les enquêteurs obtinrent à propos de la Famille Lucchese dans le New Jersey, ainsi que la pénétration mafieuse et l'exploitation des affaires légales, ou encore les liens de la Famille avec les politiciens corrompus.
Il révéla également le pot-de-vin qu'il avait versé au juré lors du procès de 1988. Il fournit aux enquêteurs énormément de preuves des crimes violents qu'il avait effectués pendant ses années passées en tant que membre de la Famille Lucchese.

Ses informations permirent la saisie de 40 armes à feux, dont une mitraillette, et le démantèlement d'un réseau de jeux clandestins qui rapportait chaque année environ 40 millions de dollars à la Mafia. Il aida à éclaircir 13 meurtres, bien qu'il insista n'avoir jamais personnellement participé à un meurtre. Cette déclaration laissa les enquêteurs septiques. Accetturo justifiait son comportement en comparant son rôle au sein des Lucchese comme celui de n'importe quel homme d'affaires : s'enrichir au maximum, en étant violent lorsque nécessaire.
Malgré le désaccord de Buccino et des autres enquêteurs avec cette définition du rôle d'Accetturo, ils le laissèrent dire ce qu'il pensait. Les informateurs sont indispensables dans la lutte contre le crime organisé, et Accetturo aidait à arrêter et mettre en prison des mafiosi.
En renonçant à la Mafia, Tumac influença Tommy Ricciardi et deux autres soldats des Lucchese à devenir à leur tour informateurs.

Accetturo donna également des renseignements historiques sur les origines de la Mafia dans le New Jersey : à la création de la Mafia Italo-américaine en 1931, Lucky Luciano permit la formation d'une seule famille indépendante dans le New Jersey ; un petit clan basé à Elizabeth, New Jersey, connu encore aujourd'hui comme la Famille DeCavalcante.
Les caïds de Newark joignirent une des cinq familles de New York, créant ainsi les factions du New Jersey des différentes Familles New-yorkaises.
Accetturo clarifia également les relations entre la Cosa Nostra Américaine et la Mafia Sicilienne. Il expliqua qu'il était interdit de faire partie des deux organisations, et que les mafieux devaient être fidèles à un seul groupe. Toutes les Familles New-yorkaises avaient des liens avec la Mafia Sicilienne, particulièrement en ce qui concerne le trafic de drogue. Et, bien que beaucoup de mafieux Américains n'aimaient pas les Zips (les mafiosi Siciliens) à cause de leur attitude condescendante et méprisante, les Américains admettaient que les Siciliens étaient plus dévoués à leur clan et plus agressif, sans pitié, que leurs homologues d'Amérique.
Accetturo ajouta que les Siciliens avaient le droit de se sentir supérieurs. Selon lui, les mafiosi de Sicile étaient bien plus disciplinés, plus unis, et plus discrets que les gangsters Américains.
Ducks Corallo maintenait d'étroites relations avec les Siciliens, et Accetturo avait souvent coopérer avec des mafiosi Italiens envoyés en mission en Amérique. Tumac leur trouva des logements, et les aida à retrouver les personnes qu'ils cherchaient.
Pour illustrer le protocole impitoyable des Siciliens, il parla de deux Zips qui arrivèrent dans le New Jersey pour tuer quelqu'un. Apprenant que leur victime était en train de mourir du cancer, les Zips ne se laissèrent pas démonter. Selon les règles de la Mafia Sicilienne, leur cible ne pouvait mourir de mort naturel sans avoir payé pour les erreurs commises. Même sur son lit de mort, la victime devait être assassinée.

Suite à ses déclarations, en 1994, le juge Manuel H. Greenberg imposa à Accetturo une peine d'un maximum de 20 ans et une amende de 400 000 dollars. Pour protéger Accetturo, il fut transféré d'une prison du New Jersey à une prison de Caroline du Nord.
En décembre 2002, Accetturo fut libéré après 9 ans et 2 mois en prison. A 63 ans, Accetturo se relocalisa dans le Sud de l'Amérique, loin de son ancien empire criminel du New Jersey.


# Posté le dimanche 05 octobre 2008 15:23

Modifié le dimanche 05 octobre 2008 17:39